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Existe-t-il une définition du concept de travail à la demande qui fait l’unanimité?

Qu’est-ce que le travail à la demande? Les réponses varient. Anthony Mantione, économiste principal au CIMT, présente un aperçu de certaines des définitions du travail à la demande et explique pourquoi c’est important.

Depuis deux ans, je remarque que, parmi les thèmes liés au marché du travail, celui de travail à la demande (gig work) suscite de plus en plus d’intérêt.

La notion de travail à la demande, et plus généralement celle d’économie à la tâche (gig economy), revient fréquemment sur les réseaux sociaux et comme objets de réflexion d’articles et de travaux de recherche.

Et je ne suis pas le seul à l’avoir remarqué. Lors de ma dernière visite chez le dentiste, mon hygiéniste, qui sait que je mène des recherches sur le marché du travail canadien, m’a demandé quelle était ma vision de la gig economy.

Je n’avais pas de réponse satisfaisante à lui donner, car, comme je l’ai expliqué, je ne sais pas vraiment ce qu’est l’économie à la tâche…

Choquant? Peut-être, mais malgré l’usage répandu des termes gig work et gig economy dans les médias et la littérature, il n’existe pas de définition unique et acceptée de ceux-ci.

D’où vient l’expression gig work?

Le mot gig était utilisé au début du 20e en référence aux performances de musiciens de jazz américains. Depuis, il a été associé au travail effectué par des personnes rémunérées par projet.

Selon cette description, les entrepreneurs indépendants – qui fournissent des services aux entreprises – sont donc considérés comme des travailleurs à la demande (gig workers), puisqu’ils effectuent un travail temporaire ou occasionnel (gig).

Une définition du travail à la demande liée aux plateformes numériques

Le travail à la demande désigne aussi tout travail médié numériquement, c’est-à-dire le travail qui est attribué et distribué par l’intermédiaire de plateformes en ligne.

Des applications telles qu’Uber et Upwork sont des exemples typiques généralement associés à cette définition du travail à la demande sur plateformes numériques.

Les travailleurs qui utilisent des applications pour trouver du travail sont-ils différents des entrepreneurs indépendants engagés directement par une entreprise? Tout dépend à qui vous posez la question. Dans certains pays, des litiges en cours tentent justement d’y répondre.

Le travail à la demande comme caractéristiques d’un travail

Certains utilisent le concept de travail à la demande pour décrire les caractéristiques d’un travail. Par exemple, une activité qui serait faiblement rémunérée, d’une durée incertaine et dont l’échéancier est susceptible de changer.

Des combinaisons des définitions ci-dessus ont été utilisées pour distinguer et classer différents types de travail à la demande.

Par exemple, un entrepreneur indépendant qui trouve du travail par l’intermédiaire d’une application ou un travailleur saisonnier embauché dans la vente au détail et qui travaille sur appel peut être désigné comme travailleur à la demande.

Ainsi, l’incertitude demeure quant à savoir ce qui constitue ou non un travail à la demande. La situation de l’emploi tout comme les relations entre les travailleurs et les organisations évoluent rapidement.

Pourquoi devrions-nous tenter une définition?

Comprendre ces transformations et définitions est une étape importante pour déterminer si, et de quelle manière, les décideurs politiques doivent réagir à la nature changeante du travail et à ses répercussions sur le marché du travail et la société.

Notre dernier rapport de perspectives de l’IMT n° 45, intitulé « Comprendre le concept de travail à la demande », propose une réflexion approfondie sur les différentes définitions, parfois contradictoires, du phénomène de travail à la demande que l’on trouve dans la littérature.

Anthony

Anthony Mantione est économiste principal. Il étudie et analyse des questions relatives aux besoins en compétences du marché du travail canadien.

Illustrations par Jesseca Buizon pour CIMT.

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