Avenir du travail
Une ressource sélectionnée de recherches récentes sur les tendances qui façonnent le marché du travail au Canada.
Le commerce de détail est l’un des plus grands employeurs aux États-Unis, mais le taux de roulement dans les postes de première ligne – caissiers, commis aux ventes ou commis à la marchandise – est extrêmement élevé, dépassant souvent les 60 %. Parallèlement, le secteur connaît une transformation technologique rapide : l’automatisation, la robotique, les systèmes de données et les plateformes numériques redéfinissent la manière dont les magasins et les chaînes d’approvisionnement fonctionnent. Cette évolution crée une demande pour une nouvelle catégorie d’emplois « technologiques » dans le commerce de détail, tant du côté de la technologie informatique (soutien technique, développement de logiciels, cybersécurité) que du côté de la technologie physique ou de la mécatronique (maintenance automatisée, robotique d’entrepôt et technologies logistiques).
Bien que le rapport du Burning Glass Institute porte sur les États-Unis, des tendances comparables se dessinent au Canada, où les travailleurs et travailleuses de première ligne du commerce de détail devront faire face à la fois à des perturbations et à de nouvelles possibilités d’évolution vers des carrières technologiques.
Malgré ces perspectives prometteuses, plusieurs obstacles pourraient freiner ces transitions :
- Sur le plan individuel
Bon nombre de travailleurs et travailleuses de première ligne ne se perçoivent pas comme « ayant un profil technologique ». Ils doivent aussi composer avec des contraintes de temps, de coûts ou de garde d’enfants qui les empêchent souvent de se perfectionner.
- Sur le plan des entreprises
Les employeurs accordent fréquemment trop d’importance aux titres de compétence officiels plutôt qu’aux compétences réelles, et peinent à démontrer la rentabilité à long terme de leurs programmes de formation.
- Sur le plan systémique
Les programmes de formation ne correspondent pas toujours aux besoins du marché. De plus, les emplois technologiques sont souvent situés dans des zones géographiques différentes des points de vente, ce qui pose des problèmes d’accessibilité.
Plus de 110 000 travailleurs et travailleuses de première ligne aux États-Unis ont déjà fait le saut vers des emplois technologiques au cours des dernières années, souvent sans soutien structuré. Au Canada, les entreprises et leur personnel seront vraisemblablement confrontés à une situation semblable à mesure que l’automatisation gagnera du terrain.
Comme premières étapes, le rapport formule trois recommandations à l’intention des détaillants :
- Mettre à l’essai des parcours professionnels ancrés dans les réalités locales.
- Mobiliser les ressources internes, notamment les données sur la main-d’œuvre, les gestionnaires de site et les partenariats entre les services des ressources humaines et des opérations.
- Mesurer les retombées économiques en suivant les taux de rétention, les économies liées à la réduction du roulement de personnel et les gains de productivité.
Les grandes chaînes de détail sont particulièrement bien positionnées pour amorcer ce virage; leur envergure et leurs ressources leur permettent d’intégrer le développement des compétences à leurs activités principales plutôt que de se limiter à des initiatives philanthropiques ponctuelles.