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Congrès de l’Association canadienne d’économique : les impacts de la covid-19 sur l’emploi

La pandémie de covid-19 a eu des incidences sur chaque Canadien et Canadienne. Dans le marché de l’emploi, quelques groupes ont cependant été plus durement touchés : les personnes à faible revenu, les membres des minorités visibles et les femmes. Lors du congrès 2021 de l’Association canadienne d’économique (ACE), j’ai animé la (première) séance du CIMT qui examinait, sous différents angles, les conséquences de la covid-19 sur le marché du travail. Quatre chercheurs et chercheuses du CIMT et deux collègues de l’Université d’Ottawa et de l’Université McMaster ont pris part à la séance. Ils ont entre autres discuté des conséquences démesurées de la pandémie sur les femmes et de la restructuration des professions au Canada.

Surreprésentation des femmes dans les secteurs les plus touchés

Zoe Rosenbaum et Liz Betsis sont revenues sur leurs conclusions parues dans le rapport Les femmes en récession : En quoi la COVID-19 est-elle différente?. Elles ont constaté que les femmes canadiennes ont été touchées de manière disproportionnée par la crise de covid-19. En effet, l’emploi chez les femmes, qui ne représentent que 48 % de la population active, a diminué davantage que chez les hommes. Cette situation contraste fortement avec les récessions précédentes au cours desquelles les hommes étaient touchés de plein fouet par les pertes d’emploi. Comme elles sont surreprésentées dans les secteurs les plus touchés et dans les professions à faible revenu, cette étude confirme que les femmes ont été particulièrement exposées aux conséquences négatives de la pandémie sur le marché du travail.

Impacts plus importants pour les petites entreprises

Brittany Feor et Moyosore Sogaolu ont étudié la situation d’emploi des Canadiens et des Canadiennes travaillant dans les grandes, moyennes et petites entreprises. Leurs conclusions indiquent que les pertes d’emploi ont été plus grandes chez les travailleurs et travailleuses des petites entreprises. Cela s’explique notamment par le fait que de nombreuses petites entreprises appartiennent au secteur des « autres services » (ce qui comprend les services de soins personnels, les services funéraires, les services de blanchisserie et les autres services aux particuliers), qui a connu une diminution d’emploi de plus de 30 % entre février et avril 2020. La plupart des entreprises de ce secteur comptent moins de 20 employés.

Combien gagnent-ils? Revenus des titulaires d’un certificat de métier

Michael Dubois a présenté les conclusions de notre rapport réalisé de concert avec l’Initiative de recherche sur les politiques de l’éducation (EPRI) portant sur les revenus des détenteurs d’un certificat de métier certifié Sceau rouge. Il en ressort que les femmes dans les métiers ne gagnent que 47 % de ce que gagnent leurs homologues masculins. Elles ne représentent qu’une très faible proportion des travailleurs qualifiés et sont concentrées dans les métiers peu rémunérés, comme la coiffure, la cuisine et la pâtisserie, qui ont par ailleurs été durement touchés par la pandémie (voir notre rapport de perspectives sur le sujet).

Aperçu de l’évolution des structures professionnelles avant et durant la pandémie

Enfin, Graham Dobbs a présenté ses conclusions sur l’évolution de la structure professionnelle de la main-d’œuvre canadienne avant et pendant la pandémie de covid-19. Tirant parti de la composante longitudinale de l’Enquête sur la population active, cette étude analyse les transitions entre les grands groupes professionnels et au sein de ceux-ci. Les résultats préliminaires indiquent que, par rapport à 2019, les transitions professionnelles en 2020 se sont produites davantage au sein des grandes catégories professionnelles et moins entre les grands groupes professionnels.

La suite

La pandémie a causé des dommages sans précédent sur l’emploi, et, bien que les emplois perdus aient pour la plupart été retrouvés, les employés les plus durement touchés – comme les mères actives, les employés des petites entreprises ou ceux qui occupent des emplois faiblement rémunérés – pourraient connaître des conséquences à long terme. Au cours de l’année 2021, alors que nous subissons toujours les contrecoups de cette période tumultueuse, nous suivrons les impacts de la pandémie de covid-19 et la reprise afin de recueillir les informations pertinentes pour les Canadiennes et Canadiens.

Behnoush Amery

Behnoush Amery est économiste principal au CIMT. Ses travaux portent sur l’information sur le marché du travail notamment l’étude de l’avenir du travail, la relation entre l’éducation et les résultats sur le marché du travail, ainsi sur l’estimation des données granulaires sur le travail. 

behnoush.amery@lmic-cimt.ca

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