Avenir du travail
Une ressource sélectionnée de recherches récentes sur les tendances qui façonnent le marché du travail au Canada.
Principaux constats
Des chercheurs et chercheuses au Canada ont examiné le lien entre la qualité de l’emploi et la mortalité. Ils ont constaté que les personnes occupant des emplois plus précaires présentent un risque de décès plus élevé. À mesure que le marché du travail évolue, ces résultats rappellent que la précarité de l’emploi peut avoir des effets qui dépassent les seuls résultats sur le marché du travail, notamment sur la santé de la population et la longévité.
Points à retenir
- Les chercheurs et chercheuses ont observé une hausse progressive du risque de mortalité à mesure que la qualité de l’emploi diminue.
- Cette étude montre l’utilité de l’IMT dans le domaine de la santé.
- L’analyse s’appuie sur la Cohorte santé et environnement du recensement canadien, couplée à la Base canadienne de données sur les décès de la Statistique de l’état civil.
Résumé en langage clair
Les emplois qui ne correspondent pas au modèle habituel d’un poste permanent à temps plein (comme les emplois temporaires, à temps partiel, contractuels ou issus de l’économie des plateformes) sont depuis longtemps associés à un moins bon état de santé. Mais ces emplois ne se valent pas tous. En regroupant les travailleuses et travailleurs selon différents types d’emploi fondés sur des caractéristiques communes, cette étude montre que certaines formes d’emploi non standard présentent des risques pour la santé beaucoup plus élevés que d’autres.
Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs et chercheuses ont réparti les travailleuses et travailleurs en cinq catégories d’emploi distinctes, selon des caractéristiques communes liées à leur travail. Ils ont suivi dans le temps plus de 2,8 millions d’adultes au Canada, âgés de 18 à 64 ans, en couplant des données du recensement et des données sur la mortalité. Plus précisément, ils ont utilisé une cohorte de 2006 tirée de la Cohorte santé et environnement du recensement canadien, couplée à la Base canadienne de données sur les décès de la Statistique de l’état civil, jusqu’en décembre 2019, avec l’appui de Statistique Canada.
Les chercheurs et chercheuses ont comparé les taux de mortalité entre les différents types d’emploi, en prenant comme point de référence les personnes occupant un emploi standard à temps plein. Leurs résultats confirment des travaux antérieurs montrant que l’emploi non standard est associé à un moins bon état de santé. Cette étude va toutefois plus loin en montrant que toutes les formes d’emploi non standard ne présentent pas le même niveau de risque. Les formes d’emploi non standard de moindre qualité sont associées à des résultats plus défavorables, alors que ce n’est pas le cas des formes de meilleure qualité.
Un exemple particulièrement parlant est celui de certaines formes d’emploi atypiques, exigeantes mais bien rémunérées, comme celles qu’occupent des professionnel·les travaillant à leur compte, des contractant·es et des cadres supérieurs. Les personnes de cette catégorie affichaient des taux de mortalité comparables à ceux des personnes occupant un emploi standard. Dans les études antérieures, ce groupe aurait généralement été rangé avec les autres formes d’emploi non standard, ce qui masquait ces écarts.
Du point de vue de l’IMT, ces résultats ont aussi des implications pour les données et les politiques liées au marché du travail. Le fait de traiter tout l’emploi non standard comme une seule catégorie peut masquer des différences importantes, en surestimant les risques pour certains groupes et en les sous-estimant pour d’autres. Cela met en évidence la nécessité d’une IMT plus différenciée, plus fine et plus nuancée.
Pourquoi ces résultats sont-ils importants
Les résultats de cette étude apportent des nuances nouvelles qui enrichissent notre compréhension des effets des différentes formes d’emploi sur la santé et la mortalité. L’état de santé de la population peut avoir une incidence sur les dépenses publiques, la productivité et, à terme, sur l’économie et le marché du travail. Alors que le monde du travail continue de se transformer rapidement, cette étude rappelle que la manière dont les gens travaillent a des effets qui dépassent les seuls résultats sur le marché du travail.