Skip to content

Indicateurs phares de la reprise économique : Emploi et heures travaillées

Pour suivre la reprise économique au fur et à mesure de la levée des restrictions liées à la pandémie, il est important d'examiner plusieurs indicateurs du marché du travail. Le nombre moyen d'heures travaillées est l'un de ces indicateurs phares.

Entre février et avril 2020, l'emploi et le nombre moyen d'heures travaillées ont diminué de 15 %. En juin, le nombre moyen d'heures travaillées a augmenté de 7 % (soit 2 heures de plus par semaine), et l'emploi a progressé de 5,8 % (soit une augmentation nette d’un million d’emplois). Pour les Canadiens qui gagnent un salaire horaire ou qui travaillent à temps partiel, la reprise économique exige plus qu'un simple retour au travail : il s'agit de travailler suffisamment d'heures pour que les revenus remontent au niveau d'avant la crise.

La semaine dernière, Statistique Canada a publié l'Enquête canadienne sur la situation des entreprises, dans laquelle les entreprises indiquent les mesures qu’elles ont prises concernant les effectifs pour survivre à la pandémie de COVID-19. Dans 13 des 16 secteurs pour lesquels des données sont disponibles, les entreprises ont déclaré avoir plus souvent opté pour la réduction des heures de travail de leur personnel que pour les mises à pied.

Figure 1 : Les entreprises ont réagi au confinement par des mises à pied et une réduction des heures de travail

Sources : Enquête canadienne sur la situation des entreprises, mesures prises concernant le personnel (mai 2020).

Travailleurs à temps partiel et travailleurs rémunérés à l’heure

Plusieurs secteurs ont été particulièrement touchés par le confinement, à savoir le commerce de détail, les arts, le divertissement et les loisirs, l'hébergement et les services de restauration, et les « autres services » (notamment les coiffeurs, les esthéticiennes, les organisations religieuses, les gardiennes d’enfants et autres travailleurs domestiques). Ces secteurs représentaient un risque élevé pour leurs travailleurs, qui entretiennent généralement un contact étroit et des interactions en face à face avec les clients. Comme le montre le tableau 1, ces quatre secteurs emploient de nombreux travailleurs à temps partiel et de travailleurs rémunérés à l’heure.

La proportion de travailleurs rémunérés à l’heure et de travailleurs à temps partiel est la plus élevée dans les secteurs de l’hébergement et la restauration, soit 88 % et 51 % respectivement. En moyenne, tous secteurs confondus, 64 % des travailleurs étaient rémunérés à l’heure et 19 % travaillaient à temps partiel.

Tableau 1 : Les secteurs les plus touchés, les fermetures et les emplois à haut risque

Proportion de travailleurs à temps partiel et de travailleurs rémunérés à l’heure par industrie, février 2020

Secteur1 Proportion de travailleurs à temps partiel Proportion de travailleurs rémunérés à l’heure
Commerce de détail 37,0 % 80,6 %
Arts, divertissement et loisirs 44,7 % 77,7 %
Hébergement et restauration 50,7 % 87,6 %
Autres services 19,1 % 60,3 %
Tous les secteurs 18,8 % 64,1 %

1 Système de classification des industries de l'Amérique du Nord (SCIAN), niveau à deux chiffres.

Signes de reprise : Emploi et heures travaillées

Alors que les marchés du travail ont amorcé une reprise, les heures travaillées dans ces quatre secteurs durement touchés ont rebondi plus rapidement que l'emploi. C'est une bonne chose pour ceux qui travaillent à nouveau — mais l'emploi reste bien inférieur au niveau de février dans tous ces secteurs (voir figure 2). Les heures travaillées ont chuté de manière moins marquée dans le commerce de détail et plus marquée dans les arts, le divertissement et les loisirs où, en avril, elles avaient diminué presque de moitié par rapport au niveau de février. En juin, les heures travaillées dans chaque secteur avaient augmenté pour atteindre plus de 80 % du niveau enregistré en février et avaient presque atteint le niveau de février dans le secteur du commerce de détail.

Le secteur de l'hébergement et de la restauration, par exemple, a été relativement plus touché par la baisse de l'emploi, qui a chuté de 50 % entre février et avril, mais qui, depuis, est revenu à un peu plus de 70 % du niveau enregistré en février. Cependant, en juin, la moyenne des heures effectivement travaillées est passée de 70 % à près de 90 % du niveau de février.

Figure 2 : Augmentation de l'emploi et de la moyenne des heures effectivement travaillées.

La voie à suivre

Le degré d'incidence sur l'emploi ou les heures travaillées varie selon les secteurs, tout comme l'ampleur de la reprise. Il est important de se rappeler que le nombre d'heures travaillées est une mesure phare de la reprise dans les secteurs comme l’hébergement et la restauration, qui comptent une forte proportion de travailleurs à temps partiel ou de travailleurs rémunérés à l’heure. Le suivi de la reprise économique canadienne exigera un effort continu. Nous devons suivre attentivement divers indicateurs du marché du travail, notamment l'emploi et les heures travaillées. Après tout, avoir un emploi et travailler suffisamment d'heures pour gagner sa vie sont deux choses bien différentes.

Brittany

En tant qu’économiste du CIMT, Brittany Feor contribue à l’accessibilité et à l’analyse de l’information sur le marché du travail, et offre une expertise en matière de recherche quantitative. 
brittany.feor@lmic-cimt.ca

Laissez un commentaire