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Analyse documentaire : résultats des programmes d’apprentissage canadiens sur le marché du travail

En collaboration avec l’Initiative de recherche sur les politiques de l’éducation

Rapport de perspectives de l’IMT n° 38

Janvier 2021

Accueil > Perspectives de l’IMT > Rapport de perspectives de l’IMT n° 38, Analyse documentaire : résultats des programmes d’apprentissage canadiens sur le marché du travail

Table des matières

Principaux constats

  • La décision de poursuivre ses études ou sa formation, que ce soit dans le cadre de l’enseignement postsecondaire formel, d’une formation en apprentissage ou d’une mise à niveau des compétences, est une décision importante.
  • Des recherches antérieures du Conseil de l’information sur le marché du travail et de l’Initiative de recherche sur les politiques de l’éducation ont examiné les trajectoires de revenus des diplômés postsecondaires. En complément, nous avons lancé un nouveau projet de recherche conjoint afin de faire la lumière sur les revenus des apprentis du Sceau rouge.
  • Un examen de la littérature dans ce domaine révèle qu’il y a moins d’informations disponibles sur les titulaires de certificats de métier que sur les diplômés postsecondaires quant à leur situation sur le marché du travail. La recherche dans ce domaine est sous-développée. Quelques conclusions supplémentaires ont été tirées de notre analyse documentaire :
    • Les femmes représentent une faible proportion des titulaires de certificats de métier et ont tendance à se diriger vers des métiers où les revenus sont moindres.
    • Les revenus ont tendance à fluctuer d’une année à l'autre, et les niveaux de revenus relatifs des différents métiers varient d’une cohorte à l’autre, en fonction des conditions du marché du travail.
    • L’étude la plus récente de Statistique Canada sur les revenus des titulaires de certificats de métier révèle que les revenus médians les plus élevés se trouvent dans les métiers à prédominance masculine (comme technicien/technicienne d’équipement, monteur/monteuse d’appareils de chauffage ou électricien industriel/électricienne industrielle), tandis que les revenus médians les plus faibles se trouvent dans les métiers à prédominance féminine (comme coiffeur/coiffeuse et assistant/assistante en éducation), suivis par le métier de cuisinier/cuisinière, qui est plus équilibré entre les sexes.
    • Au cours des premières années suivant l’obtention de leur certification, les compagnons de la plupart des métiers gagnent en moyenne plus que les titulaires de baccalauréat.

Introduction

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En janvier 2019, le Conseil de l’information sur le marché du travail (CIMT) et l’Initiative de recherche sur les politiques de l’éducation (IRPE) ont publié un rapport conjoint intitulé Combien gagnent-ils? Portant sur les revenus des diplômés postsecondaires au Canada, ce rapport se base sur une analyse réalisée à l’aide de la Plateforme longitudinale sur l’éducation et le marché du travail (PLEMT), principalement constituée de trois bases de données longitudinales : le Système d’information sur les étudiants postsecondaires (SIEP), le Système d’information sur les apprentis inscrits (SIAI) et le Fichier des familles T1 (voir l’encadré 1).

Encadré 1 : Principaux composants de la PLEMT
Système d'information sur les étudiants postsecondaires (SIEP)
Système d'information sur les apprentis inscrits (SIAI)
Fichier des familles T1 (FFT1)
Le SIEP est constitué des dossiers administratifs des étudiants postsecondaires (à l’exception de ceux des apprentis) recueillis chaque année auprès de tous les collèges et universités financés par les fonds publics au Canada. Il contient des informations sur les étudiants et leurs programmes d’études postsecondaires.
Le SIAI est constitué de données administratives sur les apprentis inscrits et les travailleurs qualifiés pour les métiers désignés, compilées à partir de diverses sources par les autorités des provinces et des territoires an matière d’apprentissage. Le SIAI recueille des informations sur la démographie des apprentis et les programmes de métiers.
Les données du FFT1 sur la PLEMT sont tirées des déclarations de revenus des particuliers transmises à Statistique Canada par l’Agence du revenu du Canada. Elles comprennent des informations personnelles sur les déclarants présents dans le SIEP et le SIAI et sur leurs revenus, ainsi que d’autres renseignements à caractère fiscal.

Cette recherche a maintenant été étendue aux titulaires de certificats de métier et représente un complément aux travaux antérieurs sur les diplômés postsecondaires. Le rapport devrait être publié au début de l’année 2021, mais en guise de préambule, cette brève analyse documentaire examine les travaux passés sur les résultats obtenus sur le marché du travail par les titulaires de certificats de qualification professionnelle, également appelés personnes de métier ou compagnons (voir le glossaire à la fin de cette analyse pour les définitions des termes utilisés).

Alors qu’un nombre important de recherches sur les résultats des diplômés postsecondaires sur le marché du travail a été développé depuis les années 1980, beaucoup moins ont été réalisées sur les métiers, en grande partie parce que les données disponibles sont plus limitées (Boothby et Drews, 2010; Campbell, 2010; Dostie, 2010).

Enquête nationale auprès des apprentis

La mise en place de l’Enquête nationale auprès des apprentis (ENA) en 1993 par Statistique Canada et la création d’enquêtes provinciales sur l’apprentissage en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan et à Terre-Neuve-et-Labrador ont été parmi les premières mesures pour remédier au manque d’information sur l’apprentissage (Forum canadien sur l’apprentissage, 2008). L’ENA cible toutes les personnes qui ont terminé ou interrompu leur formation en apprentissage au cours d’une certaine période de référence (environ 30 000 personnes dans les deux dernières itérations de l’enquête). Elle demande aux répondants leur taux horaire avant impôt après avoir quitté leur programme d’apprentissage, et rend compte de l’âge, du sexe, du niveau de scolarité, du statut d’autochtone ou d’immigrant, de l’état civil, de la présence d’enfants et d’autres variables (Statistique Canada, 2017).

Une grande partie des premières études réalisées avec l’ENA se concentrent sur les caractéristiques démographiques des apprentis et sur les comparaisons entre ceux qui terminent leur programme et ceux qui ne le terminent pas. Campbell (2010) et Dostie (2010) utilisent l’ENA de 2007 pour examiner deux résultats des programmes d’apprentissage canadiens – la réussite et le temps nécessaire pour terminer le programme – et constatent que les apprentis plus âgés, handicapés, issus de minorités ou autochtones ont moins de chances de terminer leur programme à temps.

En se basant sur la même itération de l’ENA, Ménard et al. (2008) constatent que le salaire horaire médian de ceux qui terminent un programme d’apprentissage est de 27 $, tandis que le salaire horaire médian de ceux qui quittent leur programme avant la fin est de 20 $.

Laryea et Medu (2010) et Ahmed (2010) ont également produit des rapports dans le cadre d’une série pour le Conseil canadien des directeurs de l’apprentissage en utilisant l’ENA 2007. Les premiers se concentrent sur la participation à l’apprentissage, tandis que les seconds s’intéressent aux résultats sur le marché du travail. Selon Laryea et Medu (2010), les femmes ont tendance à être portées vers un petit nombre de groupes de métiers (par exemple coiffure, esthétique et services alimentaires) qui comprennent les métiers les moins bien payés.

Ahmed (2010) quantifie l’écart entre les sexes parmi les personnes de métier certifiées, en déterminant que dans l’ensemble (c’est-à-dire pour tous les métiers), les femmes gagnent en moyenne 29 000 $ de moins que les hommes, dont 15 000 $ pourraient être attribuables au sexe après avoir tenu compte d’autres facteurs dans l’ENA. Le rapport constate également que les soudeurs/soudeuses ont les revenus les plus élevés, suivis des opérateurs/opératrices d’équipement lourd, et que les revenus des groupes professionnels de la coiffure et de l’esthétique ainsi que de l’alimentation sont inférieurs à ceux de tous les autres.

Laporte et Mueller (2012) se servent également de l’ENA 2007 pour examiner le salaire horaire des personnes qui terminent un programme d’apprentissage par rapport à celles qui l’abandonnent, ainsi que de celles qui obtiennent ou non la certification professionnelle au sein de chaque groupe. Ils constatent que les finissants certifiés ont le salaire horaire moyen le plus élevé, soit 28,07 $, suivis des décrocheurs certifiés à 27,25 $, des finissants non certifiés à 23,92 $ et enfin des décrocheurs non certifiés à 23,30 $ (voir le glossaire). Ces tendances sont également valables après contrôle d’autres facteurs à l’aide d’un modèle de régression multivariée.

En examinant les revenus des personnes de métier à l’aide du recensement 2006 et de l’ENA 2007, Boothby et Drewes (2010) constatent que les primes de rémunération hebdomadaire des hommes ayant terminé leur apprentissage par rapport à ceux qui n’ont terminé que le secondaire varient entre 9 % et 14 %. Les primes par rapport aux diplômés du secondaire sont plus faibles pour les femmes qui terminent leur apprentissage, mais elles restent positives.

En 2015, un cycle actualisé de l’ENA a été lancé, mettant l’accent sur les finissants et les décrocheurs, et excluant de l’échantillon les persévérants à long terme, c’est-à-dire les personnes qui prennent plus d’une fois et demie la durée prévue de leur programme. En raison de cette restriction, les populations des ENA de 2007 et 2015 ne sont pas comparables (Frank et Jovic, 2017). En examinant le cycle de 2015, Frank et Jovic (2017) constatent également que les personnes qui terminent un programme d’apprentissage ont des revenus plus élevés que celles qui abandonnent leur programme. En effet, les finissants ont un salaire horaire moyen de 33,30 $ (69 512 $ par an), tandis que les décrocheurs gagnent 27,88 $ de l’heure (59 782 $ par an).

Enquêtes provinciales

L’enquête sur l’apprentissage en Colombie-Britannique de 2016 est un sondage téléphonique et en ligne mené de janvier à mai 2016. Toutes les personnes qui ont terminé leur formation d’apprenti dans un établissement d’enseignement postsecondaire de la Colombie-Britannique entre le 1er juillet 2014 et le 30 juin 2015 ont été invitées à y participer, et le taux de réponse a été de 54 %. Un rapport basé sur l’enquête révèle que, par exemple, les compagnons du groupe de métiers de la mécanique de machinerie et d’équipement de transport (sauf véhicules automobiles) ont le salaire horaire médian le plus élevé, soit 38 $, suivis de ceux du groupe de métiers de l’électricité et des travailleurs des lignes électriques et de télécommunications, à 36 $, suivis à leur tour par ceux du groupe des entrepreneurs et contremaîtres des métiers de l’industrie, de l’électricité et de la construction et travailleurs connexes et du groupe des métiers de l’usinage, du façonnage, du profilage et du montage des métaux, qui gagnent 32 $ de l’heure. Les chefs et cuisiniers ont déclaré le salaire horaire médian le plus bas, à 18 $ (BC Stats, 2017).

Des enquêtes similaires sur l’apprentissage ont été menées en Saskatchewan (Insightrix Research Inc., 2017) et en Alberta (Advanis Inc., 2018). Les recherches menées dans ces deux provinces portent sur des résultats comme la satisfaction, les domaines d’emploi précis et la manière dont ils varient en fonction des caractéristiques démographiques et des programmes des finissants (par exemple le sexe, l’âge, le programme et la méthode d’enseignement).1 Toutefois, Advanis Inc. (2018) inclut également des informations sur les revenus des compagnons certifiés, selon lesquelles 20 % d’entre eux déclarent des revenus mensuels de 5 000 $, 26 % déclarent des revenus de 5 000 $ à 6 999 $, 14 % déclarent des revenus de 7 000 $ à 8 999 $ et 15 % déclarent des revenus de 9 000 $ ou plus.2 Une comparaison avec les quatre cycles précédents de l’enquête bisannuelle indique que le revenu mensuel moyen varie d’un minimum de 6 360 $ en 2007-2008 à un maximum de 7 749 $ en 2014-2015, avant de retomber à 6 844 $ en 2016-2017.

  1. Les deux enquêtes indiquent que le niveau de satisfaction concernant le volet formation en cours d’emploi des apprentissages est très élevé (environ 90 %), mais que la satisfaction concernant le volet formation technique, bien que toujours élevée, varie entre 80 % et 90 % (Insightrix Research Inc., 2017; Advanis Inc., 2018).
  2. Les 26 % restants des répondants ne savaient pas ou ont refusé de répondre.

Études basées sur les données administratives de l’apprentissage couplées aux données fiscales

Une limite commune à toutes les études examinées jusqu’à présent est leur recours à des données autodéclarées, qui peuvent être inexactes. En ce qui concerne l’ENA, Boothby et Drewes (2010) affirment que « les informations sur les diplômes et les formations sont autodéclarées et il semblerait [...] qu’un nombre important de personnes déclarent avoir suivi une formation d’apprenti dans des professions qui, en fait, ne sont pas des professions d’apprenti » (p. 5; notre traduction). Une autre approche s’appuie sur des données administratives recueillies par les prestataires de programmes de formation et les organismes gouvernementaux pour contourner ce problème.

Afin d’examiner les caractéristiques et les résultats sur le marché du travail des femmes qui poursuivent des programmes d’apprentissage à prédominance masculine et vice-versa, Frank et Frenette (2019) ont utilisé les informations contenues dans l’ENA 2015, soit sur les apprentis qui ont terminé ou abandonné leur programme de 2011 à 2013, liées aux données fiscales (FFT1) de 2011 à 2014. Une comparaison des salaires horaires médians indiqués dans l’ENA révèle que les femmes qui exercent des métiers à prédominance masculine ont tendance à avoir des revenus inférieurs à ceux de leurs homologues masculins, un résultat qui se maintient même après contrôle de l’âge, de l’état d’achèvement du programme et du niveau de scolarité, bien que les différences deviennent moins importantes. Les femmes qui exercent des métiers à prédominance féminine ou des métiers mixtes, elles, ne constatent aucune différence significative de salaire aux 25e et 50e percentiles. Toutefois, les chercheurs constatent que les femmes ont des salaires inférieurs à ceux des hommes au 75e percentile de leurs distributions respectives.

Au moyen d’une combinaison de données d’enquête, administratives et fiscales provenant de l’Enquête sur la population active, du recensement, du SIAI et du FFT1, Crocker et al. (2014) examinent une variété de résultats des personnes de métier sur le marché du travail. À l’aide du recensement de 2006, ils comparent les revenus des personnes exerçant les métiers les plus courants en fonction du plus haut niveau de scolarités atteint : diplôme d’études secondaires ou moins, certificat ou diplôme d’un programme d’apprentis inscrits, autres certificats ou diplômes de métiers et diplômes d’études collégiales ou universitaires. Dans tous les cas, les personnes qui ont terminé leur apprentissage ont eu les revenus annuels médians les plus élevés, les plus élevés étant les mécaniciens/mécaniciennes de chantier avec plus de 65 000 $ et les plus faibles étant les coiffeurs/coiffeuses et barbiers/barbières avec plus de 15 000 $.

Crocker et al. (2014) utilisent également des données SIAI-FFT1 couplées pour suivre l’évolution des revenus dans le temps. Au moment de leur rapport, les données du SIAI ne contenaient que le statut d’un apprenti en tant que finissant, persévérant (toujours inscrit), persévérant à long terme[1], décrocheur (plus inscrit) ou travailleur qualifié en 2004 et 2008. Les revenus sont suivis avant, pendant et après la formation, et montrent que les travailleurs qualifiés (c’est-à-dire qui peuvent démontrer qu’ils ont satisfait aux normes de certification dans un métier en fonction de leur expérience et de leurs compétences antérieures) ont tendance à gagner plus que les personnes qui ont terminé leur formation avant leur certification[2], mais qu’après celle-ci, les finissants gagnent plus que les travailleurs qualifiés. En fin de compte, les revenus des deux groupes sont similaires après quatre et cinq ans sur le marché du travail.

Un rapport de 2018 a utilisé les données administratives de la base de données de l’Alberta Apprenticeship, Trade and Occupation Management System (ATOMS) liées aux données fiscales du FFT1 pour suivre les compagnons d’apprentissage en Alberta de 2005 à 2013 et leurs revenus déclarés de 2006 à 2014 (Alberta Advanced Education, 2018). Les compagnons ont été divisés en deux catégories : les finissants et les travailleurs qualifiés. Le rapport constate que les travailleurs qualifiés ont des revenus médians plus élevés que les finissants et que ces revenus ont tendance à varier plus fortement d’une année à l’autre.

 

Les finissants sont ensuite répartis en six grandes catégories de métiers : construction et architecture, électronique et électrique, mécanique, métal, véhicules et domaines apparentés et autres. Les apprentis de la catégorie mécanique ont les revenus les plus élevés un an après l’obtention de leur diplôme, tandis que ceux de la catégorie électronique et électrique ont les revenus médians les plus élevés après cinq ans. Une ventilation plus détaillée par métier montre que celui qui a les revenus médians les plus élevés peut varier d’une année à l’autre, tous les métiers connaissant des fluctuations de revenus au fil du temps. Néanmoins, les revenus de certains métiers sont plus volatils que d’autres (Alberta Advanced Education, 2018).

technicien/technicienne d’équipement, monteur/monteuse d’appareils de chauffage ou électricien industriel/électricienne industrielle

En décembre 2018, Statistique Canada a publié des observations nationales sur les résultats des personnes de métier sur le marché du travail basées les données SIAI-FFT1 de la PLEMT. Sur 18 programmes d’apprentissage sélectionnés, le revenu médian des apprentis ayant obtenu un certificat en 2010 est de 52 030 $ au moment de la certification. Les revenus médians les plus élevés sont ceux des métiers à prédominance masculine et à forte intensité de travail que sont les techniciens/techniciennes d’équipement (79 920 $), les monteurs/monteuses d’appareils de chauffage (78 030 $) et les électriciens industriels/électriciennes industrielles (74 350 $), tandis que les revenus médians les plus faibles sont ceux des métiers à prédominance féminine que sont les coiffeurs/coiffeuses (21 130 $) et les assistants/assistantes en éducation (21 950 $), suivis par le métier plus équilibré entre les sexes que sont les cuisiniers/cuisinières (30 090 $). Les mécaniciens/mécaniciennes de véhicules automobiles ont le revenu médian le plus bas des métiers à prédominance masculine, soit 40 860 $. Toutefois, ce revenu est toujours supérieur au revenu médian le plus élevé des métiers à prédominance féminine, soit celui des travailleurs/travailleuses auprès des enfants et des jeunes, à 37 070 $ (un métier certifié uniquement en Ontario). Quatre ans après la fin du programme, les trois métiers les mieux rémunérés sont ceux de mécanicien/mécanicienne d’équipement lourd (107 220 $), de monteurs/monteuses d’appareils de chauffage (105 620 $) et de mécanicien industriel/mécanicienne industrielle (de chantier) (99 320 $) – tous à prédominance masculine – tandis que le métier à prédominance féminine le mieux rémunéré est celui de travailleur/travailleuse auprès des enfants et des jeunes (41 490 $) (Statistique Canada, 2018).

Statistique Canada (2020) compare les revenus des compagnons des dix métiers Sceau rouge les plus courants avec ceux des titulaires de baccalauréat dans divers domaines d’études. Cinq ans après avoir obtenu leur certification ou leur diplôme, les compagnons de la plupart des métiers gagnent plus que la moyenne des bacheliers. Les exceptions sont les cuisiniers/cuisinières et les coiffeurs/coiffeuses, qui gagnent moins que les titulaires de baccalauréat dans tous les domaines d’études.

Toujours à partir des données SIAI-FFT1 de Statistique Canada, Prism Economics and Analysis a produit un rapport pour le Forum canadien sur l’apprentissage présentant les revenus globaux des dix principaux métiers Sceau rouge l’année de la certification et deux ans plus tard. Les revenus varient selon les cohortes (2008 à 2014) : les revenus médians de la première année varient de 57 200 $ (cohorte 2010) à 61 100 $ (cohorte 2014), et ceux de la varient de 63 590 $ (cohorte 2014) à 76 205 $ (cohorte 2012) (Prism Economics and Analysis, 2019).

Conclusion

Le PLEMT offre une nouvelle façon d’analyser les résultats sur le marché du travail des titulaires de certificat de métier. Notre prochain rapport (début 2021) s’appuiera sur la PLEMT pour fournir des informations stratégiquement importantes sur le marché du travail concernant les revenus des compagnons dans un large éventail de métiers spécialisés. Le rapport explore les revenus des titulaires de certificat de métier sous différents angles qui devraient intéresser les personnes qui ont des décisions à prendre en matière de formation, les établissements qui proposent des programmes d’apprentissage, les décideurs politiques, l’industrie, les chercheurs et le grand public.

De nouvelles sources de données administratives liées à la fiscalité, comme la PLEMT, complètent les enquêtes telles que l’ENA. Ces deux sources sont essentielles pour dresser un portrait plus complet des personnes de métier certifiées au Canada.

Tous les résultats présentés dans le rapport, ainsi qu’un ensemble plus étendu de constats, seront mis en ligne dans un tableau de bord interactif sur la page du projet CIMT-IRPE.

Remerciements

Ce Rapport de perspectives de l’IMT a été préparé par Ross Finnie, Michael Dubois et Masashi Miyairi de l'IRPE, avec les commentaires du CIMT. Nous remercions Emily Arrowsmith (Forum canadien sur l'apprentissage), Tiffany Ng, Samuel A. Laryea et Jason Gupta (Emploi et Développement social Canada), et Graham Ziegler, Aimé Ntwari, Amanda Kopp et Austin Snow (Statistique Canada) pour leurs commentaires.

Pour en savoir plus sur ce rapport ou d’autres projets liés à la PLEMT, veuillez communiquer avec Behnoush Amery, économiste principale au CIMT, à behnoush.amery@lmic-cimt.ca, ou Tony Bonen, directeur de la recherche, des données et de l’analytique au CIMT, à tony.bonen@lmic-cimt.ca.

Glossaire

Apprenti
Personne qui exerce un métier ou une profession en vertu d’une entente ou d’un contrat et qui est inscrite auprès des autorités responsables de l’apprentissage. L’apprenti acquiert les connaissances, les compétences, les outils et les matériaux reliés au métier ou à la profession, et ce, grâce à une formation en cours d’emploi et à une formation en établissement, sous la supervision d’un compagnon d’apprentissage agréé.
Apprentissage
Système structuré de formation supervisée menant à la reconnaissance professionnelle dans un métier désigné ou une profession désignée. Il s’agit d’un programme systématique de formation en cours d’emploi, accompagné d’une formation en établissement, où l’apprenti fait un apprentissage par l’expérience et améliore ses compétences.
Certificat d’apprentissage
Certificat décerné à une personne qui a réussi un programme de formation en apprentissage officiel.
Certificat de qualification professionnelle
Certificat décerné à un apprenti qui a réussi un programme d’apprentissage ou qui satisfait à toutes les exigences d’un métier et qui a réussi l’examen d’agrément comme compagnon dans ce métier.
Finissant
Personne ayant réussi un programme d’apprentissage au cours d’une année couverte par le rapport du SIAI.
Persévérant
Personne qui, à la fin d’une année couverte par le rapport du SIAI, est inscrite comme apprentie et n’a pas terminé le programme d’apprentissage.
Décrocheur
Apprenti qui interrompt sa participation à un programme de formation en apprentissage avant de le terminer.

 

Compagnon
Travailleur pleinement qualifié et titulaire d’un certificat de qualification professionnelle officiel dont l’expérience de travail et la formation répondent à toutes les exigences d’une profession désignée.
Persévérant à long terme
Personne qui, à la fin d’une année couverte par le rapport du SIAI, a été apprentie pendant une période désignée dépassant la durée de l’apprentissage. Dans l’EPA de 2007, cette période se définit comme étant une fois et demie supérieure à celle de l’apprentissage. Dans la présente étude, la période désignée correspond surtout à six ans ou plus, puisqu’un programme ne dure en général que quatre ans.
Métier désigné pour le Programme du Sceau rouge
Profession ou métier désigné par le Conseil canadien des directeurs de l’apprentissage (CCDA) aux fins d’inclusion dans le Programme des normes interprovinciales « Sceau rouge ». La formation et la reconnaissance professionnelle sont conformes à la norme professionnelle nationale, et les provinces et territoires qui participent au programme pour ce métier ou cette profession peuvent apposer un Sceau rouge au certificat des candidats qui satisfont à la norme.
Métier
Métier pour lequel un programme provincial ou territorial d’apprentissage est offert.
Travailleur qualifié
Individu ayant accumulé suffisamment d’expérience professionnelle pertinente pour être autorisé à se présenter à l’examen d’agrément comme compagnon (provincial ou territorial). Pour respecter les critères, il faut avoir au moins une année d’expérience de travail pertinent en plus d’une formation d’apprentissage.
Personne de métier
Personne qui exerce un métier spécialisé et qui n’est pas nécessairement un apprenti ou un compagnon.

Source : Crocker et al. (2014).

Références

Advanis Inc. (2018, 17 mai). 2018 Survey of 2016/2017 Graduates of Apprenticeship Training: Comprehensive Report (Enquête 2018 sur les diplômés de la formation d’apprentissage : rapport d’ensemble). Alberta Advanced Education. https://tradesecrets.alberta.ca/SOURCES/PDFS/Publications/2016-2017_Graduates_Apprenticeship_Programs_survey.pdf

Alberta Advanced Education. (2018, 22 février). Labour Market Outcomes of Alberta’ Apprenticeship and Industry Training System (Résultats sur le marché du travail du système d’apprentissage et de formation industrielle de l’Alberta). Gouvernement de l’Alberta. https://open.alberta.ca/publications/9781460138144

BC Stats. (2017, septembre). BC Student Outcomes Report of Findings – Apprenticeship Training in British Columbia: What we can learn from the 2016 Apprenticeship Student Outcomes Survey (Rapport sur les résultats des étudiants de la Colombie-Britannique – La formation d’apprentissage en Colombie-Britannique : ce que nous pouvons apprendre de l’enquête sur les résultats des étudiants en apprentissage en 2016). British Columbia Student Outcomes Research Forum. https://files.eric.ed.gov/fulltext/ED590494.pdf

Boothby, D. et Drewes, T. (2010, décembre). Returns to Apprenticeship in Canada (Rendement de l’apprentissage au Canada). Réseau canadien de chercheurs dans le domaine du marché du travail et des compétences. Document de travail no 70. http://www.clsrn.econ.ubc.ca/workingpapers/CLSRN%20Working%20Paper%20no.%2070%20-%20Boothby%20and%20Drewes.pdf (Résumé en français : http://www.clsrn.econ.ubc.ca/workingpapers/CLSRN%20Working%20Paper%20no.%2070%20-%20French%20Abstract.pdf)

Campbell, N. (2010). The determinants of low (and slow) completions in the Canadian apprenticeship system (Les déterminants des faibles (et lents) taux de réussite dans le système d’apprentissage canadien). [mémoire de maîtrise, École des Hautes Études Commerciales (HEC)]. Réseau canadien des Centres de données de recherche.

Forum canadien sur l’apprentissage. (2008). Résultats de l’apprentissage sur le plan professionnel au Canada depuis l’an 2000 : une évaluation des ressources de recherche. https://caf-fca.org/wp-content/uploads/2017/07/La-situation-demploi-des-apprentis-au-Canada-depuis-lan-2000.pdf

Crocker, R., Pepin, C., Hurrell, K., Wald, S., Wiebe, J., Wong, G. et Ahmed, N. (2014). Réussite et résultats d’un programme d’apprentissage et reconnaissance professionnelle. http://www.red-seal.ca/docms/report_outcomes2014_fra.pdf

Dostie, B. (2010, octobre). A Competing Risks Analysis of the Determinants of Low Completion Rates in the Canadian Apprenticeship System (Déterminants des faibles taux d’achèvement dans le système d’apprentissage canadien : une analyse des risques concurrents). Réseau canadien de chercheurs dans le domaine du marché du travail et des compétences. Document de travail no 67. https://www.researchgate.net/publication/254453063_A_Competing_Risks_Analysis_of_the_Determinants_of_Low_Completion_Rates_in_the_Canadian_Apprenticeship_System (Résumé en français : http://www.clsrn.econ.ubc.ca/workingpapers/CLSRN%20Working%20Paper%20no%20%2067%20-%20French%20Abstract.pdf)

Finnie, R., Miyairi, M., Dubois, M., Bonen, T. et Amery, B. (2019). Combien gagnent-ils? Nouvelles données probantes sur les gains en début de carrière des diplômés d’établissements d’enseignement postsecondaire canadiens, par sanctions et domaines d’études. Initiative de recherche sur les politiques de l’éducation et Conseil de l’information sur le marché du travail. https://lmic-cimt.ca/wp-content/uploads/2020/03/CIMT_Combien-gagnent-ils-Rapport-de-recherche.pdf

Frank, K. et Frenette, M. (2019, 13 mars). Quelle est la situation sur le marché du travail des femmes suivant des programmes d’apprentissage à prédominance masculine? (11F0019M no 420). Statistique Canada. https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/11f0019m/11f0019m2019008-fra.htm

Frank, K. et Jovic, E. (2017, 29 mars). Enquête nationale auprès des apprentis : vue d’ensemble du Canada, 2015. (81-598-X). Statistique Canada. https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/81-598-x/81-598-x2017001-fra.htm

Insightrix Research Inc. (2017, novembre). Saskatchewan Apprenticeship and Trade Certification Commission Apprenticeship Survey (Enquête sur l’apprentissage de la Commission de l’apprentissage et de la certification des métiers de la Saskatchewan). Saskatchewan Apprenticeship and Trade Certification Commission. https://saskapprenticeship.ca/wp-content/uploads/2020/08/2017-SATCC-Apprentice-Survey-FINAL-2.pdf

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