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Combien gagnent les diplômés étrangers comparativement aux diplômés canadiens? Écarts de revenus par vastes domaines d’études

Rapport de perspectives des l'IMT nº 25

Janvier 2020

Accueil > Perspectives de l’IMT > Rapport de perspectives de l’IMT n° 25, Combien gagnent les diplômés étrangers comparativement aux diplômés canadiens? Écarts de revenus par vastes domaines d’études

Table des matières

Principales conclusions

  • En général, les étudiants étrangers diplômés des institutions d’enseignement postsecondaires canadiennes et qui demeurent au Canada par la suite pour travailler gagnent moins que les diplômés canadiens, mais l’écart se rétrécit avec le temps :
    • Au cours de la première année, les étudiants étrangers diplômés gagnent 33 900 $, approximativement 8 900 $ (ou 21 %) de moins que les diplômés canadiens. Cet écart général se rétrécit chaque année subséquente, atteignant 5300 $ (ou 9 %) cinq ans après l’obtention du diplôme.
    • L’écart est plus vaste parmi les détenteurs de maîtrise en éducation, se situant à 32 400 $ (40 %).
  • Dans la plupart des cas, les écarts de revenus entre les étudiants étrangers et canadiens dans les domaines STGM (science, technologie, ingénierie et mathématiques) sont inférieurs à ceux des domaines SACHES (santé, arts, commerce, sciences humaines, éducation et sciences sociales).
  • Dans ces vastes domaines STGM et SACHES, les étudiants étrangers gagnent moins que les étudiants canadiens dans tous les titres de compétences sauf un : les diplômés étrangers de domaines STGM détenant des certificats de niveau collégial gagnent 7 % de plus.

Introduction

Combien gagnent-ils ? est un rapport publié conjointement par le Conseil de l’information sur le marché du travail (CIMT) et l’Initiative de recherche sur les politiques de l’éducation (EPRI). Le rapport porte sur les résultats en matière de revenus de tous les étudiants diplômés d’institutions publiques canadiennes d’enseignement postsecondaire (EPS) en 2010. En utilisant la nouvelle Plateforme longitudinale entre l’éducation et le marché du travail (PLEMT), nous avons été en mesure de suivre l’évolution des revenus de diplômés de 2011 à 2015 (Encadré 1). Le rapport du CIMT-EPRI se concentre sur 11 domaines d’études principaux dans six titres de compétences (dont cinq sont offerts aux étudiants internationaux diplômés). Les données peuvent être étudiées davantage et téléchargées du tableau de bord interactif.

Ce Rapport de perspectives de l’IMT compare les revenus d’étudiants canadiens et étrangers diplômés1 de deux vastes domaines d’études et dans cinq titres de compétences.2 Le premier domaine comprend la science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques — un groupe communément appelé STGM. Les domaines d’études non-STGM comprennent lla santé, les arts, le commerce, les sciences humaines, l’éducation et les sciences sociales (SACHES). Nous construisons ces deux vastes domaines d’études selon les définitions de Statistique Canada en regroupant les codes de programmes d’études les plus détaillés disponibles (codes de Classification des programmes d’enseignement [CPE] à six chiffres).3 Pour chacun de ces vastes domaines d’études, nous nous concentrons sur les revenus des diplômés parmi cinq titres de compétences pour lesquels les données nécessaires sont disponibles : certificats de niveau collégial, diplômes de niveau collégial, baccalauréats, maîtrises et doctorats. Il y a de nombreuses restrictions et limitations importantes associées à la plateforme qui devraient être gardées à l’esprit lors de l’interprétation des résultats obtenus (Encadré 2).

Encadré 1 : En quoi consiste la Plateforme longitudinale entre l’éducation et le marché du travail?

Développée par Statistique Canada et Emploi et Développement social Canada, la nouvelle Plateforme longitudinale entre l’éducation et le marché du travail (PLEMT) est un environnement de données qui nous permet d’identifier tous les diplômés collégiaux et universitaires d’institutions postsecondaires publiques canadiennes depuis 2010 et de suivre l’évolution de leurs revenus d’emploi par le biais de leurs dossiers fiscaux, et ce, à compter de la première année suivant l’obtention de leur diplôme jusqu’en 2015. La cohorte de diplômés de 2010 détient la plus longue période de dossiers fiscaux disponibles (cinq ans); c’est donc sur ce groupe que porte le rapport conjoint du CIMT-EPRI, Combien gagnent-ils ? Les données associées sont disponibles dans notre tableau de bord interactif. Pour de l’information additionnelle, veuillez visiter la page de notre projet PLEMT.

Écarts de revenus entre diplômés canadiens et étrangers

En général, les étudiants étrangers ayant obtenu leur diplôme en 2010 affichent des gains inférieurs à ceux de leurs collègues canadiens, mais l’écart tend à se réduire avec le temps (Figure 1). Notez qu’il y a beaucoup plus de diplômés canadiens que de diplômés étrangers sur le marché du travail. Pour la cohorte de diplômés de 2010 dans tous les titres de compétences, il y a 189 560 étudiants canadiens versus 9360 étudiants étrangers (c.-à-d. les diplômés étrangers représentent moins de 5 % du total).4 Au cours de la première année suivant l’obtention de leur diplôme, les étudiants étrangers diplômés gagnent 33 900 $, approximativement 8900 $ (ou 21 %) de moins que les diplômés canadiens. Cet écart général se rétrécit chaque année subséquente, atteignant 5 300 $ (ou 9 %) cinq ans après l’obtention du diplôme.

Encadré 2 : Limitations de la Plateforme longitudinale entre l’éducation et le marché du travail

Bien que les bases de données administratives disponibles dans la plateforme offrent une vaste couverture d’étudiants et d’apprentis, il y a plusieurs limitations et restrictions correspondantes associées à l’utilisation de la PLEMT pour mesurer les écarts de revenus. Celles-ci comprennent le manque d’informations disponibles concernant les heures et les semaines travaillées et les choix scolaires et professionnels (voir le Rapport de perspectives de l’IMT no 4).

La plateforme n’inclut pas encore de l’information sur des facteurs clés du marché du travail, tels que l’occupation, les heures travaillées par semaine ou le statut d’emploi à temps plein ou à temps partiel. Par conséquent, nous ne sommes pas en mesure d’analyser les décisions et les contraintes relatives à l’offre de travail qui ont un impact sur les résultats obtenus sur le marché du travail par les diplômés postsecondaires, incluant leurs écarts de revenus. Il y a des plans pour jumeler des bases de données, telles que le Recensement de 2016 et l’Enquête nationale auprès des diplômés de 2018 aux données existantes de la PLEMT en 2020. Ceci permettra aux chercheurs d’analyser l’information détaillée en matière d’occupation et de démographie pour certaines années.

Figure 1. Moyenne des écarts de revenus entre diplômés canadiens et étrangers (en dollars constants de 2016)

figure 1 Rapport de perspectives des lIMT no 25

Années depuis l’obtention du diplôme

Plus grands écarts de revenus par domaines d’études détaillés

Des 11 domaines d’études explorés dans le rapport complet, il y a seulement deux groupes d’étudiants étrangers qui gagnent plus que les étudiants canadiens cinq ans après l’obtention de leur diplôme : ceux qui détiennent une maîtrise  en mathématiques, informatique et sciences de l’information (8 % de plus) ou en santé et domaines connexes (6 % de plus). Parmi les quatre titres de compétences observés dans ce domaine d’études détaillé,5 les diplômés étrangers gagnent moins dans chaque domaine. Le tableau 1 résume les plus grands écarts à la fois en pourcentage et en dollars. Les domaines d’études détaillés ayant les plus grands écarts de revenus diffèrent au sein de chaque titre de compétence, soulignant le fait que les différences au niveau du titre de compétence reposent sur les écarts au sein des domaines d’études. Notamment, les plus grandes différences absolues ($) et relatives (%), respectivement, se trouvent parmi les détenteurs de maîtrise en commerce, gestion et administration publique et en éducation. Les détenteurs de maîtrise étrangers en commerce, gestion et administration publique gagnent 37800 $ (ou 35 %) de moins que les Canadiens, tandis que les détenteurs de maîtrise en éducation gagnent 40 % (ou 32 400 $) de moins cinq ans après l’obtention de leur diplôme.

Tableau 1 : Domaines d’études ayant les plus grands écarts dans chaque titre de compétence postsecondaire cinq ans après l’obtention du diplôme

Titre de compétence postsecondaire Domaine d’études Canadien ($) Étranger ($)
Différence*
$ %
Diplôme de niveau collégial Architecture, ingénierie et services connexes (part d’étudiants étrangers : 6 %) 65 100 53 700 -11 400 -18 %
Baccalauréat Agriculture, ressources naturelles et conservation (part d’étudiants étrangers : 5 %) 58 100 35 300 -22 800 -39 %
Maîtrise Commerce, gestion et administration publique (part d’étudiants étrangers : 8 %) 106 600 68 800 -37 800 -35 %
Éducation (part d’étudiants étrangers : 2 %) 80 900 48 500 -32 400 -40 %
Doctorat Sciences physiques et de la vie, et technologies (part d’étudiants étrangers : 8 %) 69 200 55 600 -13 600 -20 %

*La différence est calculée en soustrayant les revenus des diplômés canadiens de ceux des diplômés étrangers, puis en les divisant par les revenus des diplômés canadiens.

Écarts de revenus entre diplômés étrangers et canadiens dans des domaines d’études STGM versus non-STGM

Des tendances intéressantes se dégagent lors de l’exploration des différences des revenus par vastes domaines d’études dans cinq titres de compétences observés à ce niveau. Il y a d’importants écarts de revenus entre les diplômés étrangers et canadiens dans quatre des cinq titres de compétences, mais ces écarts diminuent avec le temps. Les diplômés étrangers d’un certificat de niveau collégial STGM sont l’exception; ils gagnent plus que leurs collègues canadiens chaque année. Comme présenté dans le tableau 2, les étudiants étrangers avec un certificat de niveau collégial dans un domaine STGM gagnent plus dans leur première année après l’obtention de leur diplôme (8 600 $ ou 18 %) ainsi que cinq ans plus tard (4 100 $ ou 7 %).

Parmi les détenteurs d’un baccalauréat — qui représentent la plus grande part de diplômés — les diplômés étrangers dans des domaines STGM gagnent 6 300 $ (13 %) de moins que les diplômés canadiens dans la première année suivant l’obtention de leur diplôme. Après cinq  ans, les diplômés étrangers gagnent 7700 $ (11 %) de moins que les diplômés canadiens. Parmi les diplômés SACHES, les écarts sont beaucoup plus importants : les diplômés étrangers gagnent 11 700 $ (29 %) de moins dans la première année et 10 700 $ (19 %) de moins dans la cinquième année.

Le plus grand écart de revenus entre les diplômés canadiens et étrangers se trouve parmi les détenteurs d’une maîtrise dans des domaines SACHES. Dans la première année après l’obtention de leur diplôme, les diplômés étrangers dans ces domaines gagnent 31 300 $ de moins que les détenteurs d’une maîtrise canadiens — une différence de 45 %. Bien que l’écart diminue considérablement avec le temps, cinq ans après l’obtention de leur diplôme, les diplômés étrangers gagnent toujours 23 300 $ (27 %) de moins que les diplômés canadiens.

Il est couramment observé que parmi les détenteurs de baccalauréats, de maîtrises et de doctorats, l’écart entre les diplômés canadiens et étrangers est considérablement plus grand dans les domaines d’études SACHES que dans les domaines STGM. Parmi les détenteurs de maîtrise, l’écart de revenus est deux fois plus grand une année après l’obtention du diplôme (écart de 22 % pour les diplômés STGM vs 45 % pour les diplômés SACHES) et presque quatre fois plus grand cinq ans plus tard (7 % STGM et 27 % SACHES). De même, les diplômés étrangers détenteurs d’un doctorat dans des domaines STGM gagnent essentiellement le même salaire que leurs collègues canadiens (seulement 1 200 $ ou 1  % de moins), tandis que  les diplômés étrangers dans des domaines SACHES gagnent 14 100 $ (14 %) de moins.

Tableau 2 Niveaux et écarts de revenus pour les diplômés canadiens et étrangers(en dollars constants de 2016)

Titre de compétence postsecondaire Vaste domaine d’études Année depuis l’obtention du diplôme Canadien ($) Étranger
($)
Écart*
$ %
Certificat de niveau collégial STGM Année 1 47 800 56 400 8 600 18 %
Année 5 61 900 66 000 4 100 7 %
SACHES Année 1 35 100 29 900 –5 200 -15 %
Année 5 46 000 41 800 –4 200 -9 %
Diplôme de niveau collégial STGM Année 1 43 100 33 300 –9 800 -23 %
Année 5 62 200 51 200 –11 000 -18 %
SACHES Année 1 33 400 26 500 –6 900 -21 %
Année 5 44 100 37 100 –7 000 -16 %
Baccalauréat STGM Année 1 47 000 40 700 –6 300 -13 %
Année 5 72 400 64 700 –7 700 -11 %
SACHES Année 1 40 200 28 500 –11 700 -29 %
Année 5 55 900 45 200 –10 700 -19 %
Maîtrise STGM Année 1 58 700 45 700 –13 000 -22 %
Année 5 78 700 73 300 –5 400 -7 %
SACHES Année 1 69 100 37 800 –31 300 -45 %
Année 5 85 400 62 100 –23 300 -27 %
Doctorat STGM Année 1 56 400 51 700 –4 700 -8 %
Année 5 81 600 80 400 –1 200 -1 %
SACHES Année 1 66 000 46 600 –19 400 -29 %
Année 5 84 900 72 800 –12 100 -14 %

 

*La différence est calculée en soustrayant les revenus des diplômés canadiens de ceux des diplômés étrangers, puis en les divisant par les revenus des diplômés canadiens.

La voie à suivre

Les données PLEMT indiquent que les diplômés étrangers qui demeurent au Canada pour travailler après l’obtention de leur diplôme gagnent, en moyenne, considérablement moins que leurs collègues canadiens lors de leur arrivée sur le marché du travail. Cependant, les écarts de revenus diminuent avec le temps, à la fois dans l’ensemble et parmi les deux vastes domaines d’études (STGM et SACHES). Cette tendance de rétrécissement est différente des écarts observés entre les diplômés masculins et féminins, dans lesquels les écarts augmentent dans chaque titre de compétence au cours des années suivant l’obtention du diplôme.

Il est important de garder à l’esprit que bien que la PLEMT fournit une couverture quasi complète des revenus de diplômés d’institutions d’enseignement postsecondaires canadiennes, à l’heure actuelle, elle offre des détails très limités sur le type de travail que font les diplômés (p. ex. temps plein ou temps partiel, occupation, détails sur l’industrie). Ces détails peuvent appuyer certains des écarts en matière de revenus.

L’information sur les revenus présentée ici et dans notre tableau de bord interactif représente qu’une partie de l’information que les gens devraient consulter lorsqu’ils considèrent s’ils devraient poursuivre leur éducation et leur formation et comment y parvenir. Pour prendre une décision d’une telle importance, les étudiants devraient prendre en considération les revenus en combinaison avec d’autres informations sur le marché du travail, en plus de leurs intérêts personnels et leurs capacités et les conseils de leurs familles et d’autres personnes.

Remerciements

Ce Rapport de perspectives de l’IMT a été préparé par Young Jung et puise abondamment dans le rapport conjoint du CIMT-EPRI sur les revenus des diplômés d’institutions d’enseignement postsecondaires par titre de compétence et domaine d’études. Nous aimerions remercier Ross Finnie, Michael Dubois et Masashi Miyairi de l’EPRI pour leurs commentaires sur ce Rapport de perspectives sur l’IMT. Pour plus d’information sur ce Rapport de perspectives et d’autres activités connexes du CIMT, veuillez consulter notre page de projets ou communiquer avec Tony Bonen, Directeur de la recherche, des données et de l’analytique, à l’adresse tony.bonen@lmic-cimt.ca.

 

Restez à l’affût de prochains rapports sur les résultats obtenus sur le marché du travail des diplômés d’institutions d’enseignement postsecondaires au Canada en vous abonnant à notre infolettre. Des résultats additionnels seront rendus disponibles à mesure que les analyses sont complétées.

Notes

  1. Les étudiants étrangers représentent les résidents non permanents du Canada et ils sont comparés aux étudiants canadiens qui représentent des personnes nées au Canada, des Canadiens naturalisés ou des résidents non-citoyens inscrits comme des étudiants canadiens. Le statut d’étudiant étranger est capté au moment de l’obtention du diplôme dans le Système d’information sur les étudiants postsecondaires (SIEP) et non dans les données fiscales. Le statut d’immigration peut changer après l’obtention du diplôme, mais cette information n’est pas disponible à l’heure actuelle dans la PLEMT.
  2. Le sixième titre de compétence — les diplômes professionnels — regroupe principalement les programmes médicaux spécialisés (p. ex. pour les médecins, les pharmaciens, les optométristes, ) et les professions juridiques (c.-à-d. la qualification pour les avocats). Comme il y a peu d’étudiants étrangers inscrits à ces programmes, les tailles des échantillons sont trop petites pour les extraire des données brutes dans la PLEMT.
  3. Notez que le rapport conjoint du CIMT-EPRI se concentre sur 11 domaines d’études principaux. Bien que certains de ces 11 domaines sont plus étroitement associés avec le groupe STGM plus vaste (p. mathématiques, informatique et sciences de l’information) et d’autres domaines du groupe SACHES (p. ex. sciences humaines), ces 11 domaines d’études plus détaillées ne peuvent être directement regroupés dans les catégories STGM/non-STGM.
  4. Voir le rapport pour plus d’information sur les critères de sélection de l’échantillon.
  5. Au niveau du titre de compétence et lors de l’analyse des vastes domaines d’études STGM et SACHES, nous observons cinq domaines. Au niveau du domaine d’études détaillé, il n’y a pas suffisamment d’étudiants étrangers détenant des certificats de niveau collégial pour être assujettis aux règles de suppression de la protection de la vie privée de Statistique Canada.

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