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L’emploi rural et urbain touché différemment par la COVID-19

Partout au Canada, la pandémie de COVID-19 a entraîné des pertes d’emplois sans précédent. L’emploi a chuté de 0,4 % (-73 500) en avril et reste de 2,2 % (-422 750) sous le niveau enregistré avant la pandémie, en février 2020.

La perte et la reprise partielle de l’emploi ont suivi des schémas différents selon le lieu de résidence des travailleurs. En avril 2021, les grandes villes enregistraient l’écart le plus marqué par rapport au niveau prépandémique, c’est-à-dire une baisse de 2,6 % (-367 500) par rapport à février 2020. Les petites villes s’en sortent un peu mieux, avec une baisse de l’emploi de 1,3 % (-19 500). En revanche, les zones rurales ont connu la reprise globale la plus rapide, l’emploi étant désormais inférieur de 1,1 % (-35 750) à son niveau prépandémique. Notez que toutes les données discutées ne sont pas désaisonnalisées.

Encadré 1 : Définition des régions urbaines et rurales au Canada

Il existe différentes façons d’identifier les régions urbaines et rurales au Canada. Ce blogue cerne trois différentes régions. Les grandes villes correspondent aux régions métropolitaines de recensement (RMR) — des régions comptant plus de 100 000 habitants. Les petites villes correspondent aux agglomérations de recensement (AR) — les régions comptant entre 10 000 et 100 000 habitants. Les autres régions du pays – environ 95 % de la superficie et 20 % de la population – sont des zones rurales.

Cartographie des pertes d'emploi et de la reprise dans les zones urbaines et rurales

Entre février et avril 2020, au début de la pandémie, près de trois millions d’emplois ont été perdus. Ces pertes ont été réparties de manière relativement égale entre les régions urbaines et rurales. L’emploi dans les grandes villes a diminué de 16 % (-2 204 500) en mars et avril, un recul plus important que la chute (tout de même énorme) de 14 % dans les petites villes (-224 500) et dans les zones rurales (‑452 000).

Au cours de l’été 2020, l’emploi a récupéré beaucoup plus rapidement dans les zones rurales et les petites villes que dans les grandes villes. En septembre 2020, il atteignait d’ailleurs les niveaux d’emploi prépandémiques dans ces régions (voir la figure 1). Toutefois, au cours de l’automne 2020, cette reprise s’est essoufflée en dehors des villes. Par conséquent, l’écart qui séparait les zones urbaines et rurales en matière d’emploi a commencé à diminuer.

Toutes les régions ont ensuite subi une nouvelle baisse de l’emploi lorsque la deuxième vague de COVID-19 a frappé, en décembre et janvier. L’emploi dans les régions rurales et urbaines s’est ensuite rétabli jusqu’en mars. Plus récemment, lorsque les mesures de santé publique se sont resserrées en avril, l’emploi a de nouveau chuté dans les régions urbaines.


Figure 1 : Les grandes villes ont connu les pertes d'emploi les plus importantes et une lente reprise, mais elles rattrapent maintenant les autres régions

Niveau d’emploi, grandes villes (RMR), petites villes (AR) et régions rurales (toutes les autres régions)


Calculs du CIMT; Statistique Canada, ADTR.
Les données ne sont pas désaisonnalisées.

Les différents modèles de reprise sont le résultat de plusieurs facteurs. Lorsque les fermetures à grande échelle ont été levées en mai et juin 2020, l’emploi dans les secteurs de production de biens (par exemple, l’industrie manufacturière, la construction, l’agriculture) s’est rapidement redressé. En conséquence, les zones rurales, qui comptent une proportion plus élevée d’emplois dans les secteurs de production de biens, ont connu une reprise plus rapide. En outre, les données disponibles ne sont pas désaisonnalisées, et la part plus importante d’emplois saisonniers (par exemple, dans l’agriculture, la sylviculture et la pêche) dans les régions rurales et les petits centres urbains explique en partie la reprise de l’emploi en été et son déclin en automne.

À l’inverse, les grandes villes ont connu une reprise lente, mais constante. À mesure que les entreprises se sont adaptées aux ventes en ligne, au travail à distance et à la collecte à domicile, l’emploi dans le secteur des services a mieux résisté aux restrictions de santé publique. Dans toutes les régions, les entreprises ont fait preuve de résilience. Toutefois, ce modèle de reprise est davantage attribuable au secteur des services des grandes villes, qui compte une plus grande part de l’emploi.

La voie à suivre

Après les pertes d’emploi historiques enregistrées au début de la pandémie, les grandes villes ont été plus touchées que les autres régions par la perte d’emplois, et la reprise de l’emploi y a été plus lente. Les zones rurales et les petites villes ont obtenu de meilleurs résultats au début, mais les grandes villes ont largement rattrapé leur retard au cours des derniers mois (selon des données non désaisonnalisées).

Le CIMT va continuer à fournir de l’information ciblée sur l’incidence de la COVID-19 et sur la reprise de l’emploi afin d’aider la population canadienne à s’orienter dans un monde en récupération après la pandémie.

Michael Willcox Photo

Michael Willcox est un économiste au CIMT. Il contribue à l'analyse et au développement de l'information sur le marché du travail au Canada.

michael.willcox@lmic-cimt.ca

 

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