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Avenir du travail

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30 jours, 9 villes, 1 question : où est passée la prospérité américaine? (en anglais seulement)

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Principales conclusions
Les gens n’aspirent pas à un PIB plus élevé, mais à des systèmes tangibles, auxquels ils peuvent se fier et en lesquels ils peuvent croire.

 

En parcourant plusieurs villes américaines et certaines régions d’Europe, l’analyste économique et autrice Kyla Scanlon a cherché à comprendre pourquoi, malgré des indicateurs économiques solides, de nombreuses personnes aux États-Unis se sentent plus pauvres ou laissées pour compte. De Berkeley à Baltimore, en passant par Washington (D.C.) et des États comme le New Hampshire, New York et la Floride, un même sentiment revient : la prospérité existe, mais la plupart des gens ne la ressentent pas. (Même si ces constats sont formulés à partir d’une réalité américaine, ils trouvent aussi un écho au Canada, où les inégalités de richesse ont atteint des sommets en 2025 et continuent de se creuser.)

Selon Scanlon, l’un des principaux facteurs qui alimentent ce sentiment est l’écart de richesse entre les générations, qui se traduit par des trajectoires économiques inégales. Les jeunes générations doivent composer avec des infrastructures vieillissantes, des logements inabordables et un travail instable, tandis que les générations plus âgées détiennent l’essentiel de la richesse — souvent sous forme d’actions, de patrimoine immobilier ou d’influence politique. La richesse, qui se trouve désormais dans des réalités moins tangibles (marchés financiers, développement de l’IA, infrastructures numériques), se manifeste moins dans le quotidien. Le prix des logements explose, l’endettement étudiant augmente, les services publics se fragilisent et la confiance envers les institutions s’érode.

L’avenir du travail à l’ère de l’IA est un autre thème central de l’article. L’IA est souvent présentée comme une technologie qui remplace des emplois plutôt que comme un outil qui améliore la vie, ce qui nourrit des inquiétudes sur le sens du travail, la dignité et les parcours de carrière, surtout si les emplois de début de parcours disparaissent. Des spécialistes avertissent que la requalification et la formation ne suffiront pas : à mesure que le travail évolue, la société doit préserver le sens et la sécurité qu’il procure. La réflexion s’élargit ensuite à la course géopolitique à la conception et au financement de l’IA, alors que les centres de données deviennent un enjeu de plus en plus central dans l’économie. Parallèlement, les diplômées et diplômés universitaires investissent moins dans le développement de leur carrière et de leurs compétences.

Le logement demeure une source de pression persistante. Dans des États comme le New Hampshire et la Floride, le manque d’abordabilité freine la formation des familles, la mobilité et le dynamisme économique. Les prix élevés « figent » les personnes plus âgées sur place, tout en excluant les plus jeunes du marché.

Hors des États-Unis, Prague et l’Irlande offrent un contrepoint. Scanlon y observe une efficacité tangible : transport collectif qui fonctionne, rues propices à la marche, espace public qui témoigne du souci du bien commun. Dans ces contextes, la prospérité est visible, et non dissimulée.

Scanlon conclut que la crise américaine ne tient pas à un manque de richesse, mais à l’endroit où elle se trouve. Quand la prospérité devient invisible, enfermée dans des centres de données, des marchés financiers et des enclaves privées, la confiance s’effrite. Or, ce que les gens réclament, ce n’est pas un PIB plus élevé, mais des systèmes qu’ils peuvent voir, ressentir et auxquels ils peuvent croire. L’entretien visible des infrastructures et des services nourrit la confiance, et la confiance constitue le socle d’une prospérité réelle et partagée. 

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