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S’installer au Canada: Résultats de l’étude d’opinion publique sur les nouveaux arrivants

Rapport de perspectives de l'IMT nº 19

Novembre 2019

Accueil > Perspectives de l’IMT > Rapport de perspectives de l’IMT n° 19, S’installer au Canada : résultats de l’étude d’opinion publique sur les nouveaux arrivants

Table des matières

Principales conclusions

  • Plus de 60 % des nouveaux arrivants se servent de l’information sur le marché du travail (IMT) et 90 % affirment qu’elle a un impact.
  • Les types d’information sur le marché du travail qu’ils recherchent le plus sont les salaires et le coût de la vie.
  • Leurs principales difficultés dans la recherche d’information sur le marché du travail sont le manque de perspectives sur l’avenir (30 %) et le manque d’information pertinente (27 %).
  • Les principaux obstacles à l’emploi rapportés par les nouveaux arrivants au chômage sont un manque d’expérience de travail au Canada (39 %), un manque de contacts professionnels (21 %) et un manque de scolarité au Canada (21 %).

Introduction

La main-d’œuvre canadienne vieillit. On prévoit que près de quatre millions de travailleurs prendront leur retraite au cours de la prochaine décennie, et l’indice de fertilité actuel, à 1,5, est bien inférieur au taux de remplacement. Par conséquent, la croissance de la main-d’œuvre canadienne est appelée à ralentir. Pour atténuer les répercussions sur le marché du travail et les conséquences économiques et sociales associées aux changements démographiques, on doit travailler sur plusieurs fronts. On doit entre autres penser à mettre en place des politiques d’immigration efficaces et à améliorer les résultats sur le marché du travail des groupes sous-représentés, comme les femmes, les personnes handicapées, les autochtones et les nouveaux arrivants1.

Dans ce contexte, ce Rapport de perspectives de l’IMT est axé sur les nouveaux arrivants, dont les résultats en matière d’emploi sont inférieurs aux personnes nées au Canada. Par exemple, en 2018, 9,4 % des nouveaux arrivants étaient au chômage, comparativement à 5,7 % chez les personnes nées au Canada. Afin d’obtenir de meilleures perspectives sur leurs défis, attentes et besoins, nous avons interrogé de nouveaux arrivants de partout au Canada au sujet de leurs expériences avec l’information sur le marché du travail (voir l’encadré 1).

L’IMT : difficile à trouver et à comprendre, mais transformatrice

Près des deux tiers (60 %) des nouveaux arrivants interrogés ont affirmé se servir d’information sur le marché du travail avant de prendre une décision de carrière importante (voir la figure 1). Ce résultat indique qu’une grande part des nouveaux arrivants ne consultent pas d’information sur le marché du travail avant d’immigrer au Canada. Fait plus surprenant, l’utilisation déclarée d’information sur le marché du travail chez les gens qui immigrent pour des raisons professionnelles n’est que de 65 %, soit seulement cinq pour cent de plus que l’utilisation déclarée d’IMT par les immigrants non économiques (60 %).

Du côté positif, une proportion écrasante des nouveaux arrivants (90 %) a déclaré que l’information sur le marché du travail a un effet sur leur cheminement professionnel, un résultat qui n’est pas unique à ce groupe. En fait, tous les groupes d’utilisateurs ont affirmé que l’IMT a un impact, avec des résultats qui oscillent entre 78 et 98 %. Ces chiffres soulignent l’importance de fournir aux Canadiens de l’information sur le marché du travail actuelle, fiable et accessible. Comme chez les autres groupes sondés, environ la moitié des nouveaux arrivants ont déclaré que l’information sur le marché du travail est facile à trouver. Néanmoins, les nouveaux arrivants sont moins susceptibles que les autres groupes de comprendre l’IMT trouvée (à l’exception des répondants au chômage). Seulement 55 % des nouveaux arrivants affirment qu’elle est facile à comprendre, soit nettement moins que la moyenne des autres groupes sondés (62 %).

Encadré 1 : Sonder les nouveaux arrivants de partout au Canada

Afin de mieux comprendre les façons dont différents groupes de Canadiens utilisent l’information sur le marché du travail et les types d’information dont ils ont besoin, le Conseil de l’information sur le marché du travail (CIMT) a sondé neuf groupes d’utilisateurs distincts, dont les nouveaux arrivants. Chaque groupe a été interrogé de manière indépendante. Les sondages ont été conçus pour être représentatifs de la population de chaque région du Canada. Ce numéro de Perspectives de l’IMT porte sur les résultats du sondage auprès des nouveaux arrivants, soit les personnes qui ont immigré au Canada au cours des cinq dernières années.

Figure 1. Réponses en pourcentages des nouveaux arrivants sur l’impact, l’utilisation, la compréhension et la recherche d’IMT

Remarque : Les réponses relatives à la recherche et à la compréhension d’information sur le marché du travail ont été agrégées pour les sections « trouver », « comprendre » et « utiliser ». Le graphique présente le pourcentage de répondants qui ont sélectionné « pas du tout difficile » et « pas très difficile ». Pour la section sur l’impact, le graphique présente le pourcentage de répondants qui ont sélectionné « pas un gros impact », « quelques impacts » et « un gros impact ».

Trouver un nouveau chez-soi

Lorsqu’il a été question des besoins les plus pressants en matière d’IMT, les plus souvent nommés par les nouveaux arrivants étaient les salaires (60 %), ce qui correspond au besoin d’IMT le plus fréquent chez l’ensemble des groupes sondés. Le deuxième type d’information sur le marché du travail le plus recherché est, lui, unique aux nouveaux arrivants : 48 % ont parlé du coût de la vie. Son importance relative s’explique probablement par le fait que les immigrants ont souvent besoin de choisir une province et une ville où s’établir avant de déménager au Canada. Comme ils sont nouveaux au Canada, il est probable qu’ils aient une moins bonne idée des façons dont le coût de la vie varie à travers le pays. En fait, des études montrent qu’environ 10 % des nouveaux arrivants changeront de province dans les cinq ans suivant leur arrivée au Canada, une décision étroitement liée au coût de la vie.

On a aussi demandé aux nouveaux arrivants de nommer les principales difficultés auxquelles ils font face dans leur recherche d’information sur le marché du travail. Ils ont souligné le manque de perspectives sur l’avenir (30 %) et de pertinence pour leur situation personnelle (27 %).

Recherchées : expérience et scolarité au Canada

Étant donné les circonstances uniques auxquelles font face les immigrants lorsqu’ils recherchent du travail dans une nouvelle économie et une nouvelle culture, nous leur avons demandé de nommer les principaux obstacles à la recherche d’emploi. Le manque d’expérience de travail au Canada a été cité comme obstacle par près de 40 % des nouveaux arrivants sans-emploi, suivi d’un manque de réseau professionnel et d’un manque de scolarité au Canada, tous deux nommés par 21 % des répondants (voir la figure 2).

Parmi les autres obstacles à l’emploi fréquemment nommés par les nouveaux arrivants, on retrouve des difficultés liées à l’information sur le marché du travail. Par exemple, 16 % des répondants ont nommé comme obstacle le fait de ne pas savoir où sont les opportunités, et 13 % ont souligné ne pas être certains des emplois qui correspondent à leurs compétences. De même, 16 % ont nommé le manque de certifications comme obstacle à l’emploi, ce qui porte à penser que les besoins particuliers des nouveaux arrivants en matière de formation pourraient être mieux satisfaits. Améliorer l’information sur le marché du travail concernant les programmes de formation offerts pourrait être un moyen d’aider à surmonter ces obstacles à l’emploi.

Figure 2. Le manque d’expérience de travail et de scolarité au Canada sont des obstacles à l’emploi pour les nouveaux arrivants sans-emploi

Pourcentage de répondants ayant nommé les catégories suivantes comme obstacles à l’obtention d’un emploi au Canada

Différents résultats sur le marché du travail pour les nouveaux arrivants

La plupart des nouveaux arrivants occupant un emploi se sont dit satisfaits de leur poste actuel (56 %). Cependant, si l’on creuse davantage, on constate que cette satisfaction dépend de divers facteurs. Les répondants estimaient que leur emploi actuel leur convenait bien en matière de conciliation travail-vie personnelle, d’horaire, de rémunération et de compétences. En effet, 72 à 77% des répondants ont indiqué qu’ils jugeaient que leur emploi actuel correspondait à un « plutôt bon ajustement » ou à un « très bon ajustement » (voir la figure 3). Les répondants étaient toutefois moins convaincus que leur emploi correspondait bien à leur scolarité. Étant donné que, comme nous l’avons souligné plus tôt, un manque de scolarité au Canada est un obstacle important à l’emploi, il n’est pas surprenant de constater que la scolarité arrive plus bas en matière d’« ajustement » par rapport à l’emploi actuel des nouveaux arrivants. Ces résultats concordent avec l’étude de Statistique Canada qui révèle que les immigrants ont un plus haut taux de surqualification que les travailleurs nés au Canada. Par exemple, les immigrants diplômés hors du Canada (à l’exclusion des États-Unis) sont plus susceptibles d’occuper des emplois qui n’exigent qu’un diplôme d’études secondaires (43 % et 35 % des femmes et des hommes scolarisés à l’étranger, respectivement) que ceux qui ont étudié au Canada ou aux États-Unis (20 % des femmes et 16 % des hommes).

Figure 3. Les deux tiers des nouveaux arrivants affirment que leur scolarité est bien adaptée à leur emploi

Pourcentage des répondants ayant affirmé que leur emploi actuel correspond à un « bon ajustement » dans les catégories suivantes

 

Remarque : Les réponses relatives à un bon ajustement à l’emploi actuel ont été agrégées pour chaque dimension. Le graphique présente le pourcentage de répondants qui ont sélectionné « très bon » ou « plutôt bon » lorsqu'on leur a demandé si la dimension du travail est un « bon ajustement » pour eux. Les choix « pas très bon » et « pas du tout » étaient les deux autres réponses possibles.

Les bons canaux pour recevoir de l’IMT

Lorsqu’on leur a demandé quels étaient les moyens les plus efficaces de communiquer les nouvelles sur le marché de l’emploi, les nouveaux arrivants ont dit préférer les sites web consacrés à l’IMT, puis les sites et publications des médias d’information. Ces résultats sont les mêmes chez tous les groupes d’utilisateurs, ce qui laisse penser que la plupart des Canadiens préfèrent recevoir de l’information sur le marché du travail sur un site web qui y est consacré. Actuellement, de nombreuses ressources en ligne sont accessibles aux futurs immigrants et aux nouveaux arrivants (comme Immigrer au Québec et Immigration et citoyenneté) afin de les aider à découvrir et à comprendre le marché du travail canadien. Les utilisateurs ont toutefois aussi besoin de conseils pour s’y retrouver parmi de telles ressources, particulièrement dans le contexte du marché du travail complexe et changeant d’aujourd’hui. Il est important de noter que les sources d’IMT peuvent souvent être désuètes, et que l’information qu’on y trouve peut ne pas être pertinente selon la situation de l’utilisateur. Fournir de l’information plus à jour et plus détaillée demeurera un objectif important pour rendre plus efficace le marché du travail canadien.

La voie à suivre

Le changement démographique associé au vieillissement de la population au Canada aura des conséquences sociales et économiques. Ces transformations à long terme devront être abordées sur plusieurs fronts, entre autres par l’amélioration des résultats sur le marché du travail des groupes sous-représentés. Dans ce Rapport de perspectives, nous nous sommes penchés sur l’un de ces groupes, les nouveaux arrivants au Canada. Comme pour d’autres groupes sondés, nous avons constaté que même si les nouveaux arrivants affirment que l’information sur le marché du travail a un impact (90 %), seulement 55 % pensent qu’elle est facile à trouver ou à comprendre.

L’étude a toutefois révélé certaines caractéristiques uniques à ce groupe. Les nouveaux arrivants accordent une plus grande priorité au coût de la vie. En effet, près de la moitié des répondants l’ont nommé comme besoin en matière d’IMT, juste derrière les salaires. De plus, le manque de scolarité et d’expérience de travail au Canada étaient les deux obstacles à l’emploi les plus cités, des difficultés dont n’ont pas parlé les autres répondants. Le sondage a aussi révélé que les obstacles à l’emploi comprennent les difficultés en matière d’information liée au fait de savoir où se trouvent les opportunités d’emploi et quelles compétences correspondent à quels emplois.

Les résultats présentés dans ce numéro de Perspectives de l’IMT constituent pour le CIMT la première étape en vue d’éclaircir les façons dont les nouveaux arrivants utilisent l’information sur le marché du travail ainsi que leurs besoins en la matière. Nous nous réjouissons à l’idée de continuer à travailler avec tous les intervenants pour comprendre comment mieux répondre aux besoins d’information des nouveaux arrivants afin de les aider à s’y retrouver dans le monde changeant du travail.

Remerciements

Le Rapport de perspectives de l’IMT actuel a été préparé par Bolanle Alake-Apata, du CIMT. Nous aimerions remercier notre Groupe consultatif pancanadien des intervenants (GCPI) pour son soutien dans la conception et la diffusion du sondage. En particulier, l’équipe tient à remercier Ather Akbari (Université Saint Mary’s), Debra Hauer (Conseil canadien des ressources humaines en agriculture), Judith Hayes (Manitoba Start) et Mark Patterson (Magnet and Embaucher des immigrants) pour leurs commentaires.

Pour en savoir plus sur ce Rapport de perspectives de l’IMT et les autres activités du CIMT, consultez notre page de publications ou communiquez avec Bolanle Alake-Apata à bolanle.alake-apata@lmic- cimt.ca ou Tony Bonen, directeur, recherche, données et analytique, à tony.bonen@lmic-cimt.ca.

Jetez un œil aux Résultats d’enquête par population et aux éditions précédentes des Rapports de perspectives de l’IMT au sujet des besoins, difficultés et défis relatifs à l’information sur le marché du travail. Davantage de résultats seront ajoutés au fil de la progression des analyses.

Notes

  1. Un récent rapport du Conference Board du Canada soutient que l’immigration est essentielle pour que la main- d’œuvre canadienne continue de croître à un rythme conforme aux attentes de croissance à long terme.

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