Points à retenir
- Les personnes en emploi pourraient devoir actualiser leurs compétences plus souvent à mesure que l’IA transforme leurs tâches et leur profession.
- La reconversion professionnelle peut être difficile lorsque les professions auxquelles les personnes se préparent sont elles-mêmes en pleine évolution.
- Les personnes en début de carrière pourraient avoir moins d’occasions d’acquérir de l’expérience si l’IA prend en charge certaines tâches de premier échelon.
- L’utilisation accrue de l’IA pourrait influer sur le revenu, la progression professionnelle et l’accès aux possibilités économiques.
- Les organisations risquent de perdre une expérience et un savoir institutionnel précieux si elles remplacent les membres expérimentés de leur personnel par l’IA au lieu de les soutenir grâce à cette technologie.
- Les compétences comme la créativité, la communication, le jugement éthique et la capacité d’établir des relations gagnent en importance, parallèlement aux compétences techniques.
- Les effets de l’IA ne se limitent pas au nombre d’emplois disponibles. Ils touchent aussi la qualité de l’emploi, la sécurité du revenu, les possibilités de carrière et la capacité d’adaptation des personnes en emploi.
Résumé en langage clair
L’IA transforme non seulement les emplois, mais aussi la façon dont les personnes construisent leur carrière. Selon les estimations du Forum économique mondial citées dans l’article, la technologie pourrait transformer 1,1 milliard d’emplois au cours de la prochaine décennie, tandis que 59 % de la main-d’œuvre mondiale pourrait devoir suivre une nouvelle formation d’ici 2030. Les personnes pourraient donc devoir acquérir de nouvelles compétences plus souvent, alors que certains parcours professionnels traditionnels deviendraient moins accessibles.
Ces changements pourraient être particulièrement importants pour les personnes en début de carrière. Les emplois de premier échelon leur permettent souvent d’acquérir l’expérience et les compétences nécessaires pour accéder à des postes de niveau supérieur. Si l’automatisation réduit certaines de ces possibilités, les jeunes pourraient avoir moins d’occasions d’acquérir de l’expérience et de progresser. Selon les auteurs, les personnes qui occupent un poste de premier échelon sont particulièrement vulnérables à cette perturbation.
L’IA pourrait aussi modifier ce à quoi les employeurs accordent de l’importance. À mesure que la technologie prend en charge un plus grand nombre de tâches analytiques et routinières, des compétences humaines comme la créativité, la communication, le jugement et la capacité d’établir des relations pourraient gagner en importance. Selon une enquête citée par le Forum économique mondial, 83 % des personnes en emploi estiment que l’IA rendra les compétences proprement humaines plus essentielles.
Ces changements montrent qu’il faut examiner d’autres dimensions que le nombre d’emplois lorsqu’on réfléchit à l’avenir du travail. La sécurité du revenu, la progression professionnelle, l’accès aux possibilités professionnelles et la qualité de l’emploi sont aussi des aspects importants de cette transition.
Définitions
Moyens de subsistance : capacité d’une personne à gagner un revenu et à préserver sa sécurité économique et son bien-être au fil du temps.
Savoir institutionnel : connaissances et expérience que les personnes acquièrent au fil du temps au sein d’une organisation ou d’un secteur.
Pourquoi ces résultats sont-ils importants?
Pour le secteur public :
Les résultats soulignent l’importance de tenir compte de la sécurité du revenu, des transitions professionnelles, de l’apprentissage tout au long de la vie et de l’accès à l’emploi dans l’élaboration des politiques relatives à un marché du travail transformé par l’IA.
Pour les employeurs et les services d’emploi :
Les organisations pourraient devoir concilier les gains de productivité attribuables à l’IA avec la valeur de l’expérience, des connaissances et du jugement humains. L’utilisation de l’IA en complément du travail humain peut offrir des possibilités d’améliorer la productivité tout en permettant aux personnes de continuer à participer à la prise de décisions.
Pour les établissements d’enseignement postsecondaire et la population étudiante :
La population étudiante pourrait avoir intérêt à acquérir des compétences transférables d’une profession à l’autre à mesure que l’IA transforme les compétences requises en milieu de travail.
Pour le personnel enseignant, les spécialistes du développement de carrière et les personnes à la recherche d’un emploi :
La planification de carrière pourrait devoir mettre davantage l’accent sur des compétences adaptables et transférables d’une profession à l’autre que sur la préparation à une seule profession.
Pour les personnes qui travaillent auprès de groupes sous-représentés et mal desservis :
Les changements touchant les possibilités d’emploi de premier échelon et les parcours professionnels pourraient créer de nouveaux obstacles pour les personnes qui ont déjà de la difficulté à entrer sur le marché du travail ou à y progresser.
Pour l’écosystème de l’IMT :
Pour comprendre les effets de l’IA, il pourrait être nécessaire d’examiner, au-delà de l’emploi et du chômage, l’évolution des compétences, du revenu, de la progression professionnelle, des possibilités d’emploi de premier échelon et de la qualité de l’emploi.
Pour la plupart des gens au Canada :
L’avenir du travail ne se résume pas à déterminer si l’IA crée ou remplace des emplois. Il s’agit aussi de savoir si les personnes pourront intégrer la population active, construire une carrière, développer leurs compétences et préserver leur sécurité économique à mesure que le travail évolue.