Avenir du travail
Une ressource sélectionnée de recherches récentes sur les tendances qui façonnent le marché du travail au Canada.
Les écarts de revenu entre les récents diplômés universitaires sont souvent expliqués par le choix de programme d’études. Cette étude montre toutefois que la période qui suit immédiatement l’obtention du diplôme pourrait être tout aussi déterminante. Les chercheurs et chercheuses analysent comment les premiers pas des diplômés sur le marché du travail influencent la suite de leur carrière et de leurs revenus.
En comparant des diplômés issus de familles à faible revenu à leurs pairs provenant de milieux plus aisés, l’étude constate que les premiers gagnent moins, même lorsqu’ils fréquentent les mêmes établissements et suivent des programmes d’études similaires.
À partir de données portant sur des dizaines de milliers de diplômés d’un vaste réseau d’universités publiques, les auteurs suivent les premières expériences de travail et les revenus au cours des cinq années suivant la fin des études. Ils mettent en évidence un important écart de revenu inexpliqué : cinq ans après l’obtention du diplôme, les diplômés issus de familles à faible revenu gagnent environ 12 % de moins que ceux provenant de familles à revenu plus élevé. Autrement dit, même après avoir tenu compte du programme d’études, des résultats scolaires et de l’établissement fréquenté, un écart significatif subsiste.
Les chercheurs désignent la transition vers le marché du travail – c’est-à-dire le premier emploi occupé – comme un facteur clé. Les caractéristiques de cet emploi initial (salaire, taille de l’entreprise, lien avec le domaine d’études, stabilité) exercent une influence forte et durable sur les revenus ultérieurs. Les diplômés de milieux à faible revenu commencent plus souvent leur parcours dans des emplois moins bien rémunérés, moins stables ou peu liés à leur formation, et ces désavantages précoces tendent à se maintenir dans le temps.
Lorsque l’analyse tient compte de la qualité du premier emploi, l’écart de revenu entre diplômés de milieux à faible et à haut revenu se réduit d’environ les deux tiers. Cela laisse entendre que la qualité de l’appariement initial entre le diplômé et son emploi joue un rôle crucial dans les trajectoires financières à long terme, même chez des personnes présentant des profils scolaires comparables.
Un meilleur accès aux stages, des services d’orientation professionnelle plus solides et des liens renforcés entre universités et employeurs pourraient contribuer à réduire ces écarts en améliorant les perspectives de premier emploi. Réduire l’écart de revenu entre diplômés ne dépend donc pas uniquement de ce que les étudiants et étudiantes choisissent d’étudier, mais aussi de la qualité du soutien qui leur est offert durant cette phase de transition critique, du campus au marché du travail.