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Actualité du travail

La Bibliographie annotée sur l’actualité du travail du CIMT synthétise les derniers résultats de recherche en lien avec la COVID-19.

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Les raisons qui motivent le projet

Ce projet a pour objectif de faire en sorte que les décideurs politiques et les intervenants disposent d’informations et de réflexions à jour sur les évolutions récentes du marché du travail et de la société.

En quoi consiste le projet

La Bibliographie annotée sur l’actualité du travail présente les résumés de rapports récents examinant les implications de la COVID-19. Elle sera régulièrement mise à jour au fur et à mesure que de nouveaux rapports paraîtront.

Les nouvelles entrées ajoutées le 2020-08-28 sont signalées par le symbole 🚩.

Savage, K. et M. Turcotte. 10 août 2020. « Se rendre au travail pendant la pandémie de COVID-19 ». STATCAN ET LA COVID-19 : Des données aux connaissances, pour bâtir un Canada meilleur, no de catalogue 45280001, Ottawa, Ontario, Statistique Canada.

Les modes de transport qu’empruntent les travailleurs canadiens ont certes bien changé depuis le début de la pandémie de COVID-19. Le nombre de personnes qui font la navette entre le travail et la maison a baissé considérablement, dans l’espoir de limiter la propagation du virus. Afin d’étudier ces changements à mesure que la pandémie évolue, Statistique Canada a mené entre le 15 et le 21 juin une troisième enquête dans le cadre de la Série d’enquêtes sur les perspectives canadiennes (SEPC), qui portait sur les Canadiens qui avaient travaillé tout au long de la pandémie. D’après les résultats, 24 % des travailleurs qui empruntaient auparavant les transports en commun ont continué d’utiliser ce mode de transport, alors que 34 % des utilisateurs des transports en commun sont passés à un autre mode de transport. Les données laissent croire également que les travailleurs qui ont un plus haut niveau de scolarité sont plus susceptibles de passer à un mode de télétravail.

Alon, T., M. Doepke, J. Olmstead-Rumsey et M. Tertilt. Août 2020. This time it’s different: The role of women’s employment in a pandemic recession, document de travail NBER 27660, Cambridge, Massachussetts, National Bureau of Economic Research.

(en anglais seulement)

Cet article fait valoir que lors des récessions qui ont touché les États-Unis dans le passé, le taux de chômage avait été plus élevé chez les hommes que chez les femmes; en revanche, dans la récession actuelle, on constate l’inverse. Les femmes affichent un taux de chômage élevé, ce qui s’explique par le fait qu’elles occupent des emplois concentrés dans des secteurs durement touchés par la pandémie, comme ceux de la restauration et du tourisme, et par les besoins accrus en matière de garde d’enfants associés à la fermeture des écoles et des garderies. S’appuyant sur un modèle macroéconomique quantitatif, les auteurs estiment qu’en cette récession attribuable à la pandémie, peu de travailleurs mariés peuvent se fier au rôle de la famille pour mieux absorber le choc. Ils constatent également qu’une récession causée par une pandémie mène à la fois à des pertes d’emploi directes à court terme et à des pertes à long terme attribuables au faible taux d’emploi, pour les hommes et les femmes. Enfin, les auteurs soutiennent qu’en raison de la nouvelle souplesse que l’on observe quant aux lieux de travail et du partage plus équitable de la garde d’enfants entre les hommes et les femmes, la récession découlant de la pandémie pourrait à long terme réduire les iniquités entre les sexes.

Nations Unies. Août 2020. Policy brief: Education during COVID-19 and beyond.

(en anglais seulement)

La pandémie de COVID-19 a bouleversé le parcours éducatif de près de 1,6 milliard d’apprenants dans plus de 190 pays. Les possibilités d’apprentissage pour les personnes vivant dans des milieux pauvres ou ruraux, les femmes, les personnes handicapées, les réfugiés et les personnes déplacées de force ont été réduites. À cela s’ajoutent 23,8 millions de jeunes qui pourraient abandonner leurs études ou ne pas avoir accès à l’école l’an prochain. Les fermetures d’établissements d’enseignement ont également limité l’accès à la nourriture, en plus de nuire à la capacité des parents de travailler et de contribuer à une hausse de la violence contre les femmes et les filles. Ces impacts ne font qu’accroître la pression exercée sur un système déjà fragile sur le plan financier, où de nombreux programmes éducatifs devaient déjà composer avec un manque de financement avant le début de la pandémie, ce qui pose un risque supplémentaire pour l’accès non seulement à l’éducation, mais également aux services essentiels. Afin de réduire au minimum les conséquences négatives de la COVID-19, les Nations Unies proposent aux gouvernements et intervenants quatre mesures stratégiques : 1) freiner la transmission du virus et planifier soigneusement la réouverture des écoles; 2) protéger le financement de l’éducation et travailler de façon coordonnée pour mieux se préparer aux impacts; 3) bâtir des systèmes d’éducation résilients pour assurer un développement équitable et durable; 4) repenser l’éducation et accélérer les changements dans le domaine de l’enseignement et de l’apprentissage.

Statistique Canada. 29 juillet 2020. « Utilisation des services de garde d’enfants pendant et après la pandémie de COVID-19 ». STATCAN ET LA COVID-19 : Des données aux connaissances, pour bâtir un Canada meilleur, no de catalogue 45280001, Ottawa, Ontario, Statistique Canada.

Cette publication de Statistique Canada présente les principales constatations d’une collecte de données spéciale liées à la COVID-19 sur la garde d’enfants et les caractéristiques des familles. Les données ont été recueillies selon une démarche participative et ne devraient pas être extrapolées à l’ensemble du Canada, puisqu’il ne s’agit pas d’un échantillon représentatif. De l’information est fournie en fonction des caractéristiques des ménages – p. ex., familles monoparentales, parents qui travaillent en dehors de la maison, parents qui travaillent de la maison. Les questions portaient sur différents aspects de la garde d’enfants, y compris les changements dans le type et le prix des services de garde d’enfants utilisés avant et pendant la pandémie. L’accès à ces services et l’ampleur des fermetures d’entreprises variaient d’une province à l’autre. À titre d’exemple, en Ontario et au Québec – les provinces les plus durement touchées – seulement 5 % des répondants ont dit avoir utilisé des services de garde d’enfants durant la pandémie, contre 20 % en Saskatchewan, où la pandémie a eu un moins grand impact.

Frenette, M., D. Messacar et T. Handler. 28 juillet 2020. « Dans quelle mesure la COVID-19 pourrait-elle avoir une incidence sur les revenus de la promotion de 2020? » STATCAN ET LA COVID-19 : Des données aux connaissances, pour bâtir un Canada meilleur, no de catalogue 45280001, Ottawa, Ontario, Statistique Canada.

Les jeunes ont été touchés de façon disproportionnée par le ralentissement économique résultant des mesures qui visaient à freiner la propagation de la COVID-19. Cela a des répercussions pour les diplômés de niveau secondaire et postsecondaire qui s’apprêtent à faire leur entrée sur le marché du travail. Afin de mieux comprendre ces répercussions, Statistique Canada a fait une estimation des pertes de revenu que pourraient subir les jeunes sur une période de cinq ans, en utilisant cinq taux de chômage différents. Dans le cas où le taux de chômage chez les jeunes pour cette année serait de 16 %, les pertes sur cinq ans pourraient être inférieures à 6 000 $ pour l’ensemble des groupes, soit moins de 1 200 $ par année. Par contre, si le taux de chômage de cette année atteint 19 %, les pertes de revenu pourraient se situer entre 8 000 $ et 15 000 $. Dans le cas où le taux de chômage s’élèverait à 22 % ou 25 %, les pertes varieraient de 15 000 $ à 25 000 $ et de 22 000 $ à 35 000 $, respectivement. Enfin, un taux de chômage chez les jeunes qui atteindrait 28 % cette année pourrait se traduire par des pertes de 25 000 $ ou plus au cours des cinq prochaines années, variant de 23 000 $ à 44 000 $ selon le sexe et le niveau de scolarité.

Desjardins, D., C. Freestone et N. Powell. 16 juillet 2020. La pandémie menace des décennies de progression des femmes au sein de la population active : Le repli économique dû à la COVID-19 cause plus de pertes d’emploi que toutes les autres récessions, Toronto, Ontario, Services économiques RBC.

Ce rapport traite des répercussions de la pandémie et de la récession qui en a résulté sur la progression des femmes sur le marché du travail. Il existe un lien direct entre, d’une part, les pertes d’emploi et la réduction des heures de travail chez les femmes et, d’autre part, l’augmentation des responsabilités de garde d’enfants que doivent assumer les familles. D’abord, les industries les plus durement touchées par cette récession sont à prédominance féminine, alors que celles qui avaient été les plus mises à mal lors des récessions antérieures étaient à prédominance masculine. Ensuite, les femmes sont plus susceptibles d’assumer les nouvelles responsabilités de garde d’enfants qui découlent des fermetures de garderies et d’écoles et de l’annulation des activités parascolaires. La combinaison de ces deux facteurs peut tenir les femmes à l’écart de la population active ou réduire leur nombre d’heures de travail plus longtemps que leurs homologues masculins, et ainsi nuire à leur progression de même qu’à leurs perspectives de carrière à long terme et à leurs conditions salariales.

Schirle, T. et Skuterud, M. (2020, 15 juillet). The Moms Are Not All Right (Les mères en arrachent). Intelligence Memos. Toronto (Ontario), Institut C.D. Howe.

(en anglais seulement)

En utilisant les données de l’Enquête sur la population active sur les heures travaillées, les auteurs constatent qu’en moyenne, les Canadiens travaillent plus d’heures en juin qu’en avril (lorsque les heures travaillées étaient à leur plus bas niveau). Toutefois, les femmes qui ont de jeunes enfants ne retrouvent pas aussi rapidement leur niveau d’heures de travail d’avant l’interruption que leurs homologues masculins, les Canadiens qui ont des enfants plus âgés ou ceux qui n’ont pas d’enfants. La première explication est que l’emploi et les heures travaillées se rétablissent plus rapidement dans les industries à prédominance masculine; dans l’ensemble, les hommes retournent au travail plus rapidement que les femmes. Deuxièmement, il arrive souvent que le parent ayant le plus fort potentiel de revenu retourne au travail, tandis que l’autre se concentrera sur la prestation de soins. Étant donné que les industries à prédominance masculine ouvrent plus rapidement, le parent masculin a plus de chances de retrouver un emploi à des heures presque régulières et à un revenu, presque régulier. Même si les femmes ont la possibilité de travailler plus d’heures, elles peuvent ne pas être en mesure de le faire en raison des obligations ménagères, qui semblent davantage incomber aux femmes qu’aux hommes.

Arriagada, P., Frank, K., Hahmann, T. et Hou, F. (2020, 14 juillet). Répercussions économiques de la COVID-19 chez les Autochtones. STATCAN COVID-19 : Des données aux connaissances, pour bâtir un Canada meilleur. No 45280001 au catalogue. Ottawa (Ontario) : Statistique Canada, Gouvernement du Canada.

Du 26 mai au 8 juin, Statistique Canada a mené un sondage auprès du public afin d’obtenir une rétroaction immédiate sur les répercussions de la COVID-19. Les participants comprenaient plus de 1 000 Autochtones et 35 000 Canadiens non autochtones. Comparativement aux répondants non autochtones, les participants autochtones ont exprimé plus souvent des niveaux de confiance inférieurs à l’égard de tous les paliers de gouvernement et des autorités de la santé publique. Ils ont également signalé que la COVID-19 avait une incidence forte ou modérée sur leur capacité de respecter leurs obligations financières. Parmi ceux qui ont déclaré cette incidence financière, 44 % ont déclaré avoir présenté une demande de soutien du revenu au gouvernement fédéral, comparativement à 50 % des répondants non autochtones.

Dicapua, A., Topping, J. et Tapp, S. (2020, 14 juillet). Le pire serait passé, selon un sondage d’EDC sur les effets de la COVID-19. Ottawa (Ontario) : Exportation et développement Canada (EDC).

Les entreprises s’adaptent à la COVID-19 en identifiant de nouvelles occasions d’affaires ou en soutenant la lutte contre la pandémie. Certaines ont réorienté la production vers de nouveaux produits et services ou donné la priorité aux produits actuellement très demandés. Toutefois, il est désormais évident que les entreprises, surtout dans les secteurs les plus durement touchés comme le tourisme, feront face à des défis à long terme. Dans un sondage mené en mai 2020 auprès des exportateurs canadiens au sujet des défis que pose la COVID-19, EDC a constaté qu’avril était le mois le plus bas et que les choses commencent à s’améliorer pour les exportateurs canadiens. Ils ont constaté que 83 % des entreprises avaient complètement ou partiellement rouvert leurs portes. Le plus grand défi pour les entreprises qui font des affaires à l’étranger est celui des restrictions de voyage. Dans l’ensemble, l’enquête révèle que le pire est derrière nous, mais que les exportateurs canadiens se préparent à d’éventuelles répercussions à long terme dans un an ou plus, surtout en ce qui concerne leur capacité de faire des affaires à l’extérieur du Canada.

Arriagada, P., K. Frank, T. Hahmann et F. Hou. 14 juillet 2020. « Répercussions économiques de la COVID-19 chez les Autochtones ». STATCAN ET LA COVID-19 : Des données aux connaissances, pour bâtir un Canada meilleur, no de catalogue 45280001, Ottawa, Ontario, Statistique Canada.

Entre le 26 mai et le 8 juin, Statistique Canada a réalisé une collecte de données selon l’approche participative sur l’impact de la COVID-19 sur les Canadiens. Cet article s’appuie sur les données issues de cette enquête pour analyser l’incidence économique de la pandémie de COVID-19 parmi les participants autochtones. D’après les résultats, ces derniers subiraient dans une plus forte proportion des conséquences financières moyennes ou importantes en raison de la pandémie, comparativement aux participants non autochtones. En outre, les participants autochtones auraient un niveau de confiance plus faible à l’égard de l’ensemble des ordres de gouvernement et des autorités de santé publique en ce qui a trait aux décisions de réouverture, par rapport aux participants non autochtones.

Gentilini, U. (BM), Almenfi, M. (BM) et Orton, I. (OIT) (2020, 10 juillet). Social Protection and Jobs Responses to COVID-19: A Real-Time Review of Country Measures (Réactions à la COVID-19 en matière de protection sociale et d’emploi : une revue en temps réel des mesures nationales).

Ce document évolutif préparé par la Banque mondiale et l’Organisation internationale du travail présente l’éventail des mesures de protection sociale qui ont été planifiées ou mises en œuvre par les gouvernements du monde entier pour atténuer les conséquences de la COVID-19. Les sources de données de cet inventaire comprennent des informations officielles publiées sur les sites web des gouvernements ou fournies directement par des experts locaux. Les auteurs ont l’intention de mettre à jour et de vérifier l’information de manière régulière.

OCDE. (2020, 7 juillet). OECD employment outlook 2020 : Worker security and the COVID-19 crisis (Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2020 : La sécurité des travailleurs et la crise de la COVID-19). Paris (France). Organisation de coopération et de développement économiques.

(en anglais seulement)

Afin d’assurer la sécurité des travailleurs et des entreprises touchés par la COVID-19, les pays de l’OCDE ont adopté diverses politiques de soutien du revenu et de l’emploi, notamment des prestations de chômage élargies et des programmes subventionnés de maintien de l’emploi. À mesure que les pays commencent à assouplir les restrictions et à reprendre leurs activités économiques et sociales, il est important de trouver un équilibre entre le soutien et l’encouragement de l’activité commerciale. Plus précisément, les pays devront prendre des décisions cruciales dans quatre domaines précis : 1) les règles relatives aux allocations de chômage, en particulier pour les travailleurs occupant des emplois atypiques; 2) la législation sur la protection de l’emploi et les réformes pour la sécurité des travailleurs, comme la limitation des licenciements et l’ajout de protections pour les travailleurs sous contrat temporaire; 3) la polarisation des emplois et les changements démographiques; 4) les résultats sur le marché du travail des jeunes diplômés de l’enseignement et de la formation professionnels.

Hou, F., Frank, K. et Schimmele, C. (2020, 6 juillet). Répercussions économiques de la COVID-19 chez les groupes de minorité visible. STATCAN ET LA COVID-19 : Des données aux connaissances, pour bâtir un Canada meilleur. No 45280001 au catalogue. Ottawa (Ontario). Statistique Canada, gouvernement du Canada.

Cette étude examine si les taux élevés de pauvreté préexistants chez les groupes de minorités visibles au Canada avant la pandémie de COVID-19 les rendent plus vulnérables aux risques financiers et aux répercussions financières. À l’aide du Recensement de 2016 et des données recueillies auprès du public, le rapport révèle qu’un tiers des répondants qui travaillaient avant la pandémie ont signalé une perte d’emploi ou une réduction des heures de travail. Les participants de race blanche et les membres des minorités visibles étaient tout aussi susceptibles de perdre leur emploi ou de réduire leurs heures de travail, sauf les Philippins et les Asiatiques de l’Ouest qui ont déclaré des pourcentages plus élevés, soit 42 % et 47 %, respectivement. Toutefois, l’étude révèle que les groupes de minorités visibles affichaient des pourcentages plus élevés de pertes de revenu fortes ou modérées comparativement aux répondants de race blanche. Après avoir tenu compte des différences entre les groupes en matière de perte d’emploi, de statut d’immigration, de statut d’emploi antérieur à la COVID, de scolarité et d’autres caractéristiques démographiques, l’écart entre les minorités visibles et les populations blanches a diminué, mais demeure encore important.

Nations Unies. (2020, 1er juillet). COVID-19 and tourism: Assessing the economic consequences (La COVID-19 et le tourisme : Évaluer les conséquences économiques). Genève (Suisse). Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).

(en anglais seulement)

Ce document examine les effets économiques des mesures de confinement de la COVID-19 sur le tourisme. Il estime les coûts directs et indirects de la fermeture de 65 secteurs dans 65 pays et régions. À l’échelle mondiale, les pertes dans le scénario le plus optimiste de réduction du tourisme sont estimées à 1,17 billion de dollars américains, ce qui représente environ 1,5 % du PIB mondial. En outre, les estimations des pertes d’emplois dans le secteur du tourisme varient entre 10 % et 40 % selon le pays et la gravité du choc. Ce document plaide également en faveur d’une aide gouvernementale à l’industrie du tourisme pour atténuer le coup.

Chernoff, A. W. et Warman, C. (2020, juillet). COVID-19 and implications for automation (La COVID-19 et ses répercussions sur l’automatisation). Document de travail du National Bureau of Economic Research no 27249, Cambridge (Massachussetts).

(en anglais seulement)

Ce rapport constate que l’automatisation des emplois pourrait être accélérée si les employeurs investissent dans la technologie pour éviter les effets de la COVID-19 et d’éventuelles futures pandémies sur leurs processus de production. À l’aide de l’information tirée de la base de données O*NET, les auteurs identifient les marchés du travail et les groupes démographiques locaux des États-Unis qui sont plus vulnérables à l’automatisation en raison des risques plus élevés de transmission d’infections. Leurs résultats suggèrent que les femmes sont confrontées à des risques plus importants, notamment les femmes ayant un niveau d’éducation moyen dans les secteurs des soins de santé, de l’administration et des services. Les résultats indiquent également que les régions du centre des États-Unis présentent la plus forte concentration d’emplois présentant un potentiel d’automatisation.

Fairlie, R. W. (2020, juillet). The impact of COVID-19 on small business owners: Continued losses and the partial rebound in May 2020 (L’incidence de la COVID-19 sur les propriétaires de petites entreprises : Pertes continues et reprise partielle en mai 2020). Document de travail du National Bureau of Economic Research no 27462, Cambridge (Massachussetts).

(en anglais seulement)

En avril 2020, 22 % des propriétaires de petites entreprises aux États-Unis étaient inactifs. À l’aide des données de la Current Population Survey (CPS), l’auteur démontre un rebondissement partiel en mai 2020. À partir du creux de 22 % enregistré en avril, le nombre de propriétaires d’entreprises actives a grimpé de 7 % pour atteindre 15 %. Dans l’ensemble, les propriétaires d’entreprises afro-américaines continuent d’être les plus durement touchés par la COVID-19, avec une baisse de 26 % de l’activité commerciale par rapport aux niveaux antérieurs à la COVID-19. Les propriétaires d’entreprises latino-américaines ont connu une baisse de 19 %, et pour les propriétaires d’entreprises asiatiques, la baisse a été de 21 %. Les entreprises appartenant à des immigrants ont également subi des pertes importantes, en baisse de 25 % par rapport à février 2020.

Andrew, A., S. Cattan, M. Costa Dias, C. Farquharson, L. Kraftman, S. Krutikova, A. Phimister et A. Sevilla. Juillet 2020. The gendered division of paid and domestic work under lockdown, document de travail IZA 13500, Bonn, Allemagne, Institut IZA d’économie du travail.

(en anglais seulement)

Ce document s’appuie sur un échantillon de parents en Angleterre, de familles à deux parents de sexe opposé, et porte sur la division du travail rémunéré et du travail ménager selon le sexe. Avant le début de la pandémie, les femmes étaient moins susceptibles que les hommes d’avoir un travail rémunéré, et plus susceptibles de passer plus de temps à faire du travail ménager et à s’occuper des enfants. La pandémie fait en sorte que les mères de famille sont plus à risque que les pères de famille de perdre leur emploi et, parmi celles qui travaillent encore, les mères consacrent moins de temps à un travail rémunéré et plus de temps à s’occuper de leurs enfants. Bien que le temps que consacrent les pères à la garde des enfants ait augmenté durant le confinement, les mères demeurent celles qui assument la majeure partie des responsabilités de garde d’enfants et de travail ménager.

Chetty R., Friedman J., Hendren N., et Stepner M. (2020, 17 juin). How Did COVID-19 and Stabilization Policies Affect Spending and Employment? A New Real-Time Economic Tracker Based on Private Sector Data (Comment la COVID-19 et les politiques de stabilisation ont-elles influé sur les dépenses et l’emploi? Un nouveau suivi économique en temps réel fondé sur les données du secteur privé. Centre Mossavar-Rahmani pour les entreprises et le gouvernement de la Harvard Kennedy School.

(en anglais seulement)

Dans cet article, les auteurs abordent les défis auxquels sont confrontés les décideurs politiques pendant la pandémie de COVID-19, en construisant une plateforme librement accessible. La plateforme suit l’activité économique à un niveau granulaire en temps réel à l’aide de données anonymes provenant d’entreprises privées américaines. Ils présentent plus particulièrement des statistiques hebdomadaires sur les dépenses de consommation, les revenus des entreprises, les taux d’emploi et d’autres indicateurs clés ventilés par comté, secteur d’activité et groupe de revenus. L’auto-isolement motivé par des préoccupations sanitaires a entraîné une réduction marquée des niveaux de consommation. Cependant, les réouvertures de l’économie ordonnées par l’État n’ont eu que peu d’effets sur l’emploi local. Les prêts du programme de protection des salaires ont également eu peu d’incidence sur la consommation et l’emploi dans les petites entreprises. Leur analyse suggère qu’il pourrait être plus utile d’atténuer les difficultés économiques par l’assurance sociale pendant une pandémie.

OCDE. (2020, 12 juin). COVID-19 and International Trade: Issues and Actions (La COVID-19 et le commerce international : enjeux et mesures). Paris.

(en anglais seulement)

Ce rapport de l’OCDE recommande quatre mesures que les pays peuvent prendre pour assurer la fluidité du commerce international pendant la COVID-19. La première mesure recommandée consiste à renforcer la confiance dans le commerce et les marchés internationaux en améliorant la transparence des mesures et des intentions en matière de politique commerciale. La deuxième mesure consiste à veiller à ce que les chaînes d’approvisionnement continuent de circuler, en particulier pour les produits essentiels comme les produits de santé et les denrées alimentaires. La troisième consiste à éviter les restrictions inutiles à l’exportation et les autres obstacles au commerce, car ces mesures ne feront qu’aggraver la situation. La quatrième et dernière mesure recommandée est de penser au-delà de l’immédiat, même au milieu d’une crise comme celle-ci.

Bennedsen, M., Larsen, B., Schmutte, I., et Scur, D. (2020, 9 juin). Preserving job matches during the COVID-19 pandemic: Firm-level evidence on the role of government aid (Préserver les emplois pendant la pandémie de COVID-19 : Preuves au niveau de l’entreprise sur le rôle de l’aide gouvernementale). Covid Economics Vetted and Real-Time Papers, publication no 27, p. 1 à 30. Londres (Royaume Uni), Centre for Economic Policy and Research.

(en anglais seulement)

Ce document examine les incidences de la pandémie de COVID-19 sur les entreprises qui bénéficient d’une aide gouvernementale. À partir d’un échantillon d’entreprises danoises, les auteurs constatent que le type d’aide le plus souvent utilisé comprend le soutien aux travailleurs en congé et les retards dans le paiement des impôts. En général, les entreprises qui ont reçu une aide signalent davantage de mises à pied temporaires et moins de mises à pied permanentes que les entreprises qui n’ont pas bénéficié d’une aide gouvernementale. En outre, le type d’aide utilisée par les entreprises influe sur leurs réactions. Les entreprises qui ont bénéficié d’une aide au travail signalent moins de mises à pied permanentes et plus de congés, tandis que les entreprises qui ont opté pour une aide aux coûts déclarent à la fois moins de mises à pied permanentes et moins de congés.

Stanford, J. (2020, 3 juin). 10 ways the COVID-19 pandemic must change work for good (10 façons dont la pandémie COVID-19 doit changer le travail pour de bon). Ottawa (Ontario), Centre canadien de politiques alternatives

(en anglais seulement)

Ce document recense dix changements qui permettront à la société de se reconstruire après la pandémie. Ces dix changements sont les suivants : 1. garantir des pratiques et de l’équipement de santé et de sécurité adéquats dans les lieux de travail; 2. reconfigurer les relations entre les lieux de travail; 3. fournir des congés de maladie payés adéquats et d’autres mesures de sécurité du revenu; 4. veiller à ce que le travail à domicile se déroule de façon équitable, sûre et durable; 5. limiter les pratiques d’emploi précaire et fournir un soutien décent aux travailleurs ayant des conditions de travail précaires; 6. se réjouir de l’augmentation inévitable du nombre d’emplois dans l’ensemble des fonctions et des services du secteur public; 7. réduire le recours aux stratégies de gestion, de dotation et de logistique « juste à temps »; 8. reconfigurer l’approche du Canada en matière de sécurité du revenu; 9. revaloriser le travail des professions qui se sont révélées essentielles au bien-être et à la sécurité du public pendant la pandémie; 10. assurer des structures adéquates de voix, de représentation et de pouvoir de négociation pour les travailleurs.

McKinsey & Company (2020, 1 juin). COVID-19: Briefing materials. Global health and crisis response (Documents d'information. Santé mondiale et réponse aux crises). New York (New York), McKinsey & Company.

(en anglais seulement)

Comme de nombreuses régions ont levé les mesures de santé publique et relancé leur économie, les incertitudes entourant la réduction des cas de COVID-19 pourraient persister. Tant l’Organisation mondiale de la Santé que les centres pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis indiquent la possibilité d’une résurgence de la COVID-19 à l’automne. Étant donné que le développement d’un vaccin est encore confronté à de grandes incertitudes, la société de conseil Mckinsey & Company conseille aux entreprises et aux gouvernements d’envisager de passer à l’Internet et de fixer des normes pour les lieux de travail à distance au cours des 18 à 24 prochains mois. Il est essentiel d’adapter la vitesse et la discipline pendant la crise, tout en surveillant l’environnement et en tirant des enseignements pour limiter l’incertitude plus rapidement qu’auparavant et renforcer les capacités de la « prochaine normalité ».

Brodeur, A., Gray, D., Islam, A., Bhuiyan, S. J. (2020, juin). A literature review of the economics of COVID-19 (Analyse documentaire de l’économie de la COVID-19). Document de travail IZA no 13411. Bonn, Allemagne : IZA Institute of Labor Economics.

(en anglais seulement}

Ce sondage examine la documentation émergente sur les conséquences économiques de la COVID-19 et les réponses gouvernementales qui en découlent. Les auteurs se concentrent sur le travail, la santé, le genre, la discrimination et les conséquences environnementales, et discutent des mesures de distanciation sociale et de diverses propositions de politiques.

Cavallo A. (2020, juin). Inflation with COVID Consumption Baskets (Inflation avec les paniers de consommation COVID). Document de travail du National Bureau of Economic Research no 27352, Cambridge (Massachussetts).

(en anglais seulement)

Les schémas de dépenses de consommation ont été fortement perturbés par les restrictions et les politiques de distanciation sociale dans de nombreux pays. L’auteur tente de démontrer la mesure du biais dans les indices des prix à la consommation (IPC) utilisés pour mesurer l’inflation. En utilisant des estimations obtenues à partir des transactions par carte de crédit et de débit aux États-Unis, l’auteur montre que le panier le plus consommé pendant la pandémie de COVID-19 a plus d’inflation que l’IPC officiel. La différence est importante et augmente au fil du temps, car les consommateurs dépensent davantage pour les aliments et les catégories semblables qui connaissent l’inflation, et moins pour le transport et les catégories connexes avec une déflation importante.

Galasso, V., Pons, V., Profeta, P., Becher, M., Brouard, S., et Foucault, M. (2020, juin). Gender Differences in COVID-19 Related Attitudes and Behavior: Evidence from a Panel Survey in Eight OECD Countries (Les différences entre les sexes dans les attitudes et les comportements liés à la COVID-19 : Résultats d’une enquête par panel dans huit pays de l’OCDE). Document de travail du National Bureau of Economic Research no 27359, Cambridge (Massachussetts).

(en anglais seulement)

L’article constate que les femmes sont plus susceptibles de considérer la COVID-19 comme un problème de santé très grave. Les auteurs ont utilisé les données de deux vagues d’une enquête menée en mars et avril 2020 dans huit pays de l’OCDE. Les différences d’attitudes et de comportements entre les sexes étaient significatives dans tous les pays et robustes après prise en compte de différents facteurs sociodémographiques, d’emploi et de comportement. Ces résultats peuvent avoir d’importantes répercussions sur les mesures de politique publique nécessaires pour empêcher la propagation de la COVID-19, puisque les changements de comportement comme la mobilité réduite ou le port de masques pourraient devoir être la « nouvelle norme ».

Holland, K. (2020, juin). Canada's Food Security During the COVID-19 Pandemic (La sécurité alimentaire du Canada pendant la pandémie de COVID-19). The School of Public Policy Publications, 13.

(en anglais seulement)

Comme l’explique le rapport, les défis causés par la COVID-19 ont mis en évidence des vulnérabilités dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire. Depuis le mois de mars, du côté de la demande, on s’inquiète de l’achat de biens par panique et de l’évolution des habitudes de consommation. Du côté de l’offre, le groupe le plus touché est celui des agriculteurs. Tout d’abord, la réduction de la capacité des installations de transformation de la viande a généré des goulots d’étranglement qui ont empêché le bétail d’atteindre le marché, ce qui a entraîné une perte de revenu pour ces agriculteurs. Deuxièmement, le calendrier est très important en agriculture : les cultures doivent être plantées et cultivées à des moments précis de l’année et ne peuvent être récoltées avant la fin du processus. Les pénuries de main-d’œuvre et d’approvisionnement ont entraîné des retards. Dans l’ensemble, cela crée une plus grande incertitude pour les agriculteurs et augmente leurs risques financiers. Le rapport demande aux décideurs de s’attaquer à l’insécurité alimentaire des Canadiens et à l’incertitude financière des agriculteurs à long terme.

Lemieux, T., Milligan, K., Schirle, T., et Skuterud, M. (2020, juin). Initial Impacts of the COVID-19 pandemic on the Canadian labour market (Répercussions initiales de la pandémie COVID-19 sur le marché du travail canadien). Série de documents de travail du Canadian Labour Economics Forum, no 26.

(en anglais seulement)

La pandémie de COVID-19 a provoqué un fort déclin de l’activité économique, sans précédent dans l’histoire économique. Les données de l’Enquête sur la population active montrent une baisse de 32 % du nombre total d’heures hebdomadaires travaillées entre février et avril 2020 pour les travailleurs âgés de 20 à 64 ans, ainsi qu’une baisse de 15 % de l’emploi pour le même groupe. En outre, près de la moitié de toutes les pertes d’emploi ont touché des travailleurs dont les revenus se situaient dans le quartile inférieur de la répartition des salaires. Les travailleurs des secteurs publics, comme la restauration et l’hébergement, les jeunes et les travailleurs rémunérés à l’heure ont subi une part disproportionnée des pertes d’emploi. Sous l’angle des politiques, de la réglementation sur la sécurité au travail — en particulier pour les travailleurs qui ont le moins de pouvoir de négociation — des politiques qui répondent aux besoins en matière de garde d’enfants et la recherche d’un juste équilibre entre l’aide au revenu et les mesures incitatives économiques au travail sont essentielles à une reprise efficace et réussie.

Lin, P.Z., et Meissner, C. M. (2020, juin). A Note on Long-Run Persistence of Public Health Outcomes in Pandemics (Une note sur la persistance à long terme des résultats en matière de santé publique dans les pandémies). Document de travail du National Bureau of Economic Research no 27119, Cambridge (Massachussetts).

(en anglais seulement)

À l’aide de données sur les villes des États-Unis, et un échantillon de pays, les auteurs ont trouvé des preuves qu’il existe une corrélation négative entre les résultats sur la santé (comme les taux de mortalité) pour les pandémies de COVID-19 et de grippe espagnole. Ce qui signifie que les endroits relativement peu touchés par la grippe espagnole en 1918 sur le plan de la mortalité étaient plus susceptibles d’être touchés au cours des premiers mois de la pandémie de COVID-19 et présentent aujourd’hui une mortalité plus élevée. Ils suggèrent également que le climat politique peut avoir une incidence sur les résultats en matière de santé, en particulier par la préparation et l’accès aux ressources. L’histoire nous a appris que les endroits (comme les pays de l’Asie de l’Est) qui ont été les plus touchés par le SRAS en 2002 ont compris l’importance de la préparation et semblent avoir eu une influence positive sur la préparation à la pandémie.

Papanikolaou, D., et Schmidt, L. D. W. (2020, juin). Working Remotely and the Supply-side Impact of Covid-19 (Le travail à distance et les répercussions de la Covid-19 sur l’offre d’emplois). Document de travail du National Bureau of Economic Research no 27330, Cambridge (Massachussetts).

(en anglais seulement)

À l’aide des données de l’enquête américaine sur l’emploi du temps (ATUS), les auteurs construisent un indicateur, « l’exposition professionnelle à la Covid-19 », pour saisir les perturbations de l’offre d’emplois associées à la pandémie dans l’ensemble des entreprises et des travailleurs. Ils construisent cette mesure en fonction des différences dans la capacité des travailleurs à travailler à distance entre les industries. Ils constatent que l’indice d’exposition varie considérablement d’un secteur à l’autre : il est faible pour les éditeurs de logiciels puisqu’une grande partie du travail de production peut être effectuée à distance, alors qu’il est très élevé pour la production de viande, où la plupart de leurs employés ne peuvent pas effectuer leur travail à distance. Dans les secteurs où les indicateurs d’exposition sont plus élevés (moins de capacité de travailler à distance), leur exercice a généré des baisses plus importantes de l’emploi, des réductions plus importantes de la croissance prévue des revenus et de moins bons rendements boursiers. Les travailleurs et travailleuses les plus touchés par cet exercice étaient les travailleuses moins bien rémunérées ayant de jeunes enfants.

Turcotte, M., et Hango, D. (2020, 28 mai). Incidence des conséquences économiques de la COVID-19 sur les préoccupations sociales des Canadiens. StatCan et la COVID-19 : des données aux connaissances, pour bâtir un Canada meilleur. No au catalogue 45280001. Ottawa (Ontario) : Statistique Canada, Gouvernement du Canada.

À l’aide du nouveau sondage en ligne de Statistique Canada, les Enquêtes sur les perspectives canadiennes, les auteurs examinent comment les préoccupations financières personnelles des Canadiens peuvent influer sur des questions liées à la cohésion sociale, comme le stress familial causé par l’isolement, la violence à la maison, le maintien des liens sociaux, la capacité de coopérer et de s’entraider, et le risque de désordre civil. Parmi les Canadiens âgés de 25 à 64 ans, 17 % ont affirmé que la COVID-19 aurait des répercussions majeures sur leur capacité de respecter leurs obligations financières et de répondre à leurs besoins essentiels (p. ex., prêts hypothécaires et services publics), et 25 % ont déclaré qu’ils perdraient probablement leur principal emploi ou leur principale source de revenus. Ces groupes étaient également plus susceptibles de s’inquiéter des répercussions sociales de la pandémie. Ils ont également constaté que les personnes ayant un faible niveau de scolarité et les immigrants ont fait état de préoccupations sociales plus importantes que les personnes ayant un niveau de scolarité plus élevé et les résidents nés au Canada.

OIT. (2020, 27 mai). Observatoire de l’OIT : le COVID-19 et le monde du travail, 4e édition. Genève (Suisse) : Organisation internationale du Travail.

Cette quatrième édition de l’Observatoire de l’OIT met à jour les estimations et les analyses sur les effets du COVID-19 sur le monde du travail. Les messages clés comprennent que 94 % des travailleurs du monde entier vivent dans des pays où des mesures de fermeture de lieu de travail sont en place. Leurs estimations suggèrent que le dépistage et la localisation des infections peuvent contribuer à réduire les pertes d’heures de travail (baisse de 10,7 %) jusqu’à 50 %. Ils soulignent également que les jeunes sont confrontés à de multiples chocs découlant de la crise du COVID-19, ce qui pourrait entraîner l’émergence d’une « génération de confinement ». L’OIT appelle à la mise en place de mesures politiques urgentes et à grande échelle afin d’éviter aux jeunes de subir des dommages durables.

Statistique Canada (2020, 27 mai). La santé mentale des Canadiens durant la pandémie de COVID-19. Le Quotidien. Ottawa (Ontario) : Gouvernement du Canada.

Statistique Canada a recueilli des données sur l’incidence de la COVID-19 sur la santé mentale au moyen d’un questionnaire en ligne auquel ont participé environ 46 000 Canadiens entre le 24 avril et le 1er mai. Près d’un quart des participants ont affirmé que leur santé mentale était passable ou mauvaise, tandis que plus de la moitié ont déclaré que leur santé mentale s’était détériorée depuis la mise en place des restrictions relatives à la distanciation physique. Les participants touchés financièrement par la COVID-19 sont plus sujets aux symptômes d’anxiété en raison des difficultés à remplir leurs obligations financières. Les jeunes sont également plus susceptibles de signaler une détérioration de leur santé mentale.

Green, D., Kesselman, J. R., et Tedds, L. (2020, 21 mai). Considerations for Basic Income as a COVID-19 Response (Points à considérer quant au revenu de base comme réponse à la COVID-19). The School of Public Policy Publications. Document d’information.

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L’efficacité de politiques comme la Prestation canadienne d’urgence pendant la pandémie a permis d’améliorer le profil du revenu de base en tant qu’option stratégique. Le but de cet article est de définir les questions clés auxquelles les auteurs estiment qu’il faut répondre pour décider si et comment mettre en œuvre un revenu de base, ou toute autre politique d’aide sociale. Leur message est que la conception et la mise en œuvre d’un revenu de base exigent une réflexion approfondie, complète et fondée sur des données probantes. Ces questions couvrent différents sujets, comme les principes pour définir une politique de revenu de base, les objectifs, les détails du programme, les conditions d’admissibilité, le montant de la prestation, le coût du programme, l’incidence du programme sur l’économie et les programmes de rechange ayant des objectifs similaires.

Jeon, S. H., et Ostrovsky, Y. (2020, mai 20). Les répercussions de la COVID -19 sur l’économie à la demande : préoccupations à court et à long termes. Statistique Canada.

Les auteurs font valoir que les répercussions de la COVID-19 sur les travailleurs à la demande seront probablement inégalement réparties et dépendront en grande partie de la nature ou du type de travail à la demande. Ils constatent que ces travailleurs sont surreprésentés dans l’industrie des services, qui a été durement touchée par la pandémie. Ils signalent que les effets immédiats de la pandémie dépendront de certaines caractéristiques, principalement l’âge, le lieu de résidence et l’industrie du travail. Les jeunes travailleurs à la demande sont plus susceptibles d’être touchés que ceux plus âgés qui peuvent avoir diverses sources de revenus (p. ex., pension). Les travailleurs à la demande du secteur des services professionnels, scientifiques et techniques peuvent être en mesure de continuer à travailler pendant la pandémie par rapport à ceux du secteur des services qui nécessitent des interactions en personne avec les clients. Les auteurs prédisent également que l’épidémie pourrait accélérer l’expansion des plateformes en ligne et des marchés d’approche participative, ce qui pourrait entraîner une augmentation de la taille de l’économie à la demande.

DeAntonio D. (2020, 14 mai). The Week Ahead – U.S., Europe, Asia-Pacific. High Technology Is North America’s Biggest Corporate Borrower (La semaine à venir — États-Unis, Europe, Asie Pacifique. La haute technologie est la plus grande société emprunteuse en Amérique du Nord). Moody’s Analytics.

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Selon le Bureau of Labor Statistics (Bureau de la statique du travail aux États-Unis [BLS]), le taux de chômage aux États-Unis et la mesure de la sous-utilisation de la main-d’œuvre ont bondi à 14,7 % et à 22,8 %, respectivement, en avril 2020. Cependant, les deux mesures sous-estiment l’économie actuelle puisque de nombreux travailleurs qui étaient absents en raison des fermetures d’entreprises liées à la COVID-19 sont classés comme « employés, mais absents du travail » par opposition aux chômeurs. L’auteur constate également que le nombre de travailleurs qui passent de l’état d’employé à celui de non-actifs était supérieur de 5 millions par rapport à un mois d’avril type. La prise en compte de ces deux facteurs porterait le taux de chômage et le taux de sous-utilisation de la main-d’œuvre à plus de 22 % et de 30 % respectivement.

Vancouver School of Economics (2020, 14 mai). VSE COVID-19 Risk/Reward Assessment Tool (Outil d’évaluation de l’École d’économie de Vancouver sur les risques et la rémunération concernant la COVID-19). Université de la Colombie-Britannique.

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L’outil d’évaluation de l’École d’économie de Vancouver sur les risques et la rémunération concernant la COVID-19 compare les risques et les avantages de la réouverture de différents secteurs de l’économie en Colombie-Britannique (plus de 300 professions dans plus de 100 industries). Il comporte une figure interactive et un tableau qui fournit des renseignements plus détaillés sur les risques associés à des secteurs et des professions en particulier. L’analyse des risques est présentée selon trois grandes catégories : les risques associés au travail dans une profession donnée (« Description de poste détaillée »), l’importance du secteur dans l’économie de la Colombie-Britannique (« Détails des facteurs économiques ») et les risques associés à des facteurs extérieurs au lieu de travail. (« Détail des ménages »).

Landier, A., et Thesmar, D. (2020, 13 mai). Earnings Expectations in the COVID Crisis (Attentes en matière de gains dans le cadre de la crise de la COVID ). Document de travail du National Bureau of Economic Research no w27160.

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Afin de mieux comprendre comment le marché boursier a réagi à la pandémie de COVID-19, l’étude analyse les prix des actions et les estimations des gains futurs à partir de la base de données du système d’estimation des courtiers institutionnels (IBES). Les auteurs décrivent tout d’abord la dynamique des attentes à l’égard des gains futurs des sociétés. Ils montrent que la structure des échéances des prévisions de gains a changé au cours des mois de mars, d’avril et de mai 2020 d’une manière qui s’écarte de la documentation sur les attentes et les rendements des actions. Deuxièmement, ils constatent que les chocs des taux d’actualisation constituent le principal moteur de l’évolution en V des prix des actions.

Harris, J. E. (2020, 12 mai). Reopening Under Covid-19: What to Watch for (Réouverture dans le cadre de la Covid-19 : Ce qu’il faut surveiller). Document de travail du National Bureau of Economic Research no w27166).

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L’auteur utilise diverses études de cas aux États-Unis pour analyser la qualité des indicateurs d’état de la COVID-19 ainsi que les politiques sociales et sanitaires utilisées pour contenir le virus à l’échelle locale. Un ensemble d’indicateurs d’état efficaces doit produire de l’information fiable, exacte et opportune sur les tendances, la propagation et d’autres indicateurs clés, comme les taux de morbidité, à l’échelle locale. L’objectif de cet exercice consiste à trouver des mesures et des stratégies existantes pour surveiller la COVID-19 qui peuvent être utilisées dans l’ensemble des États-Unis à la faveur de la réouverture de l’économie. En utilisant les résultats observés dans des endroits comme le Wisconsin et le comté d’Orange, il trouve que les tests universels sont le moyen le plus efficace de surveiller les tendances. De plus, le couplage des tests aux statistiques et aux résultats générés par les hôpitaux et d’autres établissements de soins de santé améliore la profondeur et la rapidité de la surveillance de la COVID-19.

Statistique Canada. (2020, mai 12). Répercussions de la pandémie de COVID-19 sur les étudiants du niveau postsecondaire. Le Quotidien : Statistique Canada.

Entre le 19 avril et le 1er mai, Statistique Canada a recueilli des données au moyen d’un questionnaire en ligne auprès de plus de 100 000 étudiants du niveau postsecondaires au sujet de l’incidence de la pandémie de COVID-19 concernant leur situation sur le plan des études, du marché du travail et des finances. La plupart des participants signalent une perturbation de leurs études en raison de la pandémie et du fait que celle-ci a eu des répercussions majeures sur leur projet d’emploi. De nombreux étudiants se disent également très préoccupés par leur situation financière en raison de la COVID-19.

Statistique Canada. (2020, mai 11). Répercussions de la COVID-19 sur les petites entreprises au Canada. Le Quotidien : Statistique Canada.

Statistique Canada a recueilli des données auprès de 12 600 entreprises, qui ont participé à un questionnaire en ligne du 3 au 24 avril sur la façon dont la COVID-19 a affecté leur entreprise. Les résultats révèlent que les petites entreprises (moins de 100 employés) étaient plus susceptibles de déclarer que leurs revenus du premier trimestre avaient diminué de 20 % ou plus (par rapport au premier trimestre de l’an dernier) que celles qui comptaient plus de 100 employés. Statistique Canada a également constaté que près de 41 % des entreprises ont déclaré avoir mis à pied des employés, comparativement à 80 % des petites entreprises. Les petites entreprises étaient également plus susceptibles de demander du crédit aux institutions financières pour couvrir les frais d’exploitation en raison de la COVID-19 et étaient légèrement plus nombreuses à faire reporter leur loyer.

Rojas, F. L., Jiang, X., Montenovo, L., Simon, K., Weinberg, B. A., et Wing, C. (2020, mai). Is the Cure Worse than the Problem Itself? Immediate Labor Market Effects of COVID-19 Case Rates and School Closures in the U.S. (Le remède est-il pire que le problème lui-même? Effets immédiats sur le marché du travail des taux de cas de COVID-19 et des fermetures d’écoles aux États-Unis). Document de travail du National Bureau of Economic Research no 27127, Cambridge (Massachussetts).

(en anglais seulement)

Cet article examine si le choc de la pandémie de COVID-19 sur la santé publique à l’échelle nationale ou des politiques d’atténuation de chaque État a eu un effet plus important sur l’augmentation du taux de chômage aux États-Unis. Les auteurs constatent que l’augmentation sans précédent du nombre de nouvelles demandes de prestations d’assurance-chômage entre le 15 et le 21 mars et entre le 22 et le 28 mars a été similaire dans tous les États, ce qui donne à penser que la plupart des répercussions sur le marché du travail étaient attribuables à la réaction nationale au choc sanitaire lui-même plutôt qu’aux politiques individuelles des États (comme les fermetures d’écoles) visant à contrôler la propagation du virus.

Acemoglu D., Chernozhukov V., Werning I. et Whinston M. (2020, mai). A Multi-Risk SIR Model with Optimally Targeted Lockdown (Un modèle SIR multirisques et un confinement parfaitement ciblé). Document de travail du National Bureau of Economic Research no 27102.

Ce document se sert du modèle SIR (Susceptible/Sain, Infecté, Rétabli) pour aider les chercheurs et les décideurs politiques à mieux comprendre la propagation et l’endiguement éventuel d’une infection dans un contexte où les personnes guéries sont immunisées contre la maladie et où, par conséquent, la population susceptible diminue au fil du temps. À partir de trois groupes, soit les jeunes (20 à 44 ans), les personnes d’âge moyen (45 à 65 ans) et les personnes âgées (65 ans et plus), les auteurs mènent une analyse quantitative de la politique optimale. Une approche qui traite ces trois groupes de manière uniforme et implique un confinement relativement long et strict entraînerait de grands dommages économiques et des taux de mortalité élevés chez les personnes âgées. De meilleurs résultats sociaux sont possibles grâce à des politiques ciblées qui traitent ces trois groupes différemment. Par exemple, un confinement strict pour le groupe le plus âgé peut minimiser à la fois les pertes économiques et les décès.

Adler, D., et Breznitz, D. (2020, mai). Reshoring Supply Chains: A Practical Policy Agenda (La restructuration des chaînes d'approvisionnement : un programme politique pratique). American Affairs, vol. IV, no 2.

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Aux États-Unis, la crise de la COVID-19 a révélé que la majorité des produits dont les Américains ont besoin et qu’ils utilisent, comme les masques et les ventilateurs, sont fabriqués à l’étranger. Cet article préconise une politique qui examine les grandes questions économiques entourant la délocalisation et trouve des moyens de ramener plus de production aux États-Unis. Les auteurs soutiennent que la restructuration des secteurs clés peut réduire les inégalités économiques et offrir davantage de possibilités d’emploi au secteur manufacturier.

Aum S., Lee S., Shin Y. (2020, mai). COVID-19 doesn’t need lockdowns to destroy jobs: The effect of local outbreaks in Korea (La COVID-19 n’a pas besoin de confinement pour détruire les emplois : l’effet des épidémies locales en Corée). Document de travail du National Bureau of Economic Research no 27264, Cambridge (Massachussetts).

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En utilisant un modèle d’écart dans les différences, les auteurs estiment l’effet causal de l’épidémie de COVID-19 sur le marché du travail en examinant les pays qui ont mis en œuvre un confinement sévère et les pays comme la Corée qui ne l’ont pas fait. Leurs estimations impliquent qu’une augmentation de 1 pour mille des infections entraîne une baisse de 2 à 3 % de l’emploi local en l’absence de mesures de confinement, alors que cette baisse varie entre 5 et 6 % dans les pays (comme les États-Unis et le Royaume-Uni) qui ont mis en œuvre des mesures de confinement à grande échelle. Cela suggère que la COVID-19 elle-même est responsable d’une part considérable des pertes d’emplois. Par conséquent, la levée des mesures de confinement partout dans le monde pourrait n’entraîner qu’une modeste reprise, à moins que les taux d’infection ne diminuent.

Barrero, J. M., Bloom, N., & Davis, S. J. (2020, mai). COVID-19 is also a reallocation shock. Document de travail du Becker Friedman Institute no 2020-59.

Les auteurs s’appuient sur les prévisions d’emploi au niveau des entreprises tirées de l’enquête sur l’incertitude des entreprises et estiment que 42 % des récents licenciements aux États-Unis entraîneront une perte d’emploi permanente. Ils prévoient une reprise économique prolongée après les perturbations causées par la COVID-19, même si la pandémie est largement maîtrisée en quelques mois. Les auteurs suggèrent également que les niveaux de prestations de chômage qui dépassent les revenus des travailleurs, les politiques qui subventionnent le maintien en poste des employés, les restrictions relatives aux permis de travail et les obstacles réglementaires à la création d’entreprises entraveront les réponses de réaffectation après le choc de la COVID-19.

Beland, L., Brodeur, A., Mikola, D., et Wright, T. (2020, mai). The Short-Term Economic Consequences of COVID-19: Occupation Tasks and Mental Health in Canada (Les conséquences économiques à court terme de la COVID-19 : Tâches professionnelles et santé mentale au Canada). IZA DP no 13254.

Les auteurs étudient les répercussions négatives de la pandémie sur le chômage, la participation à la population active, les heures de travail et les salaires au Canada. Ils constatent que les effets les plus importants sont observés chez les travailleurs plus jeunes, non mariés et moins instruits. Leurs résultats suggèrent également que les répercussions de la pandémie ont été beaucoup plus prononcées pour les travailleurs plus exposés à la maladie et pour ceux qui travaillent à proximité de leurs collègues, tandis que les effets sont beaucoup moins graves pour les travailleurs essentiels et pour ceux qui peuvent travailler à distance. De plus, en utilisant l’Enquête sur les perspectives canadiennes et en ce qui concerne les conséquences sur la santé mentale, les auteurs trouvent que les personnes absentes du travail en raison de la COVID-19 sont plus susceptibles d’exprimer leur crainte quant au respect de leurs obligations financières et à la perte de leur emploi.

Borjas, G. J., et Cassidy, H. (2020, mai). The Adverse Effect of the COVID-19 Labor Market Shock on Immigrant Employment (Le bouleversement du marché du travail provoqué par la COVID-19 affecte l’emploi des immigrants). Document de travail du National Bureau of Economic Research no 27243, Cambridge (Massachusetts).

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Cet article révèle que le bouleversement du marché du travail provoqué par la COVID-19 a entraîné des changements notables dans les taux de recherche d’emploi et de perte d’emploi parmi les hommes immigrants et non immigrants (natifs) aux États-Unis, en inversant le groupe qui avait le plus de chances d’avoir un emploi. Dans l’ensemble, les hommes issus de l’immigration sont devenus relativement plus susceptibles de perdre un emploi et relativement moins susceptibles d’en trouver un, par rapport aux natifs.

Campello, M., Kankanhalli, G., et Muthukrishnan, P. (2020, mai). Corporate Hiring under COVID-19: Labor Market Concentration, Downskilling, and Income Inequality (Embauche dans les entreprises dans le cadre de la COVID-19 : Concentration du marché du travail, baisse des qualifications et inégalités des revenus). Document de travail du National Bureau of Economic Research no 27208, Cambridge (Massachusetts).

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Cet article examine l’incidence de la COVID-19 sur les offres d’emploi. Les auteurs utilisent les données de Linkup, fournisseur de données et d’analyses sur le marché du travail aux États-Unis, et constatent que les entreprises ont réduit les offres d’emploi pour les postes hautement spécialisés par rapport aux emplois peu spécialisés. La réduction de l’embauche, en particulier celle des travailleurs hautement qualifiés (appelée «baisse du niveau des compétences»), est plus marquée en milieu défavorisé et dans les domaines à plus forte inégalité. Les auteurs signalent aussi que les compressions d’effectifs ont été plus importantes dans les secteurs syndiqués. Cette étude aborde également les défis importants auxquels sont confrontés les décideurs politiques pour promouvoir la création d’emplois au moment de la reprise des activités après la pandémie.

Cicala, S., Holland, S. P., Mansur, E. T., Muller, N. Z., et Yates, A. J. (2020, mai). Expected Health Effects of Reduced Air Pollution from COVID-19 Social Distancing (Effets attendus sur la santé de la réduction de la pollution atmosphérique grâce à la distanciation sociale de la COVID-19). Document de travail du National Bureau of Economic Research no w27135.

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Ce document examine les répercussions des mesures distanciation sociale sur les émissions et les effets attendus sur la santé aux États-Unis grâce à la réduction des déplacements en véhicule personnel et de la consommation d’électricité. Les auteurs ont constaté, en utilisant les des données de mobilité des téléphones cellulaires, que les déplacements en véhicule avaient chuté de 40 % à la mi-avril et que la consommation d’électricité avait diminué d’environ 6 % au cours de la même période. Ils estiment qu’un mois de distanciation sociale a permis de réduire de 360 le nombre de décès prématurés attendus en raison de la pollution atmosphérique causée par les déplacements en véhicule personnel et la consommation d’électricité (25 % de la base de référence de 1500 décès). Ils estiment également que les émissions de CO2 de ces sources ont diminué de 46 millions de tonnes métriques.

Coibion, O., Gorodnichenko, Y., & Weber, M. (2020, mai). The cost of the COVID-19 crisis: Lockdowns, macroeconomic expectations, and consumer spending. Document de travail du National Bureau of Economic Research no 27141.

Les auteurs utilisent des enquêtes à grande échelle représentatives des ménages américains pour évaluer les répercussions des différences de temps sur le confinement local dû à la COVID-19 quant aux dépenses des ménages, aux pertes de revenus ou de patrimoine et aux attentes macroéconomiques. Les auteurs constatent une baisse importante des dépenses de consommation et une réduction marquée des revenus et du patrimoine. Près de 50 % des répondants ont déclaré des pertes de patrimoine allant de 5 293 $ à 33 482 $. Les ménages qui résident dans des comtés où le confinement local est survenu plus tôt prévoient que le taux de chômage sera supérieur de 13 points de pourcentage au cours des douze prochains mois et qu’il continuera d’augmenter au cours des trois à cinq prochaines années. Une inflation plus faible, une plus grande incertitude et des taux hypothécaires plus bas sont également attendus au cours de la prochaine décennie. Les auteurs notent que leur analyse se limite aux effets immédiats des mesures de confinement et que, par conséquent, leurs conclusions sous-estiment probablement les répercussions de la pandémie.

Environics Institute for Survey Research. (2020, mai). Changement du point de vue des Canadiens sur l’emploi : Sondage 2020 sur l’emploi et les compétences : Rapport préliminaire. Toronto (Ontario).

L’Environics Institute for Survey Research, en partenariat avec le Centre des Compétences futures et le Diversity Institute de l’Université Ryerson, a mené le sondage 2020 sur l’emploi et les compétences. Les auteurs constatent que les Canadiens n’ont pas perdu confiance en eux ni en la sécurité de la société en raison de l’incidence de la pandémie de COVID-19. Parmi les répondants, 54 % ont déclaré qu’ils pensaient pouvoir rebondir rapidement après des moments difficiles en pleine pandémie. Les personnes ayant un niveau de scolarité et de revenu plus élevé ont rapporté des niveaux de confiance plus élevés et les travailleurs occupant des emplois plus précaires ont déclaré qu’ils étaient certains d’accéder aux ressources dont ils ont besoin.

Fairlie, R. W., et Couch. K., Xu H. (2020, mai). The Impacts of COVID-19 on Minority Unemployment: First Evidence from April 2020 CPS Microdata (Les répercussions de la COVID-19 sur le chômage des minorités : premières données probantes des microdonnées du Current Population Survey (CPS) d’avril 2020). Document de travail du National Bureau of Economic Research no 27246, Cambridge (Massachussetts).

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À l’aide des microdonnées du CPS jusqu’en avril 2020, les auteurs étudient les répercussions de la COVID-19 sur le taux de chômage des minorités en appliquant un modèle d’écart dans les différences. Leurs résultats révèlent une augmentation du taux chômage des Afro-Américains à 16,6 %, soit moins que prévu compte tenu des récessions précédentes, tandis que le taux de chômage des Latinx a atteint 18,2 % (Latinx est un néologisme sans distinction de genre qui fait référence aux personnes d’identité culturelle ou ethnique latino-américaine aux États-Unis). L’écart dans les différences indique que les Afro-Américains ont été touchés de façon légèrement disproportionnée par la COVID-19, car une répartition légèrement favorable de l’industrie les a en partie protégés d’être plus durement touchés. Cependant, les Latinx ont été touchés de façon fortement disproportionnée en raison des différences de profession et de compétences par rapport aux personnes de race blanche.

Forum économique mondial (2020, mai). COVID-19 Risks Outlook : A Preliminary Mapping and Its Implications (Perspectives de risques liés à la COVID-19 : une cartographie préliminaire et ses répercussions). En partenariat avec Marsh & Mclennan et Zurich Insurance Group.

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Le rapport donne un aperçu préliminaire des risques amplifiés et émergents dus à la crise du coronavirus en s’appuyant sur les avis de près de 350 professionnels du risque qui ont participé à l’enquête COVID-19 sur la perception des risques. Quatre domaines clés de défis importants ressortent de l’enquête en tant que préoccupations mondiales : les risques économiques, les risques environnementaux, les risques sociétaux et les risques liés à la cybersécurité. Selon toute vraisemblance, une récession prolongée de l’économie mondiale au cours des 18 prochains mois est à prévoir, car l’activité économique est fortement réduite en raison de la COVID-19. Les nouvelles pratiques de travail sont plus susceptibles d’être touchées par les cyberattaques et la fraude de données si aucune mesure proactive n’est prise aujourd’hui pour façonner la nouvelle normalité souhaitée. Cette crise offre une occasion unique de façonner un monde meilleur.

Furceri, D., P. Loungani, J. D. Ostry et P. Pizzuto. (2020, mai 1). Will Covid-19 affect inequality? Evidence from past pandemics. COVID Economics. CEPR, no 12, p. 138 à 157.

Comme le coefficient de Gini a augmenté à l’échelle mondiale à la suite d’autres pandémies récentes, comme la grippe H1N1, les auteurs étudient les répercussions potentielles de la COVID-19 sur l’inégalité des revenus. L’ensemble de données provient de diverses sources, dont la Banque mondiale et l’Organisation internationale du Travail. Ils estiment les fonctions de réponse impulsionnelle pour analyser les effets possibles de la COVID-19 sur l’inégalité des revenus à l’avenir. Ils concluent que les effets de la COVID-19 sur l’inégalité seront plus importants que ceux d’autres pandémies récentes. Ils estiment une hausse des parts de revenus dans les déciles de revenu supérieur et une réduction du ratio emploi-population pour les personnes ayant un niveau d’éducation de base par rapport à celles ayant fait des études supérieures.

Granja, J., Makridis, C., Yannelis, C. et Zwick, E. (2020, mai). Did the paycheck protection program hit the target? (Le programme de protection des salaires a-t-il atteint son objectif?). Document de travail du National Bureau of Economic Research no 27095.

Ce document examine le nouveau programme de protection des salaires qui faisait partie de la réponse initiale des États-Unis à la COVID-19. En utilisant des données sur la distribution des prêts du programme et des données microéconomiques de haute fréquence sur l’emploi, les auteurs ont constaté que les prêts étaient accordés de manière disproportionnée dans les régions moins touchées par la crise. Les régions exposées à des banques ayant une part plus élevée de prêts du programme par rapport à leur part de marché des prêts aux entreprises avant l’adoption de la politique ont reçu un total disproportionné de prêts du programme.

Jinjarak, Y., Ahmed, R., Nair-Desai, S., Xin, W., et Aizenman, J. (2020, mai). Accounting for Global COVID-19 Diffusion Patterns, January-April 2020 (Comptabilisation des schémas de diffusion mondiaux de la COVID-19, janvier-avril 2020). Document de travail du National Bureau of Economic Research no w27185.

(en anglais seulement)

Dans le but de comprendre les schémas de diffusion de la pandémie mondiale, cette étude examine la relation entre les taux de mortalité de la COVID-19 et les interventions politiques explicites au niveau des pays qui visent à limiter les contacts sociaux. Ils utilisent l’information sur les données relatives aux politiques et aux cas de la COVID-19 recueillies par l’Université Oxford et l’Université Johns-Hopkins, les données sur la mobilité d’Apple et divers contrôles, ainsi que les données de l’OCDE et des marchés émergents durant les 97 premiers jours de la pandémie. Les auteurs constatent que des politiques plus rigoureuses en matière de pandémie ont entraîné une baisse des taux de croissance de la mortalité. En outre, les pays qui avaient mis en place des politiques plus strictes avant le premier décès dû à la COVID-19 présentaient des taux de mortalité plus faibles et des courbes de mortalité plus aplaties. Cet effet est plus prononcé dans les pays où la population vieillit, où la densité de la population est plus élevée, où la proportion de travailleurs occupant des emplois vulnérables est plus importante, où la liberté démocratique est plus grande, où les voyages internationaux sont plus nombreux et où la distance par rapport à l’équateur est plus grande.

Mongey, S., Pilossoph, L. et Weinber, A. (2020, mai). Which workers bear the burden of social distancing policies? (Quels travailleurs portent le fardeau des politiques d’éloignement social?). Document de travail du National Bureau of Economic Research no 27085.

Grâce à deux indicateurs créés à partir des données de l’Occupational Information Network (O*NET) des États-Unis, il est démontré que les travailleurs exerçant des professions où la possibilité de travailler à distance est peu probable ou dans lesquelles il existe un degré élevé de proximité physique sur le lieu de travail, en moyenne et en général, sont moins instruits, ont des revenus plus faibles, possèdent moins de liquidités et sont locataires de leur domicile plutôt que propriétaires. De plus, les travailleurs occupant des professions moins susceptibles d’être exercées de la maison ont connu des pertes d’emploi plus importantes que les autres.

Nations Unies (2020, mai). Note d’orientation – Les conséquences de la COVID-19 sur les personnes âgées.

Cette note d’orientation des Nations Unies décrit les effets de la COVID-19 et précise les réponses politiques immédiates et à plus long terme nécessaires pour protéger les personnes âgées, dont le taux de mortalité est cinq fois plus élevé que les autres groupes d’âge durant la pandémie. Les auteurs recommandent de renforcer l’inclusion sociale des personnes âgées et la solidarité lors de l’éloignement physique en augmentant leur accès aux technologies numériques, ainsi que de protéger leur vulnérabilité en investissant dans la couverture médicale universelle et la protection sociale et en renforçant le cadre juridique national et international. De plus, les risques auxquels sont exposées les personnes âgées dans l’accès aux soins de santé doivent être correctement surveillés et pleinement pris en compte.

Organisation internationale du travail. (2020, 29 avril). Observatoire de l’OIT 3e édition : le COVID-19 et le monde du travail, estimations actualisées et analyses. 

Dans cette édition, l’OIT met à jour ses estimations et analyses de l’effet de la COVID-19 sur le monde du travail. Les principaux messages sont les suivants : la proportion de travailleurs vivant dans des pays où les fermetures de lieux de travail sont recommandées ou obligatoires est passée de 81 % à 68 % au cours des deux dernières semaines, une diminution principalement due à la réouverture des lieux de travail en Chine. Le temps de travail global au deuxième trimestre devrait être de 10,5% inférieur à celui du dernier trimestre d’avant la crise. Cela équivaut à 305 millions d’emplois à temps plein. Les estimations indiquent également que parmi les groupes régionaux, les Amériques (12,4 %) et l’Europe et l’Asie centrale (11,8 %) connaîtront la plus grande perte d’heures de travail. Le rapport souligne également les vulnérabilités des travailleurs autonomes dans les pays émergents et en développement.

C.D. Howe Institute. (2020, 24 avril). Restart playbook must balance risk with economic cost (Le programme de relance doit trouver un équilibre entre le risque et le coût économique). COVID-19 Crisis Business Continuity and Trade Working Group.

Le C.D. Howe Institute a créé un groupe de travail constitué d’experts de l’industrie et d’économistes, qui se réunit chaque semaine pour cerner les défis politiques liés à la COVID-19 et établir les priorités en la matière. Dans son dernier communiqué, le groupe de travail fait plusieurs recommandations pour relancer l’économie canadienne après les récentes fermetures. Plus précisément, il note que les gouvernements provinciaux sont les mieux placés pour déterminer quand et comment assouplir les mesures d’urgence, mais suggère que le gouvernement fédéral établisse les conditions préalables appropriées selon l’avis des experts en santé publique. Les décideurs politiques devront également définir les niveaux acceptables de risque de transmission et fournir un cadre de travail pour l’évaluation du risque en milieu de travail. De plus, le gouvernement fédéral devrait examiner la meilleure façon d’éliminer progressivement les prestations d’urgence offertes (c’est-à-dire la Prestation canadienne d’urgence et la Subvention salariale d’urgence du Canada).

Ding, W., Levine, R., Lin, C. et Xie, W. (2020, 23 avril). Corporate Immunity to the COVID-19 Pandemic (L’immunité des entreprises face à la pandémie de COVID-19). Document de travail du National Bureau of Economic Research no 27055.

Cette étude examine les caractéristiques des entreprises établies avant 2020 qui rendent les rendent plus résistantes aux conséquences de la pandémie de COVID-19. Les auteurs comparent la performance du cours de l’action de plus de 6 000 sociétés dans 56 pays au premier trimestre de 2020, en tenant compte de cinq caractéristiques : la situation financière (p. ex., le flux de trésorerie ou la rentabilité), l’exposition de la chaîne d’approvisionnement mondiale et de la localisation des clients à la COVID-19, les activités de responsabilité sociale des entreprises (RSE), les systèmes de gouvernance et les structures de propriété. L’étude révèle que le cours de l’action des sociétés dont la situation financière antérieure à 2020 était plus solide a mieux réagi à la situation que celui des autres entreprises. sDe même, les sociétés dotées de politiques de RSE plus poussées, d’une structure d’entreprise flexible et d’un actionnaire majoritaire important ont aussi connu de meilleures réponses quant au prix des actions.

Schmitt-Grohé, D., Teoh, K. et Uribe, M., (2020, 21 avril), COVID-19: Testing Inequality in New York City (COVID-19 : inégalité des tests à New York). Document de travail du National Bureau of Economic Research no 27019.

À partir des données du département de la Santé et de l’Hygiène mentale de la Ville de New York et de l’American Community Survey, ce document révèle que les tests de dépistage de COVID-19 ont suivi la même distribution par code postal que les niveaux de revenus. En effet, les 10 % de la population vivant dans les zones les plus riches ont reçu 11 % des tests, et les 10 % des zones les plus pauvres, 10 %. Bien que les tests soient répartis de manière égale entre les différentes catégories de revenus, les résidents des quartiers à faibles revenus sont beaucoup plus nombreux à obtenir un résultat positif, soit 65 % comparativement à la moyenne de 50 %. Par conséquent, comme la COVID-19 est plus répandue dans les zones aux revenus les plus faibles, la proportion égale de tests reflète l’inégalité d’accès entre les catégories de revenus.

St-Denis, X. (2020, 19 avril). Sociodemographic determinants of occupational risks of exposure to COVID-19 in Canada (Déterminants sociodémographiques des risques professionnels d’exposition à la COVID-19 au Canada). Tiré du site web de l’auteur.

Ce document explore comment les risques d’exposition professionnelle varient selon les caractéristiques de la main-d’œuvre dans le contexte canadien, à l’aide de données du recensement et de O*Net qui fournissent de l’information sur les niveaux de proximité physique des autres et sur la fréquence d’exposition aux infections ou aux maladies par profession. L’étude révèle que les femmes exercent des professions associées à des risques d’exposition à la COVID-19 nettement plus élevés que les hommes. Les professions en santé, en ventes et services et en droit et services sociaux, communautaires et gouvernementaux présentent un risque d’exposition plus élevé que les autres catégories professionnelles.

Bien que les travailleurs âgés de 65 ans et plus exercent des professions dont le degré de proximité physique est moindre, la fréquence d’exposition des travailleurs âgés à la maladie est légèrement supérieure à celle des jeunes travailleurs. Il existe des différences minimes dans le risque professionnel d’exposition à la COVID-19 auquel font face les travailleurs nés au Canada et les travailleurs immigrés. Enfin, en ce qui a trait aux niveaux de revenus, les travailleurs à faible revenu exercent des professions qui les exposent davantage à la COVID-19 que les autres travailleurs, et ils sont davantage susceptibles d’être fortement dissuadés financièrement de s’absenter du travail s’ils contractent le virus, ce qui peut augmenter le risque de transmission sur le lieu de travail.

Amarasinghe, U., Motha-Pollock, A., Felder, M. et Oschinski, M. (2020, 17 avril). COVID-19 and Ontario’s Sales and Service Workers: Who is most vulnerable? (La COVID-19 et les travailleurs des ventes et services de l’Ontario : qui sont les plus vulnérables?). MaRS.

En se concentrant sur les ventes et les services en Ontario, MaRS se sert des données de l’EPA de mars 2020 pour mesurer la vulnérabilité des travailleurs au risque d’exposition à la COVID-19. Pour cette étude, ils ont établi une correspondance entre la liste des lieux de travail essentiels en Ontario et les industries (SCIAN). Ils ont aussi utilisé la méthodologie du New York Times et du Brookfield Institute pour deux scores : l’exposition à la maladie et la proximité physique des autres, par profession. Les résultats suggèrent que près de 70 % des travailleurs des ventes et services de l’Ontario (un million) ont été jugés essentiels, et plus de 400 000 d’entre eux présentent un risque modéré d’exposition à la maladie et travaillent à grande proximité physique des autres. Ce secteur comprend un grand nombre d’employés à temps partiel, de personnes de plus de 60 ans et d’immigrants sans citoyenneté ni statut de résidence permanente.

Fonds monétaire international. (2020, 17 avril). Policy Responses To COVID-19 (Réponses politiques à la COVID-19).

Le FMI résume les principales mesures économiques adoptées par 193 pays pour réduire les conséquences économiques et humaines de la pandémie. Ce document est régulièrement mis à jour et présente les principales politiques liées à la COVID-19. Toutefois, les politiques énumérées par le FMI pourraient ne pas pleinement refléter les politiques mises en place par les pays en réponse à la crise.

Jackson, J., Weiss, M., Schwarzenberg, A. et Nelson, R. (2020, 17 avril). Global Economic Effects of COVID-19 (Effets économiques mondiaux de la COVID-19). Congressional Research Service.

Le rapport résume les effets économiques mondiaux de la pandémie et les réponses politiques apportées par les gouvernements et les institutions internationales. Les auteurs indiquent que l’économie mondiale pourrait reculer de 3 % en 2020, avant de croître de 5,8 % en 2021, selon les précisions du FMI du 14 avril 2020. On prévoit qu’en 2020, le commerce mondial devrait chuter de 11,0 % et les prix du pétrole, de 42 %. Toutefois, les prévisions supposent que la crise s’estompe d’ici la fin du premier semestre de 2020 et que les mesures de confinement puissent être levées.

En outre, parmi la plupart des économies développées et des principales économies en développement, les pays fortement dépendants du commerce et exportateurs de produits de base tels que le Canada, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, le Mexique et la Corée du Sud devraient être les plus touchés par le ralentissement de l’activité économique associé au virus. L’OCDE note également que le déclin de la production en Chine aura des répercussions dans le monde entier, étant donné le rôle du pays dans la production et comme source primaire de la demande de nombreux produits de base.

Aaronson, S. et Alba, F. (2020, 15 avril). The unemployment impacts of COVID-19: lessons from the Great Recession (Conséquences de la COVID-19 sur le chômage : les leçons de la Grande Récession). Brookings Up Front.

Les données de crises précédentes, comme celle de l’ouragan Katrina et la crise financière de 2008-2009, où les régions ont été affectées de manière inégale, montrent que tout changement important du taux de chômage ainsi provoqué est temporaire. Une analyse de 138 zones métropolitaines des États-Unis ayant subi des chocs idiosyncrasiques indique que les taux de chômage ont tendance à revenir à leur courbe de distribution à long terme. Comme ces crises précédentes, la pandémie de COVID-19 a eu des conséquences inégales sur les régions. Par exemple, les premières zones métropolitaines touchées par le virus ont fermé plus tôt les entreprises non essentielles. De plus, les économies des régions les plus dépendantes de l’énergie, du tourisme et de l’hôtellerie ont souffert de ralentissements plus importants que celles qui reposent sur l’agriculture ou les services professionnels. Pour les décideurs, il est important de prendre en compte les diverses difficultés auxquelles fait face chaque localité, car elles laissent entrevoir différentes approches en matière d’aide et de stratégies visant à réduire les disparités.

Stojkoski, V., Utkovski, Z., Jolakoski, P., Tevdovski, D., & Kocarev, L. (2020, avril 14). The socio-economic determinants of the coronavirus disease (COVID-19) pandemic. Journal électronique du SSRN.

Le présent document met l’accent sur les déterminants socioéconomiques qui contribuent aux cas et aux décès de la pandémie de COVID-19 qui en résultent dans les pays. En tirant parti des techniques bayésiennes de calcul des moyennes et des données au niveau des pays, les auteurs identifient un total de 29 déterminants potentiels regroupés dans l’infrastructure des soins de santé, les statistiques sanitaires nationales, les caractéristiques sociétales, la performance économique, la structure démographique et l’environnement naturel. Leurs résultats suggèrent deux déterminants présentant une forte corrélation avec les cas de coronavirus : la taille de la population et les dépenses publiques en santé. Les économies les plus peuplées présentent une plus grande résistance à l’infection par le virus, tandis que les pays dont les dépenses de santé publiques sont plus élevées sont plus sensibles à l’infection par le virus.

Rousseau, H-P. (2020, 9 avril). COVID-19 – Idées de politiques économiques de gestion et de sortie de crise pour le Québec et le Canada. CIRANO. 

L’auteur estime que cette crise sanitaire sans précédent nous offre une excellente occasion de développement économique et démocratique. Il présente un ensemble de suggestions de politiques économiques en réponse aux conséquences économiques de la COVID-19. Le plan met l’accent sur trois composantes : (1) gérer la crise sanitaire, (2) soutenir financièrement les personnes et les entreprises qui sont touchées à court terme et (3) améliorer l’infrastructure économique à long terme pour atténuer les répercussions économiques des futures crises sanitaires. La politique économique doit inclure des stratégies à long terme, au moment où la crise sanitaire se résorbe et la reprise économique commence. Par exemple, les chaînes d’approvisionnement locales en denrées alimentaires, fournitures médicales ou autres biens essentiels sont nécessaires lorsque les chaînes d’approvisionnement mondiales sont perturbées. De nouvelles formes de coopération et de collaboration entre les secteurs privé et public seront également nécessaires.

Baker McKenzie. (2020, 8 avril). Beyond COVID-19: Supply Chain Resilience Holds Key to Recovery (Au-delà de la COVID-19 : la résilience de la chaîne d’approvisionnement est la clé de la reprise). 

En s’appuyant sur des données d’Oxford Economics, Baker McKenzie a constaté que les secteurs de l’automobile, du textile et de l’électronique sont les plus durement touchés par cette pandémie, mais qu’ils devraient également rebondir d’ici le premier semestre de 2021. L’auteur estime que les entreprises doivent agir rapidement et être prêtes à faire face aux contraintes opérationnelles, de main-d’œuvre et d’offre et de demande, à revoir leur planification stratégique et à repenser les modèles commerciaux après la COVID-19. Elles devront examiner comment les modèles de travail peuvent adopter et utiliser plus de technologies, de programmes d’agilité et de réunions virtuelles. La pandémie pourrait bien accélérer les transformations numériques en milieu de travail, aujourd’hui et à l’avenir.

Conseil économique des provinces de l’Atlantique (CÉPA). (2020, 8 avril). Occupational Analysis (Analyse des professions). Tiré du site web du CÉPA. 

Les analyses préliminaires basées sur la classification à quatre chiffres de la CNP montrent qu’environ 70 % des travailleurs des provinces de l’Atlantique du Canada doivent exercer leur activité sur leur lieu de travail (p. ex. ceux qui travaillent dans des usines de fabrication, sur des chantiers de construction, dans des hôpitaux ou dans des restaurants), ou doivent le faire directement avec des clients (p. ex. : les coiffeurs et les massothérapeutes). Ces travailleurs risquent davantage d’être licenciés s’ils ne peuvent pas adapter leur activité aux mesures de santé et de sécurité adoptées pour faire face à l’épidémie de COVID-19. Même pour les 30 % qui peuvent s’organiser pour travailler de la maison, il existe aussi un risque de mise à pied en raison de la réduction générale de la demande de biens et de services.

Organisation internationale du travail. (2020, 7 avril). Observatoire de l’OIT 2e édition : le COVID-19 et le monde du travail, estimations actualisées et analyses. 

L’OIT a mis à jour ses estimations de l’effet de la COVID-19 sur le monde du travail. Le 1er avril, les mesures de confinement dans le monde entier touchaient 2,7 milliards de travailleurs, ce qui représente 81 % de la main-d’œuvre mondiale. L’OIT estime que les heures de travail connaîtront au deuxième trimestre de 2020 une réduction de 6,7 % par rapport au premier trimestre, soit l’équivalent 195 millions de travailleurs à temps plein.

De plus, le choc que subissent les marchés du travail a des conséquences plus importantes sur certains secteurs, comme l’hôtellerie, la restauration, le secteur manufacturier, le commerce de gros et de détail, l’immobilier et le monde des affaires. Ces secteurs représentent près de 38 % de la main-d’œuvre mondiale. Le rapport note également que les travailleurs des pays en développement sont particulièrement à risque. Ces pays ont tendance à avoir des niveaux de protection sociale plus faibles et des niveaux de travail informel plus élevés. Les travailleurs informels courent un risque élevé d’être exposés au virus et de s’enfoncer davantage dans la pauvreté en raison des mesures de confinement. L’Inde compte la plus grande proportion de travailleurs informels, soit près de 90 %, et les mesures de confinement strictes ont grandement affecté ces travailleurs.

Brynjolfsson, E., Horton, J., Ozimek, A., Rock, D., Sharma, G. et Yi Tu Ye, H. (2020, 6 avril). COVID-19 and Remote Work: An Early Look at US Data (COVID-19 et télétravail : un premier regard sur les données des États-Unis).

Dans le cadre d’une enquête menée auprès de 25 000 Américains du 1er au 5 avril, on a posé une question toute simple : « Avez-vous commencé à travailler de la maison au cours des quatre dernières semaines? ». Les auteurs ont constaté que 34 % des travailleurs sont passés au télétravail en raison de la COVID-19, et 11 % ont été mis à pied (de façon permanente ou temporaire). Les jeunes sont plus susceptibles de passer au travail à distance, et il n’y a pas de différence significative entre les sexes. Dans la prochaine série de sondages, des questions plus précises seront posées, par exemple sur le pourcentage des tâches qui peuvent être effectuées à distance et sur les variations entre les professions et les secteurs.

Dingel, J., Neiman, B. (2020, 6 avril). How Many Jobs Can be Done at Home? (Combien d’emplois peuvent être exercés à domicile?). National Bureau of Economic Research. 

À la suite de l’évaluation des mesures d’éloignement social visant à ralentir la propagation de la COVID-19, les auteurs se penchent sur les professions des États-Unis qui peuvent être exercées à domicile, la part des salaires totaux versée à ces emplois, et la façon dont ils varient selon les villes et les secteurs d’activité. Ils classifient toutes les professions du pays selon les réponses à deux enquêtes O*NET portant sur le contexte et les activités de chaque profession.

Le rapport suggère que 34 % des professions des États-Unis pourraient être exercées à domicile, ce qui compte pour 44 % des salaires totaux, en supposant le même nombre d’heures travaillées pour toutes les professions. La proportion est beaucoup plus élevée dans les zones urbaines que dans les zones rurales, et la plupart des emplois dans les secteurs des finances, de la gestion d’entreprise et des professions libérales et scientifiques pourraient vraisemblablement être effectués à domicile, contrairement aux professions de l’agriculture, de l’hôtellerie et de la restauration et du commerce de détail.

Burning Glass Technologies. (2020, 2 avril). COVID-19: The Pandemic’s Impact on Jobs (COVID-19 : l’effet de la pandémie sur les emplois). Tiré du site web de Burning Glass.

Burning Glass utilise sa base de données pour mesurer le choc économique de la pandémie de COVID-19 sur les offres d’emploi hebdomadaires. Selon ce rapport, les offres d’emploi aux États-Unis ont diminué de 29 % au cours du mois de mars 2020. En général, la chute des offres d’emploi est plus importante dans les États qui dépendent davantage du tourisme ou de la fabrication. Cependant, les offres d’emploi ont augmenté pour certaines fonctions des soins de santé aux États-Unis, comme les pharmaciens et pharmaciennes (11 %), les inhalothérapeutes (9 %) et les infirmiers et infirmières (8 %).

Burning Glass met fréquemment à jour ses données et publie des articles de blogue sur les résultats de ses recherches.

Alon, T. M., Doepke, M. Olmstead-Rumsey, J. et Tertilt, M. (2020, avril). The Impact of COVID-19 on Gender Equality (L’effet de la COVID-19 sur l’égalité des sexes). Document de travail du National Bureau of Economic Research no 26947. 

La baisse de l’emploi résultant des mesures d’éloignement social en réponse à la COVID-19 a grandement touché les secteurs où le taux d’emploi des femmes est élevé. De plus, compte tenu de la distribution actuelle des tâches de garde d’enfants, les difficultés que pose la fermeture des écoles et des garderies ont affecté l’emploi des mères dans une plus large mesure que celui des pères. En raison du rendement élevé de l’expérience sur le marché du travail, la perte d’expérience professionnelle que subissent les mères, particulièrement les mères monoparentales, aura probablement des répercussions persistantes sur les revenus au-delà de la crise.

Toutefois, les auteurs s’attendent à ce que les conséquences de la COVID-19 puissent avoir certains avantages à long terme. Cela pourrait promouvoir une meilleure égalité des sexes sur le marché du travail de deux façons. D’abord, les entreprises adoptent rapidement des conditions de travail flexibles qui sont susceptibles de perdurer. Ensuite, les normes de genre dans la division du travail ménager pourraient changer étant donné que de nombreux pères doivent maintenant assumer la responsabilité principale de la garde des enfants.

Baker S., Bloom N., Davis S. et Terry S. (2020, avril). COVID-Induced Economic Uncertainty (L’incertitude économique engendrée par la COVID-19). Document de travail du National Bureau of Economic Research no 26983.

Ce document évalue les effets macroéconomiques à court et à moyen terme de la COVID-19 au moyen de trois indicateurs d’incertitude : la volatilité du marché boursier, l’incertitude économique basée sur les journaux et l’incertitude subjective dans les enquêtes de prévisions des milieux d’affaires. Les auteurs utilisent des données sur le PIB réel américain et un modèle empirique des effets des catastrophes conçu par Baker et al. (2020) afin d’estimer l’effet causal des chocs de catastrophes sur la croissance de la production à l’échelle du pays. Sur la base des mesures du marché boursier pour calibrer les chocs de la COVID-19, leurs résultats montrent une contraction de près de 20 % (sur une base annuelle) du PIB réel américain au quatrième trimestre de 2020 : 9 % en 2020 plus une contraction maximale de 11 % deux trimestres plus tard.

Bartik, A. W., Bertand, M., Cullen Z. B., Glaeser, E. L., Luca, M. et Stanton, C. T. (2020, avril). How are small businesses adjusting to COVID-19? Early evidence from a survey. (Comment les petites entreprises s’adaptent-elles à la COVID-19? Premiers résultats d’une enquête). Document de travail du National Bureau of Economic Research no 26989.

Afin de mieux comprendre l’effet de la COVID-19 sur les petites entreprises aux États-Unis, on a sondé 5 819 membres de Alignable, une plateforme en réseau axée sur l’écosystème des petites entreprises. En moyenne, les entreprises ont déclaré avoir réduit le nombre de leurs employés de 40 % par rapport au début de l’année. De plus, parmi les entreprises sondées, 43 % ont dû fermer temporairement, et la médiane des entreprises a déclaré des dépenses mensuelles dépassant les 10 000 $. Bien que la plupart ont indiqué avoir l’intention de demander l’aide du gouvernement par le biais de la loi CARES, les répondants ont exprimé leur inquiétude quant aux obstacles administratifs et logistiques pour accéder à l’aide.

Bethune, Z. et Korinek, A. (2020, avril). COVID-19 Infection Externalities: Trading Off Lives vs Livelihoods (Externalités de la COVID-19 : des vies contre des moyens de subsistance). Document de travail du National Bureau of Economic Research no 27009.

Ce document se base sur les modèles épidémiologiques SIR (Susceptible/Sain, Infecté, Rétabli) pour analyser et quantifier les externalités qui surviennent lorsque les interactions sociales et économiques transmettent des maladies infectieuses. Les auteurs constatent que les agents individuellement rationnels créent de grandes externalités parce qu’ils évaluent mal les effets de leurs activités sociales et économiques sur le risque d’infection pour les autres individus. Dans ce cas, si les personnes infectées exercent une pleine activité économique alors que les agents susceptibles ou sains réduisent leur activité, le rétablissement complet ne sera possible que lorsque l’immunité collective sera atteinte des années plus tard. L’autre approche consiste à imposer des restrictions à l’activité économique des agents infectés afin qu’elle s’approche de zéro, tout en ne réduisant que légèrement l’activité des personnes saines. Cette deuxième approche est socialement optimale puisqu’elle permet de contenir et d’éradiquer la maladie rapidement et dans un contexte de récession beaucoup plus modérée.

Buheji, M., Cunha, K. C., Beka, G., Mavrić, B., Souza, Y. L., Silva, S., Hanafi, M. et Yein, T. C. (2020, avril). The Extent of COVID-19 Pandemic Socio-Economic Impact on Global Poverty. A Global Integrative Multidisciplinary Review (La portée des conséquences socioéconomiques sur la pauvreté mondiale. Un examen multidisciplinaire intégratif planétaire). American Journal of Economics 2020, 10(4): 213-224.

Ce document étudie les effets de la pandémie sur les communautés pauvres. Les auteurs ont effectué une revue de la littérature sur les conséquences économiques de la pandémie sur les communautés pauvres de quatre continents. Ils soulignent qu’il est difficile pour les personnes démunies d’adhérer aux mesures restrictives d’isolement social. Ils présentent également plusieurs stratégies pour minimiser les conséquences de la pandémie sur les moyens de subsistance et les activités socioéconomiques des personnes défavorisées.

Cadena, A., Child , F., Craven, M., Ferrari, F., Fine, D., Franco, J. et Wilson, M. (2020, avril). How to restart national economies during the coronavirus crisis (Comment relancer les économies nationales durant la crise du coronavirus). McKinsey & Company.

Cet article de McKinsey & Company sur le secteur public présente une stratégie de relance de l’économie par étapes, de telle sorte que le risque pour la santé publique détermine le niveau des restrictions économiques et sociales. La méthodologie repose sur une matrice des risques de propagation du virus et de l’état de préparation du système de santé qui correspond à une stratégie de relance en quatre étapes déterminant l’ouverture économique et la mobilité de la population. À chaque étape, les gouvernements peuvent mettre en œuvre des politiques qui priorisent les secteurs à ouvrir en fonction de leur pertinence économique et du risque de transmission. Par exemple, les populations à risque élevé restent confinées plus longtemps que les autres, et les secteurs non essentiels restent fermés plus longtemps que les secteurs essentiels. Plus important encore, l’étape de réouverture d’une économie dépend du positionnement de la région dans la matrice des risques.

Coibion, O., Gorodnichenko, Y. et Weber, M. (2020, avril). Labor Markets During the Covid-19 Crisis: A Preliminary View (Les marchés du travail pendant la crise de la COVID-19 : une perspective préliminaire). Document de travail du National Bureau of Economic Research no 27017.

Cette étude utilise une enquête par panel à grande échelle répétée auprès de 80 000 à 90 000 ménages des États-Unis dont les achats sont suivis quotidiennement, afin de mesurer l’effet de la COVID-19 sur le travail. Ils estiment que 20 millions de travailleurs ont perdu leur emploi avant le 6 avril (soit bien plus d’emplois perdus que lors de toute la Grande Récession). Les résultats mettent aussi en évidence que nombre de ceux qui ont perdu leur emploi ne cherchent pas activement à en trouver un nouveau. En conséquence, le taux de chômage n’a augmenté que d’environ 2 points de pourcentage, alors que la participation au marché du travail a diminué de 7 points.

Exportation et développement Canada (EDC). (2020, avril). Crise de la COVID-19 Crisis : les défis se multiplient pour plusieurs secteurs au Canada. 

Dans ce rapport, EDC fournit une première évaluation des répercussions potentielles de la COVID-19 sur différents secteurs de l’économie canadienne. L’analyse est basée sur les positions initiales des secteurs en fonction de trois facteurs : flux de trésorerie et fonds de roulement, ratios de profits et de rendement, et ratios d’emprunt et de levier financier. Les auteurs ont également évalué les secteurs sur le plan des pertes boursières et des pressions potentielles d’emprunt.

D’après leur analyse, les secteurs vulnérables comprennent : le pétrole, le gaz et les technologies propres; l’hôtellerie et les services de restauration; le divertissement et le tourisme; les services personnels; les secteurs de l’information et de la culture; le transport, le secteur manufacturier (particulièrement l’automobile, l’aérospatiale et les pièces détachées); l’immobilier et la location; et les exportateurs de produits agricoles et forestiers. En revanche, certains secteurs sont mieux placés pour aider à mettre fin à la crise, par exemple l’éducation, la santé, les services sociaux, les services publics et l’exploitation minière.

Fine, D., Klier, J., Mahajan, D., Raabe, N., Schubert, J., Singh, N. et Ungur, S. (2020, avril). How to Rebuild and Reimagine Jobs Amid The Coronavirus Crisis (Rebâtir et réinventer les emplois dans le contexte de la crise du coronavirus). McKinsey & Company. 

Un rapport récent de McKinsey examine les stratégies nécessaires pour soutenir la reprise à la suite de la COVID-19. Ils relèvent deux grands domaines d’intérêt. Le premier consiste à mieux comprendre qui a besoin de soutien pour conserver son emploi ou en trouver un nouveau, notamment les groupes vulnérables et les PME. Le second consiste à élaborer des solutions intelligentes et intersectorielles pour aider rapidement ces personnes et ces organisations. Ce point sera particulièrement important lorsque les restrictions à la circulation des personnes commenceront à s’assouplir et que les entreprises seront autorisées à rouvrir leurs portes. Les auteurs soulignent également l’importance de se doter des bons outils et mécanismes afin de permettre aux gens d’avoir les bonnes compétences pour saisir toute opportunité nouvelle qui pourrait se présenter.

Guerrieri, V., Lorenzoni, G., Straub, L. et Werning, I. (2020, avril). Macroeconomic implications of COVID-19: Can negative supply shocks cause demand shortages? (Implications macroéconomiques de la COVID-19 : les chocs d’offre négatifs peuvent-ils causer des pénuries de la demande?). Document de travail du National Bureau of Economic Research no 26918. 

Ce document tente de répondre théoriquement à deux questions principales : le choc d’offre lié à la COVID-19 peut-il entraîner une demande déficitaire? Et quand – le cas échéant – et comment les gouvernements devraient-ils intervenir pour corriger une récession? Les auteurs ont exposé diverses conditions dans lesquelles une pénurie de la demande entraîne une réduction de la production et de l’emploi plus importante que le choc d’offre lui-même (appelé choc d’offre keynésien). Trois faits contribuent à cette demande déficitaire, à savoir que les secteurs économiques ont une faible substituabilité, que les marchés sont incomplets et que les consommateurs ont des liquidités limitées. Les auteurs discutent également des effets de différentes politiques et affirment que la relance budgétaire classique pourrait être moins efficace. En examinant d’autres modèles qui tiennent compte de l’effet des fermetures d’entreprises, de la rétention de la main-d’œuvre et des préoccupations de santé publique et privée, la meilleure solution politique trouvée consiste à fermer les secteurs à forte intensité de contact et à verser des indemnités d’assurance complètes aux travailleurs touchés.

Hamermesh, D. (2020, avril). Lock-downs, loneliness and life satisfaction (Confinement, solitude et satisfaction de la vie). Document de travail du National Bureau of Economic Research no 27018.

Ce document examine les effets du confinement sur la satisfaction de la vie et le bonheur à partir de l’American Time Use Survey 2012-2013. En raison des mesures de confinement imposées pendant la pandémie de COVID-19, on constate que la satisfaction de la vie augmente pour les personnes mariées, car elles passent plus de temps avec leur partenaire. En revanche, la satisfaction de la vie des personnes célibataires diminue, car elles passent plus de temps seules. Les pertes importantes de temps de travail et de revenu dues à la crise, elles, viennent renverser le bonheur accru des personnes mariées, et aggravent la diminution du bonheur pour les célibataires.

Hassan, T. A., Hollander, S., Lent, L. et Tahoun, A. (2020, avril). Firm-level Exposure to Epidemic Diseases: Covid-19, SARS, and H1N1 (Exposition aux maladies épidémiques au niveau de l’entreprise : COVID-19, SRAS et H1N1). Document de travail du National Bureau of Economic Research no 26971.

Ce document propose une méthode pour mesurer l’exposition aux maladies épidémiques au niveau de l’entreprise, en comptant le nombre de fois où la maladie est mentionnée lors de la conférence téléphonique trimestrielle sur les bénéfices que les entreprises cotées en bourse organisent avec les analystes financiers. Les auteurs ont recueilli des données sur les transcriptions de ces conférences téléphoniques de janvier 2001 à mars 2020 pour 11 943 entreprises ayant leur siège social dans 84 pays.

Leurs résultats montrent que 40 % des transcriptions traitent de la flambée de COVID-19, un pourcentage beaucoup plus élevé que pour toutes les épidémies précédentes. Les préoccupations des entreprises portaient sur les perturbations de la chaîne d’approvisionnement, la chute de la demande, le bien-être des employés, les fermetures, la réduction de la capacité de production, l’incertitude croissante et les préoccupations relatives aux marchés financiers. Les auteurs constatent également que les entreprises ayant fait l’expérience du SRAS ou de la grippe H1N1 ont des attentes beaucoup plus positives quant à leur capacité de faire face à la pandémie de COVID-19.

Lund, S., Ellingrud, K., Hancock, B. et Manyika, J. (2020, avril). COVID-19 and jobs: Monitoring the US impact on people and places (COVID-19 et emplois : suivi des conséquences sur les personnes et les lieux aux États-Unis). McKinsey & Company.

Cet article souligne que la pandémie accélère les changements structurels de l’économie qui étaient déjà en cours, comme l’utilisation de canaux numériques pour rejoindre les consommateurs, l’automatisation des activités et la possibilité de télétravail. De plus, certaines transformations des comportements des consommateurs et la demande de nouveaux types de travail pourraient perdurer au-delà de la crise de santé publique actuelle. La préparation de « l’avenir du travail » est passée d’une perspective lointaine à une priorité très immédiate. Des dizaines de millions de travailleurs ont besoin de soutien non seulement pour surmonter les difficultés actuelles, mais aussi pour mieux se préparer à l’avenir. Plus précisément, l’article constate qu’il y a un chevauchement important entre les travailleurs vulnérables dans la récession actuelle et ceux dont les emplois sont susceptibles d’être automatisés dans le futur.

Lund, S., Ellingrud, K., Hancok, B., Manyika, J. et Dua, A. (2020, avril). Lives and livelihoods: Assessing the near-term impact of COVID-19 on US workers (Vies et moyens de subsistance : évaluation de l’effet à court terme de la COVID-19 sur les travailleurs des États-Unis). McKinsey Global Institute.

À partir des données du Bureau of Labor Statistics des États-Unis, cet article analyse la vulnérabilité de plus de 800 professions aux réductions de salaire, aux congés ou aux licenciements permanents, selon qu’elles sont considérées comme « essentielles » ou non et qu’elles nécessitent ou non une grande proximité des autres. Ils ont constaté que 44 à 57 millions d’emplois sont menacés par des réductions d’heures ou de salaire ainsi que des mises à pied temporaires ou permanentes, ce qui pourrait toucher jusqu’à un tiers de l’ensemble de la main-d’œuvre des États-Unis. Toutefois, cela ne se traduira pas par un taux de chômage de 30 %, car d’autres secteurs connaîtraient une demande croissante, comme les épiceries, les pharmacies et les services de livraison, et embaucheraient deux à trois millions de travailleurs.

Massow M., McDougall B. et Weersink A. (2020, avril). Economic Thoughts on the Potential Implications of COVID-19 on the Canadian Dairy and Poultry Sectors (Réflexions économiques sur les conséquences possibles de la COVID-19 sur les secteurs laitier et avicole canadiens).

L’étude explore l’effet de la COVID-19 sur la chaîne d’approvisionnement des secteurs laitier et avicole canadiens. Comme sources de production alimentaire, de nombreuses entreprises de ce secteur sont essentielles et ont pu atténuer, dans une certaine mesure, les pertes économiques par rapport à certains autres secteurs. L’étude suggère que certaines structures clés, comme les producteurs financièrement stables et le partage des pertes entre les producteurs, ont joué un rôle déterminant dans la résilience du secteur. Ces structures sont également susceptibles d’accélérer la reprise après la pandémie. Il convient toutefois de noter certains effets potentiels à long terme : les producteurs vont probablement se tourner vers des technologies permettant d’économiser de la main-d’œuvre et la forte hausse de la demande de denrées alimentaires locale va probablement se poursuivre.

Banque du Canada (2020, 31 mars). COVID-19 : Mesures visant à soutenir l’économie et le système financier. 

Pour venir en aide aux particuliers et aux entreprises du Canada dans le contexte des perturbations causées par la COVID-19, la Banque du Canada a adopté plusieurs mesures visant à amoindrir les conséquences économiques négatives et à prévenir les dommages à long terme sur la capacité de production du pays. Tout d’abord, le 27 mars, elle a baissé le taux cible du financement à un jour à 0,25 %, ce qui réduit les paiements sur les prêts existants et nouveaux dans l’ensemble de l’économie. Elle a aussi mis en place un programme de rachat élargi pour différents types d’obligations, diminuant ainsi le risque d’illiquidité en facilitant l’achat et la vente d’obligations sur le marché.

La Banque du Canada a également lancé la Facilité d’achat d’acceptations bancaires, un marché de financement de base et une source de financement pour les petites et moyennes entreprises emprunteuses au pays. Elle a aussi établi le Programme d’achat de titres provinciaux sur les marchés monétaires (PAPM), qui vise à soutenir les emprunts à court terme des provinces. De plus, la Banque du Canada est intervenue pour aider les institutions financières à obtenir des fonds pour leurs prêts en prenant des mesures telles que l’allongement de la durée des prêts aux banques et l’élargissement de la liste des institutions admissibles à leurs prêts, entre autres. Enfin, la Banque travaille avec des décideurs politiques du monde entier et les principaux partenaires économiques et financiers pour renforcer le bon fonctionnement des marchés pendant cette période.

Fujita, S., Moscarini, G. et Postel-Vinay, F. (2020, 30 mars). The labour market policy response to COVID-19 must save aggregate matching capital (La réponse de la politique du marché du travail à la COVID-19 doit sauver les capitaux de contrepartie globaux). 

Alors qu’on déploie manière énergique des politiques fiscales et monétaires dans les pays développés afin de prévenir une catastrophe économique mondiale causée par le coronavirus, les auteurs suggèrent d’éviter les politiques qui favoriseraient une réaffectation importante et permanente de l’emploi, qui entraînerait sans doute une destruction soudaine du capital humain et de la clientèle propres à l’entreprise.

Les politiques devraient plutôt faciliter une réaffectation d’urgence rapide mais temporaire des emplois, tout en préservant le lien entre les travailleurs et leur emploi précédent. On peut le faire en accordant aux entreprises des prêts sans intérêt pour couvrir leurs frais fixes et en convertissant les prêts en subventions si une entreprise offre de réembaucher d’anciens salariés lorsqu’elle reprend ses activités normales. Le maintien du lien entre les travailleurs et leur ancien employeur préserverait le stock global de capital humain propre à l’entreprise, tout en évitant les décalages persistants qui risqueraient d’entraîner la propagation du choc temporaire en une stagnation prolongée.

Bureau du directeur parlementaire du budget (2020, 27 mars). Analyse de scénario : chocs dus à la pandémie de la COVID-19 et à la chute des prix du pétrole. 

En supposant que l’éloignement social et l’auto-isolement resteront en place jusqu’en août 2020 et que les membres de l’OPEP et ses pays partenaires ne limiteront pas l’offre de pétrole, un taux de croissance du PIB réel de -5,1 % pour 2020 est l’une des conséquences possibles de la pandémie de COVID-19 et des récents chocs des prix du pétrole au Canada. Selon ce scénario, le PIB réel diminuerait de 2,5 % au premier trimestre de 2020, puis de 25 % au deuxième trimestre. En outre, à mesure que les prix du pétrole et d’autres matières premières baisseraient, le niveau global des prix de l’économie diminuerait également, ce qui, combiné à la baisse du PIB réel, réduirait le niveau du PIB nominal de 218 milliards de dollars en 2020.

D’ici au troisième trimestre de 2020, il est possible que le Canada connaisse un taux de chômage de 15 %. De plus, le déficit budgétaire pour l’exercice 2019-2020 pourrait atteindre 26,7 milliards de dollars, puis 112,7 milliards en 2020-2021. Conjuguées à la baisse du PIB nominal, ces pressions budgétaires pourraient faire passer le ratio de la dette fédérale au PIB à 38,1 % en 2020-21. Pour que l’économie atteigne la vitesse de reprise compte tenu de ces résultats économiques et budgétaires, il est probable que des mesures de relance budgétaire plus importantes seront nécessaires – plus importantes que celles déjà prévues, dont les 28,5 milliards de dollars de soutien fédéral direct annoncés les 11 et 18 mars.

Costa Dias, M., Joyce, R., Postel-Vinay, F. et Xu, X. (2020, 25 mars). The challenges for labour market policy during the Covid-19 pandemic (Les défis pour la politique du marché du travail pendant la pandémie de COVID‑19), Institute for Fiscal Studies, Royaume-Uni. 

Au Royaume-Uni, la pandémie de COVID-19 a provoqué un changement temporaire mais radical dans les activités économiques. Elle a causé une forte baisse de la demande sur le marché du travail dans certains secteurs d’activité et, parallèlement, créé des pénuries de main-d’œuvre dans d’autres. L’article suggère que le gouvernement du Royaume-Uni devrait mettre en œuvre des mesures visant à réaffecter temporairement les travailleurs mis à pied dans des secteurs où il y a un besoin de main‑d’œuvre supplémentaire. En outre, le rapport recommande que la réponse politique du Royaume‑Uni réduise les pertes d’emplois permanents et préserve les liens existants entre employeurs et travailleurs, tout en supprimant les obstacles à l’acceptation d’emplois de remplacement temporaires.

Institut Angus Reid (2020, 25 mars). COVID-19: Those least equipped to endure economic downturn bearing the brunt of layoffs (COVID-19 : Les personnes les moins outillées pour subir le ralentissement économique sont les plus touchées par les mises à pied). 

Selon ce sondage, 44 % des ménages canadiens travaillent moins d’heures en raison de l’épidémie de la COVID-19. Les jeunes (de 18 à 24 ans) sont les plus susceptibles d’être touchés : 45 % d’entre eux déclarent qu’ils ont été mis à pied ou que leurs heures de travail ont été réduites, comparativement à 30 % et moins chez les gens de 25 à 64 ans.

Parmi ceux qui ont rapporté une mise à pied ou une réduction de leurs heures, 66 % ont déclaré n’avoir reçu aucune compensation de leurs employeurs pour la diminution des heures de travail; 20 % ont reçu une pleine compensation; 8 % ont reçu l’équivalent de plus de la moitié (mais moins qu’une pleine compensation) et 6 % ont déclaré que la compensation a couvert moins de la moitié de la réduction de leurs heures de travail. De plus, parmi ceux qui affirment avoir perdu des heures de travail sans recevoir une pleine compensation, 69 % ont fait une demande d’assurance-emploi.

Kikuchi, L. et Khurana, I. (2020, 24 mars) The Jobs at Risk Index (JARI): Which occupations expose workers to COVID-19 most? (L’indice des emplois à risque : quelles professions exposent le plus les travailleurs à la COVID-19). Extrait du site d’Autonomy. 

Ce rapport quantifie les risques professionnels au Royaume-Uni pour 273 professions selon l’exposition aux maladies et la proximité physique des personnes. Un exercice semblable est paru dans le New York Times (en anglais seulement) pour les professions aux États-Unis. Chaque profession reçoit une cote pour deux indices, l’exposition et la proximité physique, et ces deux cotes sont combinées pour générer le facteur d’identification du risque (FIR) d’une valeur de 0 à 100. Le FIR moyen est de 50 et les professions au FIR supérieur à 70 sont dites à haut risque. Il existe 28 professions à haut risque, dont 22 sont considérées comme des professions de « travailleurs clés ». Les travailleurs de celles-ci sont les plus susceptibles de devoir continuer à travailler même en situation de confinement.

Une des principales conclusions de ce rapport est que les femmes sont représentées de manière disproportionnée parmi les professions à haut risque, en particulier parmi les personnes qui gagnent des salaires de misère, c’est-à-dire moins que les deux tiers du salaire médian. Plus d’un million d’emplois à haut risque offrent des salaires de misère, et 98 % des personnes qui les occupent sont des femmes.

Muro, M., Maxim, R. et Whiton, J. (2020, 24 mars). The robots are ready as the COVID-19 recession spreads (Les robots sont prêts alors que la récession de la COVID-19 se propage), Brookings.

Tandis que s’intensifient les craintes de récession liée au virus, les auteurs discutent de l’augmentation et de l’accélération potentielles de l’automatisation qui pourraient découler de la COVID-19 malgré le taux de chômage plus élevé aux États-Unis. Les auteurs soutiennent que la main-d’œuvre devient relativement plus coûteuse à la suite d’une baisse importante des revenus des entreprises. Selon eux, l’incidence accrue de l’automatisation de remplacement de la main-d’œuvre pourrait rendre certains travailleurs plus vulnérables, notamment les jeunes et les populations surreprésentées dans les professions de spécialisation réduite.

Agosowicz, A. (2020, 20 mars). COVID-19’s Threat to Canada’s Vulnerable Workers (La menace de la COVID-19 pour les travailleurs vulnérables du Canada). Banque Royale du Canada.

Les travailleurs du secteur des services et les nouveaux diplômés sont deux groupes parmi les plus vulnérables aux conséquences économiques négatives de la crise de la COVID-19, selon ce rapport de RBC. Le secteur des services devrait connaître un effondrement massif de la demande. Par conséquent, de nombreux travailleurs de ce secteur courent un risque élevé de perdre leur emploi. Aussi, de nombreuses personnes travaillant dans le secteur des services n’ont pas la sécurité et la protection d’un emploi permanent à temps plein. Au Canada, deux millions de personnes sont employées comme travailleurs occasionnels et contractuels, et dont 93 % et 85 %, respectivement, travaillent dans le secteur des services.

Les étudiants et les nouveaux diplômés constituent un autre groupe susceptible de subir des pertes de salaire et d’emploi. À l’approche de l’été, les travailleurs contractuels étudiants sont susceptibles de perdre les revenus qu’ils tirent généralement de leur emploi d’été. Près d’un million de jeunes ont occupé un emploi saisonnier ou contractuel à l’été 2019, et on prévoyait que 500 000 nouveaux diplômés rejoindraient la population active en 2020. Ces jeunes diplômés doivent faire face à l’idée d’entrer sur le marché du travail à son point le plus faible, situation qui pourrait entraîner un sous-emploi prolongé.

Organisation internationale du travail (2020, 19 mars). La COVID-19 et le monde du travail : Répercussions et réponses politiques. Genève (Suisse).

Le COVID-19 aura des conséquences sur le monde du travail en matière de quantité d’emplois, de qualité du travail et d’effet sur les travailleurs vulnérables sur le marché du travail. L’Organisation internationale du travail (OIT) prévoit une augmentation importante du chômage et du sous-emploi selon la croissance du PIB à la suite du virus. Une diminution des salaires et des heures de travail ainsi qu’une augmentation du travail indépendant sont aussi attendues

L’OIT définit plusieurs politiques clés pour atténuer les conséquences de la COVID-19 sur le monde du travail : 1) stimuler la demande et protéger les travailleurs et les entreprises grâce à une approche axée sur l’humain; 2) axer les réponses politiques sur les mesures de protectin de la santé et le soutien économique à la fois de l’offre et de la demande; 3) surveiller attentivement les retombées fortes et durables ainsi que les effets directs et indirectes de toutes les interventions politiques; 4) renforcer la confiance grâce au dialogue; 5) protéger les travailleurs conformément aux recommandations de l’OMS; 6) stimuler l’économie et la demande de main-d’œuvre grâce à des politiques fiscales et monétaires; 7) protéger l’emploi et les revenus des entreprises et des travailleurs touchés par les effets indirects de la COVID-19, comme la fermeture d’usines, les perturbations de la chaîne d’approvisionnement, les interdictions de voyager, l’annulation d’événements publics, etc.

Gopinath, G. (2020, 18 mars). « Limiting the economic fallout of the coronavirus with large targeted policies » (Limiter les conséquences économiques du coronavirus grâce à de vastes politiques ciblées), dans R. Baldwin et B. Weder di Mauro (éd.), Mitigating the COVID economic crisis: Act fast and do whatever it takes (Atténuer la crise économique de la COVID : agir rapidement et faire ce qu’il faut) (p. 41-47). Londres (Royaume-Uni), CEPR Press (Centre for Economic Policy Research).

Le chapitre souligne que la chute des secteurs manufacturiers due à la COVID-19 est comparable au début de la crise financière mondiale en 2008. Toutefois, le déclin des secteurs des services semble plus important cette fois-ci. La pandémie a provoqué des chocs sur l’offre comme sur la demande.

Du côté de l’offre, étant donné que de nombreuses entreprises dépendent de biens intermédiaires produits localement ou à l’étranger, les perturbations commerciales ont fait baisser la production. Du côté de la demande, la perte de revenus, la crainte de la contagion et l’incertitude accrue sont autant de sources de la baisse de consommation.

Outre les effets sectoriels, on s’attend à ce que les entreprises réduisent leurs dépenses et leurs investissements en raison de la baisse prévue de la demande. Il en résulterait une aggravation des fermetures d’entreprises et des pertes d’emplois. Le rapport fournit également des recommandations sur la manière dont la communauté internationale peut aider les pays dont les capacités en matière de santé sont limitées.

Stewart, M. (2020, 17 mars). Canadian Outlook Summary (Résumé des Perspectives canadiennes). Le Conference Board du Canada. Outlook Spring 2020 (Perspectives printemps 2020). 

Avec la propagation de la COVID-19, le Conference Board du Canada estime que le PIB n’augmentera que de 0,3 % en 2020, pour ensuite rebondir à 2,5 % en 2021. Il prévoit la création d’environ 138 000 emplois en 2020, contre 391 000 l’année dernière (une baisse de 65 %). Néanmoins, le déclin de l’emploi devrait avoir un effet minime sur la croissance des salaires, qui était environ deux fois plus élevée que le taux d’inflation en 2019. Bien que le rapport ne prévoit pas que la croissance des salaires sera aussi forte en 2020, les auteurs s’attendent tout de même à ce que les salaires augmentent de 3,1 % dans l’ensemble.

Ce rapport de perspectives souligne aussi que l’incertitude liée à la propagation de la COVID-19 retardera les décisions d’investissements, particulièrement dans le secteur de l’énergie. Le secteur de l’énergie est en outre touché par la guerre des prix du pétrole entre la Russie et l’Arabie saoudite, qui a entraîné une hausse de la production au moment même où la demande de pétrole s’effondrait en raison de la crise de la COVID-19. En conséquence, le prix du pétrole a chuté de plus de la moitié. Le rapport affirme que si le conflit sur la production de pétrole n’est pas résolu rapidement, les compagnies d’énergie seront obligées de réduire leur production encore plus que prévu, ce qui risque de faire entrer le Canada en récession au troisième trimestre.

Macdonald, D. (2020, 16 mars). COVID-19 and the Canadian workforce (La COVID-19 et la main-d’œuvre canadienne). Extrait du site web du Centre canadien des politiques alternatives. 

En raison de la COVID-19, de nombreux travailleurs se retrouveront au chômage et seront obligés de recourir à l’assurance-emploi pour joindre les deux bouts.

Le rapport note que les interventions politiques et les changements apportés à l’assurance-emploi lors de l’épidémie de SRAS en 2003 ont été un moyen efficace de soutenir les personnes touchées par les conséquences économiques de la crise sanitaire. En se basant sur cette expérience, les auteurs proposent de mettre en œuvre neuf changements à l’assurance-emploi : 1) éliminer le délai de carence d’une semaine pour les prestations de maladie; 2) faire passer les ententes de Travail partagé de 38 à 76 semaines; 3) supprimer l’exigence d’un certificat médical pour les prestations de maladie; 4) offrir des prestations d’urgence d’assurance-emploi pour les personnes qui n’y auraient pas droit autrement; 5) mettre en œuvre une approche proactive pour le Travail partagé; 6) réduire à 360 heures le nombre d’heures requis pour avoir droit aux prestations; 7) donner une définition large de la quarantaine afin de faciliter un meilleur accès aux prestations de maladie de l’assurance-emploi; 8) mettre en place une ligne d’assistance COVID-19; 9) ne pas comptabiliser les prestations pour la COVID-19 pour les prestations futures liées à l’assurance-emploi.

Remarque : Depuis la publication de ce rapport, le gouvernement du Canada a commencé à apporter des changements aux critères d’admissibilité de l’assurance-emploi. Pour des informations à jour, consultez la page des programmes de l’assurance-emploi.

Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil européen, au Conseil, à la Banque centrale européenne, à la Banque européenne d’investissement et à l’Eurogroupe. (2020, 13 mars). Coordinated Economic Response to the COVID-19 Outbreak (Réponse économique coordonnée à la flambée de la COVID-19).

Ce rapport présente les mesures prises par la Commission européenne pour assurer l’approvisionnement du système de santé, atténuer les effets négatifs sur l’emploi, soutenir le secteur bancaire et les entreprises par des liquidités (particulièrement pour les petites et moyennes entreprises) et fournir une aide aux membres de l’Union européenne.

Pour réduire les effets négatifs de cette pandémie, la Commission aidera les membres de l’UE à prévenir le chômage grâce aux fonds structurels de l’UE, notamment le Fonds social européen et une nouvelle Initiative d’investissement en réaction au coronavirus. Dans le cadre de cette dernière initiative, la Commission consacrera 37 milliards d’euros au soutien du système de santé, à l’octroi de fonds aux PME durement touchées et à la réduction temporaire du temps de travail tout en soutenant les revenus des travailleurs. La Commission propose également d’intégrer la crise de santé publique dans le champ d’application du Fonds de solidarité de l’UE, ce qui mettra à disposition 800 millions d’euros (à l’heure actuelle, on ne sait pas encore exactement comment ces fonds seront utilisés). En outre, la Commission peut aussi mobiliser le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation pour aider les travailleurs licenciés et indépendants. Avec ce fonds, une somme supplémentaire de 179 millions d’euros pourrait être dégagée. La Commission prépare également une proposition législative pour un régime européen de réassurance chômage afin d’aider les travailleurs et ceux qui ont perdu leur emploi en raison de la pandémie.

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