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L’emploi chez les personnes immigrantes dans les secteurs les plus affectés par la COVID-19

Les personnes immigrantes ont été plus nombreuses que les travailleurs nés au Canada à perdre leur emploi pendant la pandémie de COVID-19. Notre récent billet de blogue explique que l’emploi a chuté presque deux fois plus, en termes relatifs, chez les résidents permanents que chez les travailleurs nés au Canada. De plus, la reprise a été plus lente pour les immigrants depuis le mois d’avril. Selon les données de juillet, parmi les travailleurs les plus âgés (25-64 ans) les travailleurs d’origine canadienne ont retrouvé 72 % des emplois perdus en mars et avril, comparativement à 40 % chez les résidents permanents (chiffres non désaisonnalisés et les travailleurs autonome ne sont pas inclus). De plus, à seulement 32 %, le taux de réemploi a été encore plus faible chez les femmes immigrantes que chez leurs homologues masculins.

Reprise plus lente pour les femmes immigrantes

La figure 1 montre que durant les mois où il y a eu le plus de fermetures, soit de février à avril 2020, les pertes d’emploi ont surtout touché les femmes résidentes permanentes. Toutefois, les hommes résidents permanents ont aussi été plus touchés que les travailleurs nés au Canada, hommes ou femmes. La figure montre aussi que la reprise a été particulièrement lente pour les immigrantes entre avril et juillet. Ce groupe a retrouvé seulement 32 % des emplois perdus, tandis que le taux de reprise a été de 49 % chez les hommes résidents permanents et de 46 % chez les travailleuses nées au Canada. Chez les hommes nés au Canada, 96 % des emplois perdus ont été récupérés, selon les chiffres de juillet. Il est à noter que le rythme de la reprise entre juin et juillet a été plus lent qu'entre avril et juin.

Figure 1 : Niveau d’emploi selon le sexe et le statut d’immigré (25-64 ans), juillet 2016 – juillet 2020

Immigrants dans les secteurs les plus touchés

L’impact de la pandémie sur le marché du travail dépend grandement du secteur dans lequel on travaille. Parmi les immigrants, tant les hommes que les femmes sont susceptibles de travailler dans des secteurs lourdement atteints. Dans l’ensemble, les plus grandes pertes d’emplois sont survenues dans deux secteurs où les femmes représentent plus de 50 % de la main-d’œuvre : services d’hébergement et de restauration (56 % de femmes) et commerce de détail (52 % de femmes).

Le tableau 1 montre le taux de reprise de l’emploi d’avril à juillet 2020 dans les deux secteurs les plus touchés pour chacun des groupes. Les hommes nés au Canada sont ceux qui connaissent le taux de reprise le plus rapide dans le secteur des services d’hébergement et de restauration (82 %), et les femmes nées au Canada ont connu le meilleur taux de reprise dans le commerce de détail (86 % comparativement à 65 % chez les hommes nés au Canada). Dans les deux secteurs, ce sont les immigrants qui ont connu la plus lente reprise de l'emploi.  Seuls 21 % des emplois ont repris pour les femmes immigrées dans l'hébergement et les services de restauration, tandis qu'elles ont eu un taux de reprise plus élevé (39 %) dans le commerce de détail par rapport à leurs homologues masculins (26 %).

Tableau 1 Taux de reprise de l’emploi entre avril et juillet 2020 dans les deux secteurs les plus touchés

  Taux de reprise*
Groupes de population Services d’hébergement et de restauration Commerce de détail
Femmes nées au Canada 82 % 65 %
Femmes immigrantes 21 % 39 %
Hommes nés au Canada 80 % 86 %
Hommes immigrants 53 % 26 %

*Taux de reprise : Changement de l’emploi entre juillet et avril, divisé par le changement de l’emploi entre avril et février; valeur absolue. Données non désaisonnalisées. Les indépendants ne sont pas inclus. Les données ne sont pas corrigées des variations saisonnières et incluent les travailleurs dans la force de l'âge (25-64 ans). Source : CIMT et Statistique Canada.

La voie à suivre

Des données récentes de l’Enquête sur la population active révèlent que parmi tous les travailleurs, les femmes immigrantes sont celles qui ont connu les plus grandes pertes d’emploi au plus fort de la pandémie, et la reprise la plus lente depuis. Cela s’explique en partie par le fait qu’elles sont grandement représentées dans les deux secteurs économiques les plus touchés : services d’hébergement et de restauration et commerce de détail. Cependant, les femmes immigrantes ont eu un taux de reprise plus élevé dans le commerce de détail que les hommes immigrés depuis avril.

Le CIMT continuera à analyser les données et fur et à mesure qu’elles seront disponibles pour avoir un aperçu plus précis de l’état du marché du travail et de la récession actuelle, notamment les impacts importants pour les groupes sous-représentés. Restez à l’affût, le CIMT publiera de l’information plus détaillée et opportune dans les semaines et les mois qui viennent.

Behnoush

Behnoush Amery est économiste principal au CIMT. Ses travaux portent sur l’information sur le marché du travail notamment l’étude de l’avenir du travail, la relation entre l’éducation et les résultats sur le marché du travail, ainsi sur l’estimation des données granulaires sur le travail.

behnoush.amery@lmic-cimt.ca

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