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Combien gagnent-ils? Nouvelles données sur les revenus en début de carrière des titulaires d’un certificat de métier

Le CIMT s’est associé à l’Education Policy Research Initiative pour trouver de nouvelles données détaillées sur les revenus en début de carrière des compagnons canadiens.

Table des matières

Les auteurs et autrices

Ce rapport est le fruit d’une collaboration entre l’Initiative de recherche sur les politiques de l’éducation (IRPE) et le Conseil de l’information sur le marché du travail (CIMT). La conception du cadre analytique, la construction de l’échantillon, l’extraction des données et l’analyse empirique ont été réalisées par l’IRPE. Le rapport a été rédigé par l’EPRI, avec la contribution du CIMT. 

Initiative de recherche sur les politiques de l’éducation


Ross Finnie

Profess
eur à l’École supérieure d’affaires publiques et internationales de l’Université d’Ottawaet directeur de l’IRPE 

Michael Dubois
Directeur adjoint 

Masashi Miyairi
Associé de recherche principal  


Contact

120
, rue Université, local 5004 
Ottawa (Ontario)K1N 6N5 
info@epri.ca 
613 562-5800 poste 2279 
www.epri.ca 

 

Conseil de l'information sur le marché du travail

 

Steven Tobin
Directeur général  

Tony Bonen
Directeur de la recherche, des données et de l’analytique  

Behnoush Amery
Économiste principale  

Zoe Rosenbaum
Économiste 

Graham Dobbs
Économiste


Contact
410, avenue Laurier Ouestbureau 410
Ottawa (Ontario)K1R 1B7
info@lmic-cimt.ca
613695-0699
www.lmic-cimt.ca/fr/ 

 

Le présent rapport peut être cité comme suit : 

Finnie, R., Dubois, M. et Miyairi, M. (2021). Combien gagnent-ilsNouveaux résultats sur les revenus en début de carrière des titulaires de certificat de métier. Ottawa (ON) : Initiative de recherche sur les politiques de l’éducation (IRPE) et Conseil de l’information sur le marché du travail.  

Nadine Purdy (gestionnaire des communicationsCIMTa géré le processus de production de ce rapport et du matériel de communication connexe, en collaboration avec Janik Bastide (spécialiste en communications, CIMTet Ghassene Jerandi (graphiste, CIMT). 

John Sergeant (IRPEa apporté de multiples contributions tout au long de l’élaboration et de la finalisation du rapport. 

Acknowledgments

Le CIMT et l’IRPE souhaitent remercier les partenaires fédéraux, provinciaux et territoriaux du CIMT, ainsi que son Groupe consultatif pancanadien des intervenants (GCPI) et son Comité d’experts en information sur le marché du travail pour leurs commentaires et suggestions sur le rapport et sur le projet en général. L’équipe aimerait également remercier les examinateurs suivants pour leurs commentaires constructifs : 

      Pamela Best, Sylvie Gauthier, Hyeongsuk Jin
      et Tracy Leesti
      Statistique Canada (STC)

      Dave Jelly, Emily Jovic, Ahmed Tareq Rashid
      et Dean Rogers
      Emploi et Développement social Canada (EDSC)

      Emily Arrowsmith
      Forum canadien sur l’apprentissage (FCA) 

      Matt Henderson, Daniel Komesch et
      Sarah Watts-Rynard
      Polytechnics Canada (PC)

      Sandip Basi et Steven Wald
      Ontario (ON)

      Silvana Guerrero et Tanveer Islam
      Saskatchewan (SK)

      Simon Normandeau et Marieke Vandeweyer
      Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)

      Daniel Munro
      Munk School of Global Affairs and Public Policy, Université de Toronto

      L’IRPE et le CIMT souhaitent également exprimer leur reconnaissance à Statistique Canada pour son soutien à la Plateforme longitudinale entre l’éducation et le marché du travail (PLEMT). L’EPRI tient à remercier Emploi et Développement social Canada (EDSC) pour avoir fourni des ressources nécessaires pour la phase initiale de lanalyse.

        Résumé

        Les décisions relatives à la formation et aux études sont importantes et difficiles, en particulier dans le contexte de la COVID-19

        Les choix en matière d’études et de formation lancent les gens sur des cheminements professionnels, et les répercussions de ces décisions sont considérables pour les décideurs et la société en général. Dans le contexte de la pandémie de COVID-19, les choix que font les Canadiens et les Canadiennes en matière d’emploi, de carrière, de scolarité, de formation et de développement de la main-d’œuvre sont devenus beaucoup plus difficiles. 

        Nous souhaitons aider les citoyens et les citoyennes à prendre les décisions les plus éclairées possibles en matière de choix de formation et d’éducation. En complément de nos travaux précédents concernant les diplômés postsecondaires, ce rapport fournit de nouveaux éléments d’information détaillés sur les revenus en début de carrière des Canadiens qui obtiennent un certificat de métier, également appelés compagnons.

        Notre analyse est basée sur la Plateforme longitudinale entre l’éducation et le marché du travail (PLEMT) de Statistique Canada, qui relie des informations anonymisées sur les personnes suivant des programmes d’apprentissage au Canada à des données fiscales. L’analyse présentée ici se concentre sur les personnes qui ont reçu leur certification en 2009 et suit leurs revenus annuels de 2010 à 2017. Bien qu’il existe des liens étroits entre le métier dans lequel on obtient le certificat et le poste occupé, la PLEMT ne dispose pas d’informations sur l’emploi d’un individu. Par conséquent, les revenus déclarés englobent tous les compagnons d’apprentissage selon le certificat qu’ils détiennent, quel que soit leur travail. 

        Les métiers spécialisés sont un pilier de l’économie canadienne

        Les 385 métiers spécialisés répertoriés dans le Système d’information sur les apprentis enregistrés (SIAI) représentent un pilier important de l’économie canadienne. Environ 20 % des Canadiens travaillent dans les métiers spécialisés, dans des secteurs comme la construction, la fabrication, les services et lautomobile. La plupart de ces emplois font partie des 56métiers Sceau rouge, dont les normes professionnelles sont communes à tout le Canada. Lemploi dans les métiers Sceau rouge a également connu un succès relatif lors de la pandémie de COVID19. Malgré des pertes demploi de près de 30% en mars et avril 2020, en décembre 2020, lemploi dans les métiers Sceau rouge avait déjà rebondi à 2% au-dessus de son niveau de février2020.

        En conséquence, la pénurie de main-d’œuvre dans les métiers spécialisés est déjà redevenue un problème. Au fil des ans, plusieurs obstacles qui pourraient limiter l’accès aux métiers spécialisés ont été soulevés, notamment la nature plus cyclique du travail, le type d’environnement de travail et, pour les femmes, la discrimination. La perception des revenus a également été citée en ce qui concerne la viabilité des métiers spécialisés comme choix de carrière, ce qui est le sujet le plus directement abordé par ce rapport.

        Les titulaires d’un certificat de métier Sceau rouge gagnent en moyenne 64 000 $ la première année, pour atteindre 73 800 $ huit ans après la certification

        Le salaire moyen pour l’ensemble des métiers (Sceau rouge ou non) commence à 62 200 $ la première année suivant la certification et passe à 71 600 $ huit ans après la certification. Les titulaires d’un certificat de métier Sceau rouge ont des revenus annuels légèrement supérieurs, soit 64 000 $ la première année. La croissance des revenus de ces compagnons est d’abord de 4,5 % par an, atteignant 76 200 $ la cinquième année, puis diminue légèrement les deux années suivantes (2015 et 2016) lors de la forte contraction du secteur de l’énergie. La huitième année (2017), les revenus se redressent quelque peu pour atteindre 73 800 $, ce qui représente une croissance moyenne de 2,14 % par an sur la période de huit ans. Pour les métiers non désignés Sceau rouge, les revenus moyens sont de 55 500 $ la première année suivant la certification, pour atteindre 62 500 $ dollars huit ans plus tard.

        Étant donné que les métiers Sceau rouge sont régis par des normes professionnelles communes dans tout le Canada et qu’ils représentent environ trois quarts de tous les compagnons certifiés, nous nous concentrons sur leurs trajectoires de revenus pour examiner les différences selon le certificat de métier et le sexe. 

        Les revenus varient considérablement en fonction du certificat de métier Sceau rouge détenu

        Les 56 métiers du Sceau rouge peuvent être regroupés en six grandes catégories. Les personnes certifiées dans les métiers de la mécanique sont celles qui gagnent le plus d’argent au cours de leur première année (76 500 $), suivies de près par celles des métiers de l’électricité et de l’électronique (74 200 $). Dans les deux cas, les revenus passent à 84 000 $ et 85 000 $ huit ans après la certification, soit 1,3 % et 2,0 % par an. Les métiers du métal rapportent 73 100 $ la première année, suivis par les métiers du véhicule et des domaines apparentés (66 900 $) et les métiers de la construction et de l’architecture (50 200 $). Pour ces métiers, la rémunération passe à 84 100 $, 80 800 $ et 56 900 $ la huitième année (soit une moyenne de 2,40 %, 2,7 % et 1,8 % par an).

        La catégorie de compagnons aux revenus les plus faibles est celle des autres métiers, qui tend à être à prédominance féminine. Les revenus commencent à 31 800 $ la première année suivant la certification et atteignent 38 200 $ (soit 2,7 % par an pendant huit ans).

        Au sein de ces grandes catégories, les revenus varient considérablement en fonction du certificat détenu. Par exemple, les revenus moyens les plus élevés se trouvent dans deux métiers – technicien/technicienne en forage et technicien/technicienne en instrumentation et contrôle – où les revenus commencent bien au-dessus de 100 000 $ la première année (111 600 $ et 107 600 $). Pour les techniciens/techniciennes en instrumentation et en contrôle, la rémunération passe à 119 200 $ huit ans après la certification (soit 1,5 % par an). Dans le cas des techniciens/techniciennes en forage – fortement concentrés dans le secteur du pétrole et du gaz – les revenus atteignent 151 100 $ au bout de cinq ans, mais tombent à 103 500 $ au bout de huit ans. Les compagnons dont le niveau de rémunération est le plus bas sont les coiffeurs/coiffeuses. Leurs revenus commencent à 23 700 $ et augmentent en moyenne de 2,59 % par an pour atteindre 28 100 $ la huitième année.

        Les femmes gagnent 47 % de ce que gagnent les hommes, un écart qui persiste dans le temps

        En 2009, les femmes ne représentent que 8,8 % de l’ensemble des titulaires de certificats de métier Sceau rouge. Dans chaque catégorie de compagnons, les femmes représentent moins de 2,5 %, sauf dans la catégorie des autres métiers, où elles représentent 67 %. Cette situation est en grande partie attribuable au nombre de femmes certifiées dans les métiers Sceau rouge de coiffeuse, cuisinière et boulangère-pâtissière. 

        Dans l’ensemble des métiers Sceau rouge, au cours de la première année suivant la certification, les femmes gagnent en moyenne 31 400 $, soit 47 % de ce que gagnent les hommes (67 200 $). Au bout de huit ans, ces chiffres passent à 35 700 $ et 77 000 $, ce qui signifie que les femmes gagnent 46 % de ce que gagnent les hommes.  

        Étant donné que très peu de femmes se dirigent vers les métiers, il est difficile dévaluer leurs écarts de revenus dans des métiers précis. Toutefois, si lon examine certaines des grandes catégories de métiers pour lesquelles des comparaisons sont possibles, on constate que les femmes gagnent toujours moins que les hommes. Au cours de la huitième année suivant la certification dans les métiers de la construction et de l’architecture, les femmes gagnent 78% de ce que gagnent les hommes (44600$ contre 57100$).

        Dans les métiers de l’électronique et de l’électricité, les femmes gagnent 85 % de ce que gagnent leurs homologues masculins (72 500 $ contre 85 100 $). L’écart de rémunération le plus faible se retrouve dans les métiers de la mécanique, où les femmes gagnent 89 % de ce que gagnent les hommes (74 500 $ contre 84 100 $).

        Lécart de rémunération le plus important entre les sexes est toutefois observé dans la catégorie des autres métiers, où les femmes sont nettement surreprésentées et ne gagnent que 54% (29500$ contre 54400$) de ce que gagnent les hommes. Même si lon exclut de cette vaste catégorie les techniciens/techniciennes en forage, très bien payés (et à prédominance masculine), les femmes ne gagnent toujours que 59% de ce que gagnent les hommes. 

        Les apprentis gagnent en moyenne 9 % de plus que les travailleurs qualifiés

        Si l’on compare les revenus des apprentis (c’est-à-dire les personnes qui ont terminé un programme d’apprentissage comprenant une formation en classe et en milieu de travail, puis réussi l’examen) à ceux des travailleurs qualifiés (c’est-à-dire les personnes qui se forment en milieu de travail puis passent un examen), on constate que les apprentis gagnent environ 9 % à 10 % de plus que les travailleurs qualifiés dans les années qui suivent la certification.

        En effet, la première année, les apprentis gagnent 9 % de plus que les travailleurs qualifiés (65 600 $ contre 60 300 $), et au cours de la huitième année, les apprentis gagnent 10 % de plus que les travailleurs qualifiés (75 900 $ contre 68 700 $). 

        Les revenus des compagnons comparés aux revenus des diplômés postsecondaires

        Afin de mettre les revenus des compagnons en contexte et dans le cadre de nos efforts pour aider les Canadiens et les Canadiennes à s’orienter dans leurs choix de scolarité et de formation, les revenus des compagnons présentés ici sont comparés aux revenus des diplômés postsecondaires en début de carrière couverts dans notre rapport complémentaire. Le but nest pas dattribuer une valeur plus ou moins grande à une voie donnée, mais plutôt de fournir des informations précieuses qui, combinées à une foule dautres facteurs, peuvent aider à prendre des décisions plus éclairées.  

        Ce faisant, des perspectives très différentes émergent selon le sexe. Par exemple, les femmes qui entrent sur le marché du travail avec leur nouveau certificat de métier gagnent en moyenne 31 500 $, ce qui est très similaire aux revenus des femmes détenant un certificat d’études collégiales (31 800 $) et un diplôme d’études collégiales (32 500 $) au cours de leur première année. Cependant, sept ans plus tard, les femmes titulaires d’un certificat de métier gagnent 4 100 $ de moins que leurs homologues titulaires d’un certificat d’études collégiales (35 500 $ contre 39 600 $) et 5 800 $ de moins que celles qui ont un diplôme d’études collégiales (35 500 $ contre 41 300 $). Cependant, comme nous l’avons vu, les femmes détiennent des certificats dans un nombre très limité de métiers Sceau rouge (principalement coiffeuse, cuisinière et boulangère-pâtissière), qui sont parmi les moins bien payés. Ce phénomène fait baisser le salaire moyen de l’ensemble des compagnes.

        Le scénario est tout autre pour les hommes. Les hommes titulaires d’un diplôme de métier ont de loin les revenus les plus élevés en première année (70 500 $), tandis que les hommes détenant un baccalauréat ou un certificat ou diplôme d’études collégiales ont des revenus de 42 800 $, 40 500 $ et 37 000 $ en première année.

        Sept ans après l’obtention du diplôme, les hommes titulaires d’un certificat de métier ont toujours les revenus moyens les plus élevés (77 900 $), mais de peu, puisque les titulaires de baccalauréat gagnent 75 500 $, soit 2 400 $ de moins. Les titulaires de certificat et de diplôme d’études collégiales suivent avec des revenus inférieurs d’environ 17 000 $ (61 500 $ et 60 900 $).

        Lorsqu’on examine ces comparaisons, on doit tenir compte de plusieurs mises en garde importantes, notamment le fait que, comme le souligne ce rapport, il ne s’agit que de moyennes générales et qu’il existe de grandes variations entre les domaines d’études et les catégories de métiers ainsi qu’entre les individus. Ensuite, comme le soulignent les deux rapports, ces tendances en matière de revenus ne reflètent pas les effets de causalité de la formation ou des études sur les revenus. De plus, ces revenus ne doivent pas non plus être considérés comme représentant un quelconque retour sur investissement en matière d’études et de formation. Cela nécessiterait la prise en compte des coûts, qui diffèrent nettement selon les programmes et les individus, et doivent refléter à la fois les coûts financiers directs et le coût de renonciation du temps nécessaire pour suivre la formation. Enfin, nos chiffres n’illustrent les revenus que dans les premières années au terme des programmes d’études et de formation, et il sera à la fois intéressant et important de suivre ces trajectoires de revenus plus loin dans le temps avec les mises à jour annuelles de la PLEMT au fur et à mesure quelles seront disponibles. 

        L’amélioration continue des données fournira de nouvelles pistes et informations

        Ce rapport présente des renseignements nouveaux et complets sur les revenus en début de carrière des titulaires de certificats de métiers canadiens. Notre rapport précédent fournissait une analyse comparable des revenus des diplômés postsecondaires. Pris ensemble, ces deux rapports et les documents qui s’y rapportent, notamment deux tableaux de bord interactifs, fournissent de nouvelles informations détaillées sur les revenus des compagnons certifiés et des diplômés postsecondaires. Ces outils aideront les Canadiens et les Canadiennes à prendre les décisions les plus éclairées possible quant aux études et à la formation et apporteront des informations précieuses aux autres intervenants de l’éducation et de la formation. 

        La PLEMT, dont ces informations sont tirées, permet aux chercheurs d’aborder un large éventail de questions liées aux politiques en matière d’éducation postsecondaire, de formation professionnelle, de transition entre l’école et l’emploi, de résultats sur le marché du travail et d’autres sujets connexes. Certaines limites des données affectent le type d’informations qui peuvent être présentées, notamment l’emploi effectivement occupé par un compagnon ou un diplômé de l’enseignement supérieur.

        Toutefois, Statistique Canada travaille à l’ajout de données supplémentaires à la PLEMT afin de permettre une analyse plus détaillée et plus approfondie. Cela comprendra l’introduction de nouvelles sources de données, comme le recensement de 2016 et la Base de données longitudinales sur l’immigration (BDIM).

        En outre, à mesure que des années de données seront ajoutées, la PLEMT permettra d’étudier de nouvelles cohortes de diplômés postsecondaires et de titulaires de certificats de métiers et de suivre les cohortes existantes à des intervalles de plus en plus longs. Ainsi, la PLEMT restera une source précieuse dinformations nouvelles et cruciales sur le marché du travail pour les Canadiens et les Canadiennes. 

        Introduction

        Plusieurs choix se présentent à la fin des études secondaires, notamment poursuivre une scolarité postsecondaire, entreprendre une formation en apprentissage et une certification de métier spécialisé ou entrer sur le marché du travail. Ces choix ont d’importantes implications individuelles et sociétales, et dans le contexte de la COVID-19, ils deviennent encore plus difficiles1. Dans le processus décisionnel, l’un des éléments d’information sur le marché du travail les plus recherchés est le salaire. Et si de nombreux autres facteurs sont aussi pris en compte, le but de cette recherche est de fournir à tous les intervenants – étudiants, parents, établissements, décideurs politiques, chercheurs et grand public canadien – des informations sur les salaires qui les aideront à prendre les décisions les plus éclairées possible1.  

        Un précédent partenariat de recherche entre lInitiative de recherche sur les politiques de l’éducation (IRPE)2 et le Conseil de l’information sur le marché du travail (CIMT)3 avait permis de produire un rapport sur les revenus des étudiants postsecondaires canadiens après l’obtention de leur diplôme, qui est accessible sur la page du projet IRPE-CIMT. En reconnaissance du rôle important que jouent les métiers spécialisés – environ 20 % des Canadiens exercent un métier spécialisé –, ce rapport présente de nouveaux éléments d’information détaillés sur les revenus des compagnons (titulaires de certificat de métier), en mettant l’accent sur les métiers Sceau rouge4,5. 

        Comme pour notre premier projet sur l’éducation postsecondaire, ce rapport est basé sur une analyse effectuée à laide de la Plateforme longitudinale entre léducation et le marché du travail (PLEMT) de Statistique Canada, qui contient des renseignements anonymisés sur les personnes inscrites à des programmes d’apprentissage. Ces données sont tirées des dossiers administratifs fournis par toutes les provinces et territoires du Canada et peuvent être intégrées aux informations fiscales6. Grâce à la PLEMT, nous sommes en mesure de cibler les dossiers des personnes inscrites dans le Système d’information sur les apprentis enregistrés (SIAI) qui ont reçu un certificat de métier entre 2008 et 2016. Ensuite, pour chaque cohorte, nous suivons les revenus d’emploi annuels à partir de la première année complète suivant la certification, pour toutes les années où les données fiscales sont disponibles (2009 à 2017). Dans ce rapport, nous nous concentrons principalement sur la cohorte 2009, qui peut être suivie pendant huit ans après la certification7. Cette recherche s’appuie sur une analyse documentaire des études antérieures sur les résultats des compagnons sur le marché du travail, publiées dans un Rapport de perspectives de l’IMT conjoint (IRPE et CIMT, 2021). 

        La Section 2 de ce rapport décrit les données et la méthodologie utilisées pour l’analyse.

        La Section 3 présente les trajectoires de revenus des compagnons d’apprentissage sous différents angles, y compris des comparaisons entre celles des métiers Sceau rouge et celles de l’ensemble des métiers, ainsi qu’avec les diplômés postsecondaires de notre rapport précédent. Des ventilations par sexe, par parcours (apprentis ou ouvriers qualifiés)8, par catégorie de métier et par métier pour les certificats les plus courants dans chaque catégorie de métier sont incluses. 

        La Section 4 compare les revenus des compagnons à ceux de certains diplômés postsecondaires de notre rapport précédent,

        La Section 5 conclut le rapport par un résumé succinct et un aperçu des recherches futures.

        L'annexe présente également les différences par âge au moment de l’obtention du certificat et une comparaison entre toutes les cohortes.

        1 En mars et avril 2020, plus de 3 millions d’emplois ont été éliminés de l’économie canadienne. L’emploi dans les métiers Sceau rouge s’est toutefois relativement bien porté pendant la crise. Bien qu’il ait d’abord fortement chuté – près de 30 % en mars et avril –, en décembre 2020, il avait rebondi à 2 % au-dessus de son niveau de février 2020.

        2 L’IRPE est un groupe de recherche basé à l’Université d’Ottawa qui mène des études visant à nourrir les discussions sur les politiques relatives à l’éducation, aux compétences et au marché du travail.

        3 Le CIMT est un organisme sans but lucratif indépendant dont la mission est d’offrir aux Canadiens et aux Canadiennes de l’information sur le marché du travail fiable et actuelle, de manière attrayante, afin de soutenir leur processus décisionnel.

        4 Le Programme du Sceau rouge (2018) établit des normes communes pour évaluer les compétences des gens de métier dans tout le Canada. Les gens de métier qui ont réussi l’examen reçoivent une mention Sceau rouge sur leur certificat de métier provincial ou territorial. Lorsqu’il est apposé sur le certificat, le Sceau rouge indique qu’une personne de métier a démontré les connaissances requises pour la norme nationale dans ce métier. Cette étude porte sur les personnes titulaires d’un certificat dans l’un des 56 métiers Sceau rouge, qu’elles aient ou non la mention Sceau rouge. Pour en savoir plus sur le Programme du Sceau rouge, voir Sceau rouge Canada.

        5 La PLEMT ne contient pas d’information sur les emplois occupés. Par conséquent, les revenus déclarés englobent tous les compagnons, quel que soit leur travail.

        6 Au Canada, la formation aux métiers spécialisés relève des autorités provinciales et territoriales. Les conditions d’admission varient selon le métier, mais on exige généralement un diplôme d’études secondaires (ou l’équivalent) ou une combinaison de cours de 11e et 12e année. La formation est offerte par divers établissements, notamment des collèges, des écoles polytechniques et des instituts techniques, ainsi que des organismes privés.

        7 Après avoir enquêté sur toutes les cohortes et analysé les résultats par sexe et par catégorie de métiers, nous avons relevé des irrégularités dans la cohorte 2008. La cohorte 2009 est plus représentative des tendances observées dans les cohortes suivantes et peut être suivie pendant la deuxième plus longue période (huit ans).

        8 Les apprentis se sont inscrits et ont suivi un programme d’apprentissage officiel (formation en classe et en milieu de travail), tandis que les travailleurs qualifiés ont démontré leur expérience professionnelle et ont réussi l’examen final de certification.

        Section 2 : Données et approche analytique

        Plateforme longitudinale entre l’éducation et le marché du travail (PLEMT)

        Ce projet s’appuie sur la PLEMT de Statistique Canada, une plateforme de données qui comprend des données administratives anonymisées sur les étudiants postsecondaires et ceux des programmes d’apprentissage, ainsi que des informations sur l’impôt sur le revenu de ces personnes. La PLEMT permet aux chercheurs d’aborder un large éventail de questions liées aux politiques en matière d’éducation postsecondaire, de formation professionnelle, de transition entre l’école et le travail, de résultats sur le marché du travail et d’autres sujets connexes.  

        Les composantes essentielles de la PLEMT sont trois bases de données longitudinales : le Système d’information sur les étudiants postsecondaires (SIEP), le Système d’information sur les apprentis inscrits (SIAI) et le Fichier des familles T1 (FFT1)9. La PLEMT n’est pas un ensemble de données en soi, mais plutôt un système de données relationnel qui permet aux utilisateurs de combiner le potentiel de recherche du SIEP, du SIAI et du FFT1 en intégrant ces fichiers à laide d’un identifiant anonyme au niveau de la personne10. 

        Le SIEP contient des données sur les inscriptions dans tous les établissements collégiaux universitaires publics canadiens à partir de 2009 ainsi que les caractéristiques des étudiants et des programmesLe SIAI est l’équivalent du SIEP, mais il est consacré aux programmes d’apprentis enregistrés (à partir de 2008). Les données du FFT1 sur la PLEMT sont tirées des déclarations de revenus des particuliers transférées à Statistique Canada par l’Agence du revenu du Canada (ARC) à partir de 2004. Ce rapport se concentre sur les compagnons (ou titulaires de certificat de métier) du SIAI (voir Finnie et al., 2020, pour le rapport comparable sur les diplômés postsecondaires).

        Forces et limites de la PLEMT

        La PLEMT présente des points forts remarquables. Elle comprend une représentation quasi complète et des renseignements détaillés sur la certification des métiers (et des données administratives liées à la scolarité) au Canada qui sont intégrés à d’autres ensembles de données, dont des informations précises sur les revenus, comme les revenus sur une base annuelle. 

        Cependant, comme toute source de données, la PLEMT a également des limites en ce qui a trait à sa capacité à fournir un portrait complet des résultats des personnes de métier. Par exemple, elle ne contient pas dinformations sur la profession et les caractéristiques spécifiques de l’emploi, les heures et les semaines travaillées dans une année, les groupes témoins de personnes n’ayant pas entrepris d’études postsecondaires ou de formation, ni suffisamment de données pour calculer le retour sur investissement de la formation11. Certaines de ces limites pourraient être résolues à mesure que Statistique Canada ajoute dautres ensembles de données à la plateforme.

        Mesure des revenus

        Ce projet se concentre sur le total des revenus demploi avant impôt. Ce total est calculé en combinant tous les revenus demploi versés (salaires, traitements et commissions) déclarés sur les feuillets T4, les revenus nets positifs tirés de travail indépendant (entreprise, activité professionnelle, commissions, agriculture et pêche)12, les revenus demploi exonérés selon la Loi sur les Indiens13 et les autres revenus demploi imposables non déclarés sur un feuilletT4, tels que les pourboires, les primes et les subventions de recherche nettes (Statistique Canada,2018b)14.

        Cette mesure des revenus peut donc être résumée comme suit :  

        Revenus =
        revenus d’emploi  + revenus nets positifs d’un travail indépendant
        + revenus d’emploi exonérés selon la Loi sur les Indiens + autres revenus d’emploi

        Les revenus sont ajustés en dollars constants de 2016 à l’aide de l’Indice des prix à la consommation (IPC) du Canada. 

        Une mise en garde importante concernant la catégorie des revenus d’un travail indépendant est qu’elle ne comprend que les revenus de sources non constituées en société. Dans certains cas, cependant, les compagnons peuvent constituer des sociétés et leurs revenus peuvent être transmis par le biais de dividendes, octroyés à des membres de la famille ou conservés au sein de la société. Les revenus versés sous forme de salaire par la société à des personnes physiques seraient toutefois inclus dans la mesure des revenus en tant que revenus demploi. 

        Comme le mentionne l’introduction, la PLEMT ne contient pas d’informations sur les emplois des individus. Par conséquent, les revenus déclarés concernent tous les compagnons, quel que soit leur travail. 

        9 D’autres ensembles de données, en plus des fichiers principaux SIEP, SIAI et FFT1, sont régulièrement ajoutés à la PLEMT. Pour prendre connaissance des mises à jour de la plateforme, consultez le site web du Réseau canadien des Centres de données de recherche (RCCDR).

        10 Le Rapport de perspectives de l’IMT no 4 (CIMT, 2018) donne un aperçu général de la PLEMT; le Rapport de perspectives de l’IMT no 18 (CIMT, 2019b) présente les nouveaux ensembles de données traités et ajoutés à cet environnement.

        11 Pour en savoir plus sur les limites de la PLEMT, consultez notre précédent rapport (Finnie et al., 2019) axé sur les diplômés postsecondaire et les travaux du CIMT (2018).

        12 Statistique Canada (2018b) inclut les valeurs négatives des revenus nets de travail indépendant. Dans cette analyse, nous les convertissons en valeur nulle, car les revenus ne peuvent pas, par définition, être négatifs. Les revenus d’un travail indépendant combinent les activités commerciales et les revenus du marché du travail, ce qui en complique le traitement fiscal.

         

        13 Pour que le revenu d’un emploi soit considéré comme « exonéré par la Loi sur les Indiens », le lieu de travail est un facteur important, car la plupart des emplois dans les réserves sont classés comme exonérés d’impôt. Toutefois, l’ARC reconnaît également que les employés des bandes, des conseils de bande ou des organisations qui opèrent en leur nom peuvent exercer la plupart de leurs activités en dehors de la réserve. Si l’employeur réside dans une réserve et que l’« Indien » est employé dans une activité non commerciale pour le développement social, culturel, éducatif ou économique des « Indiens » qui vivent principalement dans les réserves, le revenu de leurs employés est également exonéré d’impôt. Pour plus de renseignements sur les lignes directrices concernant le revenu d’emploi exonéré d’impôt en vertu de l'article 87 de la Loi sur les Indiens, consultez le site https://www.canada.ca/fr/agence-revenu/services/autochtones/exoneration-revenu-selon-loi-indiens.html.

        14 Pour les différentes approches du calcul des revenus dans la PLEMT, voir CIMT (2019).

        Parcours et catégories de métiers

        Parcours : apprentis et ouvriers qualifiés

        Dans le SIAI, chaque observation est associée à l’un des deux parcours, soit apprenti ou ouvrier qualifié. Le parcours indique de quelle façon le compagnon d’apprentissage reçoit son certificat de métier (Statistique Canada, 2016). 

        Dans ces données, les apprentis sont des compagnons quse sont inscrits et ont terminé un programme dapprentissage officiel, comprenant une formation structurée en milieu de travail et généralement une formation en classe pour obtenir leur certificat de métier. Les ouvriers qualifiés, eux, sont des compagnons qui n’ont pas suivi de programme d’apprentissage formel, mais qui possèdent une expérience professionnelle dans tous les domaines du métier et qui ont réussi l’examen final de certification. Les autorités de certification provinciales et territoriales définissent les conditions d’admissibilité (c’est-à-dire l’expérience, le champ d’application) pour que les ouvriers qualifiés pour un métier puissent se présenter à l’examen de certification. 

        Le SIAI contient également d’autres parcours de carrière dans les professions liées aux métiers (p. ex. : les persévérants et les apprentis ayant abandonné leur programme)mais cette étude se concentre sur les personnes de métier et les compagnons (c’est-à-dire les apprentis et les ouvriers qualifiés). 

        Métiers et catégories de métiers

        Les certificats de formation professionnelle sont délivrés par les autorités provinciales et territoriales, qui travaillent en étroite collaboration avec des partenaires de l’industrie pour concevoir les exigences, les règles et les processus de formation. C’est pourquoi il nest pas rare que pour un même métier, les méthodes d’inscription, d’accréditation et de certification des apprentis varient et que les programmes détudes et les exigences diffèrent selon la province ou le territoire 

        Le SIAI compile des informations sur les apprentis ayant terminé leur formation et sur les ouvriers qualifiés dans environ 385 métiers, issus des 13 provinces et territoires canadiens. Compte tenu de ce grand nombre, ce projet se concentre sur un sous-ensemble de métiers qui ont des normes professionnelles communes dans tout le Canada en vertu du Programme du Sceau rouge (les métiers désignés Sceau rouge). 

        Les compagnons qui réussissent l’examen du Sceau rouge (basé sur la norme interprovinciale) reçoivent une mention Sceau rouge sur leur certificat de métier provincial ou territorial (Statistique Canada, 2018b). Au moment de lanalyse, il y avait 56 métiers désignés Sceau rouge. Le rapport classe les différents métiers en six grandes catégories (tableau 1). Bien qu’il n’existe pas de classification standard des métiers au Canada, la classification utilisée s’appuie sur des études antérieures, à savoir celles de l’Alberta Advanced Education (2018) et de Sharpe et Gibson (2005). Toutefois, nous reconnaissons que toute classification de ce type est, dans une certaine mesure, arbitraire. 

        Tableau 1: Métiers aux normes Sceau rouge par catégorie de métiers 

        Métiers de la construction et de l’architecture (12 métiers) 
        Briqueteur-maçon/briqueteuse-maçonne  Ébéniste  Manœuvre en construction 
        Carreleur/carreleuse  Finisseur/finisseuse de béton  Peintre et décorateur/décoratrice 
        Charpentier/charpentière  Jointoyeur/jointoyeuse et plâtrier/plâtrière  Poseur/poseuse de revêtements souples 
        Couvreur/couvreuse  Latteur/latteuse (spécialiste de systèmes intérieurs)  Vitrier/vitrière 
        Métiers de l’électricité (4 métiers) 
        Électricien/électricienne (construction)  Électromécanicien/électromécanicienne 
        Électricien industriel/électricienne industrielle  Monteur/monteuse de lignes sous tension 
        Métiers de la mécanique (10 métiers) 
        Calorifugeur/calorifugeuse (chaleur et froid)  Monteur/monteuse d’installations au gaz (classe A)  Technicien/technicienne en instrumentation et contrôle 
        Mécanicien/mécanicienne en protection-incendie  Monteur/monteuse d’installations au gaz (classe B)  Technicien/technicienne de système de chauffage à mazout 
        Mécanicien/mécanicienne de réfrigération et d’air climatisé  Outilleur-ajusteur/outilleuse-ajusteuse   
        Monteur/monteuse d’appareils de chauffage  Plombier/plombière   
        Métiers du métal (9 métiers) 
        Chaudronnier/chaudronnière  Mécanicien industriel/mécanicienne industrielle (de chantier)  Monteur/monteuse de charpentes en acier (structural/ornemental) 
        Ferblantier/ferblantière  Monteur/monteuse de charpentes en acier (généraliste)  Monteur-ajusteur/monteuse-ajusteuse de charpentes métalliques 
        Machiniste  Monteur/monteuse de charpentes en acier (barres d’armature)  Soudeur/soudeuse 
        Véhicules et métiers connexes (15 métiers) 
        Mécanicien/mécanicienne de camions et transport  Opérateur/opératrice d’équipement lourd (excavatrice)  Technicien/technicienne en collision et en carrosserie automobile 
        Mécanicien/mécanicienne d’équipement lourd  Opérateur/opératrice d’équipement lourd (tractopelle-rétrocaveuse)  Technicien/technicienne de motocyclettes 
        Mécanicien/mécanicienne de machinerie agricole  Opérateur/opératrice de grue automotrice  Technicien/technicienne en peinture d’automobiles 
        Mécanicien/mécanicienne de véhicules automobiles  Opérateur/opératrice de grue à tour  Technicien/technicienne au service des pièces 
        Opérateur/opératrice d’équipement lourd (bulldozer)  Réparateur/réparatrice de remorques de camions  Technicien/technicienne de véhicules récréatifs 
        Autres (6 métiers) 
        Boulanger-pâtissier/boulangère-pâtissière  Cuisinier/cuisinière  Technicien/technicienne d’entretien d’appareils électroménagers 
        Coiffeur/coiffeuse  Horticulteur-paysagiste/horticultrice-paysagiste  Technicien/technicienne en forage (pétrolier et gazier) 

         

        Ce rapport examinera, à différents moments, tous les compagnons disponibles dans le SIAI (soit 385métiers), tous ceux dans les 56 métiers aux normes Sceau rouge, et un sous-ensemble précis de métiers Sceau rouge avec des observations suffisantes. Il est toutefois important de noter que lorsque l’analyse porte sur les métiers Sceau rouge, les compagnons inclus dans l’analyse peuvent ou non avoir la mention Sceau rouge sur leur certification provinciale ou territoriale. Nous utilisons simplement les métiers Sceau rouge comme sous-ensemble de métiers afin d’avoir un échantillon clair et cohérent. Les titulaires de certificat dans un métier Sceau rouge représentent environ les trois quarts de tous les compagnons dans le SIAI (voir la section 2).  

        Le tableau C1 de l’annexe résume les différences entre les provinces ou territoires pour chaque métier Sceau rouge. Le tableau C2 présente une correspondance entre tous les codes de métier du SIAI et les différents métiers Sceau rouge15.  

        15 Par exemple, les métiers Baker – Pâtissier (ON) et Pâtissier/pâtissière (QC) sont tous deux regroupés sous Boulanger-pâtissier/boulangère-pâtissière, qui est un métier Sceau rouge dans l’ensemble des provinces et territoires à l’exception de la Saskatchewan.

        Approche analytique

        Ce rapport vise à fournir de l’information sur le marché du travail stratégiquement importante à un large éventail d’intervenants, notamment les personnes qui ont des décisions à prendre en matière de formation, les établissements qui offrent de la formation technique pour des programmes dapprentissage, les décideurs politiques, lindustrie, les chercheurs et le public canadien. 

        L’objectif est de fournir un nouveau portrait détaillé des revenus des compagnons canadiens de chaque cohorte après l’obtention du diplôme, en utilisant les données fiscales annuelles. À cette fin, nous suivons les revenus d’emploi annuels des compagnons sur une base annuelle, en commençant par la première année complète suivant la certification. Pour la cohorte de 2009sur laquelle porte principalement ce rapport, les revenus annuels sont déclarés à partir de 2010. Les informations sont donc disponibles pour huit années, soit de 2010 à 2017. Ces mêmes calculs sont effectués séparément pour chaque cohorte, les plus récentes disposant d’un moins grand nombre d’années d’information sur les revenus après la certification (voir le tableau A1). 

        Nous nous concentrons sur les revenus moyens des compagnons. Si certaines études sur les résultats sur le marché du travail de ces derniers se concentrent sur les revenus médians (par exemple Statistique Canada, 2018b), une comparaison des trajectoires des revenus moyens et médians présentées dans la section 3 montre quelles sont généralement similaires (figure B1 en annexe). 

        Cette analyse vise simplement à suivre les revenus des compagnons et à les présenter de manière descriptive, par opposition à une étude de la relation entre les revenus et tout ensemble de caractéristiques démographiques ou des programmes16. De plus, les résultats ne peuvent pas être interprétés comme des effets de causalité des métiers sur les revenus puisque les individus choisissent eux-mêmes leurs parcours de formation, leur métier et d’autres aspects de leur formation. Quels qu’ils soient, les métiers exigeants physiquement ou ceux qui nécessitent que les travailleurs se trouvent dans des endroits éloignés pendant des mois peuvent à eux seuls entraîner des revenus plus élevés. Les employeurs et les organismes de parrainage ont également une influence sur qui devient apprenti, puisqu’ils financent les coûts de formation et d’examen de certaines personnes en fonction de leurs besoins et de leurs ressources. Ces processus de sélection sont généralement en corrélation avec les habiletés individuelles et d’autres facteurs qui ont leurs propres effets sur les résultats en matière de revenus, ce qui ne peut être contrôlé ici par l’approche analytique utilisée et les données disponibles. En outre, puisque le FFT1 ne contient pas de renseignements sur les heures ou les semaines travaillées, l’analyse ne peut pas ajuster les revenus en fonction des décisions relatives à la participation au marché du travail et des facteurs connexes. Tous les résultats suivent les règles de divulgation de StatistiqueCanada. 

        Bien entendu, les revenus ne sont pas le seul facteur déterminant les décisions des individus en matière de formation. Les revenus indiqués ci-dessous doivent être considérés dans ce contexte. 

        16 Une prochaine étape importante dans cet axe de recherche consisterait à utiliser l’analyse de régression et d’autres cadres analytiques plus poussés pour établir la contribution de ce genre de facteurs aux trajectoires de revenus observées, et pour dégager les trajectoires de revenus par métier après avoir contrôlé ces facteurs. L’analyse descriptive initiale présentée ici constitue toutefois un point de départ logique pour ce type de recherche.

        Sélection de l’échantillon

        Pour construire l’échantillon de compagnons utilisé dans cette analyse, nous avons commencé par rechercher dans tous les dossiers du SIAI de 2008 à 2016 et avons sélectionné ceux auxquels le certificat a été accordé au cours dune année de référence particulière, au moyen d’un indicateur de certification17. Cette étude comprend les apprentis qui ont terminé leur programme et obtenu leur certificat, et les ouvriers qualifiés pour un métier qui ont réussi un examen provincial et obtenu leur certificat. Le rapport porte sur deux groupes de compagnons: 


        Ensemble des métiers

        Ce groupe comprend toutes les personnes ayant obtenu un certificat provincial ou territorial dans n’importe quel métier. Plus de 385 métiers sont pris en compte dans le SIAI, et certains métiers ne sont reconnus que dans certaines provinces ou certains territoires. 


        Métiers Sceau rouge

        Ce groupe comprend les personnes ayant reçu leur certification dans l’un des 56 métiers reconnus par le Sceau rouge, représentant ainsi un sous-ensemble de compagnons du groupe de l’ensemble des métiers. 

        Cette étude ne fait pas de distinction entre les compagnons d’apprentissage avec ou sans mention Sceau rouge. Autrement dit, ceux qui ont une certification provinciale dans un métier Sceau rouge n’ont pas nécessairement de mention Sceau rouge. 

        Nous avons construit neuf cohortes de compagnons selon lannée civile de certification, de 2008 à 2016. En raison de sa couverture complète, le SIAI devrait en principe représenter lensemble de la population des compagnons dans les provinces et territoires canadiens18.  

        Lorsqu’un compagnon reçoit une certification dans plusieurs métiers au cours d’une année donnée, seul le dernier métier acquis est conservé. Si plusieurs certifications ont été obtenues en même temps, l’une d’entre elles a été choisie au hasard (environ 1,5 % de l’échantillon). Nous avons également limité l’échantillon aux compagnons âgés de 15 à 64 ans au moment de la certification (supprimant ainsi 0,1 % de l’échantillon). 

        Une fois que les dossiers sont sélectionnés dans le SIAI, ils sont fusionnés avec les données du FFT1 afin de permettre le suivi des revenus des compagnons jusqu’en 2017, dernière année disponible au moment de cette étude. Dans l’ensemble, 97,8 % des dossiers ont été appariés à au moins une année de données fiscales post-certification19. 

        Trois autres restrictions d’échantillon ont été imposéesD’abord, les personnes qui ne déclarent pas de revenus pour une année donnée sont exclues pour cette année, mais sont incluses pour toutes les autres années (avant et après) pour lesquelles leurs renseignements fiscaux sont disponibles, afin que les échantillons soient aussi complets et représentatifs que possible. 

        Ensuite, les personnes sont également exclues si on considère qu’elles poursuivent une formation ou des études à temps plein au cours d’une année donnée20 et pour toutes les années suivantes. Cette restriction est imposée parce que la formation continue entraîne généralement une participation moins active au marché du travail et que les nouvelles compétences ou sanctions d’études acquises à la suite dune nouvelle formation ou dun retour à lécole pourraient entraîner de nouvelles trajectoires de revenus au retour sur le marché du travail21. Si lon constate quune personne a obtenu un autre certificat de métier, elle peut être réintroduite dans léchantillon en tant que nouvelle titulaire d’un certificat de métier et suivie à partir de ce moment22. 

        Enfin, afin de se concentrer sur les compagnons qui participent de manière significative au marché du travail, ceux dont le total des revenus avant impôt est inférieur à 1 000 $ sont exclus de l’échantillon pour l’année en question. Si les personnes dont les revenus sont inférieurs à 1 000 $ sont incluses, les revenus moyens diminuent légèrement de manière générale, tandis que les trajectoires de revenus et les tendances relatives des différents groupes de titulaires de certificat de métier restent essentiellement inchangées. 

        Certaines études (par exemple Statistique Canada, 2018a) optent pour une approche d’échantillon constant équilibré, où les personnes exclues sur la base de lune des trois restrictions au cours dune année donnée sont retirées de lensemble de lanalyse pour toutes les années. Nous avons effectué des tests comparant notre approche avec celle dun échantillon constant équilibré et les trajectoires des revenus avec lapproche équilibrée se déplacent vers le haut (cest-à-dire que les revenus sont plus élevés), mais restent approximativement parallèles, indiquant ainsi des trajectoires similaires de croissance des revenus dans le temps.  

        La figure A1 en annexe illustre l’effet de ces restrictions d’échantillon (c’est-à-dire non-déclarant, formation/études supplémentaires et seuil de faible revenu) imposées séquentiellement à l’échantillon pour la cohorte 200923. 

        Certaines études (par exemple Statistique Canada, 2018a) optent pour une approche d’échantillon constant équilibré, où les personnes exclues sur la base de l’une des trois restrictions au cours d’une année donnée sont retirées de l’ensemble de l’analyse pour toutes les années. Nous avons effectué des tests comparant notre approche avec celle d’un échantillon constant équilibré. Les trajectoires des revenus avec l’approche équilibrée se déplacent vers le haut (c’est-à-dire que les revenus sont plus élevés), mais restent approximativement parallèles, indiquant des trajectoires similaires de croissance des revenus dans le temps24.  

        17 Pour constituer l’échantillon de compagnons, nous avons utilisé une combinaison de variables STATEND (soit 00 et 02) et CERT (soit 02-05) (Statistique Canada, 2016).

        18 Un petit nombre de dossiers ont été abandonnés en raison d’informations clés manquantes (0,8 %).

        19 Ce chiffre est similaire au taux d’intégration de 99 % de l’échantillon de Statistique Canada (2018b).

        20 Ces données sont enregistrées dans le FFT1 par le biais du crédit d’impôt pour études à temps plein pour les années fiscales 2009 à 2016 et les mois d’études à temps plein pour l’année fiscale 2017.

        21 La restriction d’échantillon en matière de formation continue aurait aussi pu être basée sur les fichiers SIAI/SIEP, mais nous avons décidé d’utiliser le crédit d’impôt pour études à temps plein afin d’assurer la cohérence avec notre étude précédente sur l’éducation postsecondaire (Finnie et al., 2020).

        22 Les personnes qui suivent une formation ou des études à temps partiel restent dans l’échantillon jusqu’à ce qu’on les observe en train d’obtenir une nouvelle certification ou sanction d’études, car la formation à temps partiel leur permet de rester sur le marché du travail. De même, les compagnons qui apprennent un autre métier en milieu de travail et non dans le cadre d’une formation en apprentissage officielle restent également dans l’échantillon pendant leur formation jusqu’à ce qu’ils obtiennent un nouveau certificat.

        23 La figure A1 de l’annexe montre que la proportion de non-déclarants varie entre 5 % et 7 % chaque année après la certification, et que 2 % à 6 % des compagnons sont retirés parce qu’ils gagnent moins de 1 000 $. En raison de son caractère cumulatif, la restriction en matière d’études ou de formation continue augmente avec le temps : 3 % du groupe de l’ensemble des métiers sont exclus un an après la certification, ce pourcentage passant à 16 % 8 ans plus tard, tandis que les chiffres pour les métiers Sceau rouge sont de 2 % et 13 %.

        24 L’étude de Statistique Canada (2018a) se distingue également par d’autres aspects, notamment les restrictions de l’échantillon, la mesure précise des revenus, la présentation des revenus médians plutôt que moyens, et ce que l’analyse couvre. Les deux projets représentent donc deux traitements indépendants mais liés des revenus des compagnons en début de carrière.

        Caractéristiques de l’échantillon

        Le tableau A2 présente le nombre et la distribution des compagnons par cohorte et selon différentes caractéristiques démographiques et de programme, tant pour lensemble de léchantillon (385métiers) que pour les métiers Sceau rouge (56métiers). Dans les deux groupes, le nombre de certifications accordées a augmenté jusquen 2013 et légèrement diminué à partir de 2014.  

        Pour l’ensemble des cohortes, le nombre de certificats délivrés va de 44 900 en 2008 à 52 300 en 2016 pour l’ensemble des métiers et de 34 200 à 37 700 pour les métiers Sceau rouge. Les certificats délivrés pour les métiers Sceau rouge représentent environ les trois quarts de l’ensemble des cohortes. Le présent rapport se concentre principalement sur ces métiers Sceau rouge en tant que groupe bien défini de compagnons. La section3 montre que les trajectoires de revenu des métiers Sceau rouge sont semblables, bien que légèrement supérieures, à celles des autres métiers. 

        La répartition par sexe, par parcours et par âge est très similaire dans l’ensemble des métiers et dans les métiers Sceau rouge. Ce dernier groupe compte toutefois une proportion légèrement plus élevée de personnes ayant suivi un programme d’apprentissage et une population un peu plus jeune. 

        Les restrictions d’échantillon présentées dans la section 2 affectent les différentes catégories de métiers de manière très similaire, à l’exception de la catégorie des autres métiers, qui compte une plus grande proportion d’individus allant chercher plus de formation et dont le revenu est inférieur à 1 000 $ (la figure A2 en annexe montre l’effet de ces restrictions par catégorie de métier pour la cohorte 2009). Les caractéristiques de l’échantillon sont également très similaires selon le sexe, le parcours, l’âge, la région et la catégorie de métier lorsqu’on compare l’échantillon avant et après l’application des restrictions (le tableau 3 en annexe explore ces effets sur la cohorte 2009 pour toutes les caractéristiques). 

        Le tableau 2 montre que les femmes comptent pour 8,8 % des certificats délivrés en 2009 dans les métiers Sceau rouge. Elles représentent entre 1,3 % et 2,3 % des compagnons dans chaque catégorie, sauf dans les autres métiers, où elles détiennent 67,4 % de tous les certificats, en grande partie en raison du nombre de coiffeuses, de cuisinières et de boulangères-pâtissières. 

        Tableau 2Répartition des compagnons par sexe, cohorte 2009 (après l’application des restrictions d’échantillon) 

          Ensemble  Femmes  Hommes 
          Nombre  Distribution  Part  Distribution  Part  Distribution 
        Tous les métiers (385)  40900  100,0%  8,8%  100,0%  91,5%  100,0% 
        Métiers Sceau rouge (56)  32200  78,7%  8,8%  78,6%  91,3%  78,9% 
        Catégorie de métier 
        Construction et architecture  6200  19,3%  1,8%  3,9%  98,2%  20,7% 
        Électronique et électrique  6430  20,0%  1,4%  3,2%  98,6%  21,6% 
        Mécanique  5440  16,9%  1,3%  2,5%  98,7%  18,3% 
        Métal  5280  16,4%  2,3%  4,2%  97,7%  17,6% 
        Véhicule et domaines apparentés  5450  16,9%  2,2%  4,2%  97,8%  18,1% 
        Autres  3440  10,7%  67,4%  82,0%  32,6%  3,8% 

         

        Les compagnons sont également répartis de manière assez égale entre les six catégories de métiers. Les métiers de l’électricité et l’électronique représentent 20 % des certificats délivrés, suivis des métiers de la construction et de l’architecture avec 19 %, des métiers de la mécanique et du véhicule et des domaines apparentés qui représentent tous deux 17 %, et les métiers du métal et les autres métiers arrondissent le compte avec 16 % et 11 %. Le tableau A4 en annexe présente la distribution par région pour la cohorte 2009. 

        Quelques différences régionales méritent d’être soulignées, à savoir que 46 % de tous les certificats québécois accordés dans les métiers Sceau rouge sont dans la catégorie de la construction et de l’architecture, qui ne représente que 7 % des métiers en Alberta. En même temps, les provinces de l’Atlantique et le Québec ont une très faible proportion de leurs compagnons dans la catégorie des autres métiers. Ces disparités sont dues à plusieurs facteurs, notamment les variations de structure industrielle et de métiers Sceau rouge dans chaque province ou territoire. Par exemple, 14 des 56 métiers Sceau rouge ne sont pas reconnus au Québec, dont aucun ne fait partie de la catégorie de la construction et de l’architecture et sept font partie du secteur du véhicule et domaines apparentés. La figure A3 en annexe présente également le nombre de certificats accordés en 2009 dans chaque métier Sceau rouge. 

        Section 3: Revenus des compagnons

        Cette section présente les revenus des compagnons qui ont reçu leur certificat de métier, avec une attention particulière aux métiers Sceau rouge et à ceux qui ont reçu leur certificat en 2009 (encadré 1). La cohorte 2009 est suivie année par année pendant huit ans après la certification (jusqu’en 2017).

        Encadré 1 : Pourquoi se concentrer sur les métiers Sceau rouge et la cohorte 2009?

        Nous ciblons les 56 métiers Sceau rouge et la cohorte 2009 pour cinq raisons :

        • Le nombre de certificats délivrés dans les métiers Sceau rouge représente chaque année les trois quarts de l’ensemble des certificats (section 2 et tableau A2);
        • Chaque métier Sceau rouge a une définition claire et propre à la province ou au territoire (tableaux C1 etC2);
        • Les revenus de l’ensemble des compagnons des métiers Sceau rouge sont très similaires à ceux des autres métiers (figure 1);
        • La cohorte 2009 est utilisée dans ce rapport parce que nous avons relevé des irrégularités dans la cohorte 2008 après l’analyse des revenus par sexe et par catégorie de métier25;
        • Les tendances des revenus des autres cohortes (2010 à 2016) ont des trajectoires similaires (figure B2 en annexe).

        Il est toutefois important de noter que nous ne faisons pas de distinction entre les compagnons avec et sans véritable mention Sceau rouge dans ces 56 métiers. Nous suivons simplement les revenus de tous les compagnons ayant des certifications provinciales dans ces métiers.

        25 Les irrégularités de la cohorte 2008 sont principalement dues à un nombre anormalement élevé de techniciens/techniciennes en forage par rapport aux cohortes suivantes, ce qui n’a pas eu d’influence considérable sur la structure globale des revenus, mais en a eu une lorsqu’on les a ventilés par parcours et par catégorie de métier.

        Dans un premier temps, nous présentons les revenus de l’ensemble des compagnons, puis nous les ventilons par sexe et par parcours. Ensuite, nous analysons les revenus par catégorie de métierd’abord pour l’ensemble des compagnons, puis à nouveau par sexe. Enfin, nous présentons les revenus des compagnons pour les cinq métiers pour lesquels le plus grand nombre de certificats ont été délivrés dans chaque catégorie de métier. 

        En examinant ces modèles de revenus après la certification, il est important de garder à l’esprit que nous ne disposons pas d’informations sur les emplois des individus. Par conséquent, les revenus présentés ici sont ceux de compagnons, quel que soit l’emploi qu’ils occupent. Autrement dit, bien qu’une personne soit titulaire d’un certificat de métier particulier, nous ne pouvons pas déterminer si elle exerce ce métier. 

        Ensemble des compagnons des métiers Sceau rouge

        Revenus des métiers Sceau rouge comparés à ceux de l’ensemble des autres métiers

        La figure1 compare les revenus moyens des compagnons de l’ensemble des métiers (représentant les 385 métiers disponibles dans le SIAI), ainsi que ceux des métiers Sceau rouge (56 métiers) et des métiers non-Sceau rouge (les 329 métiers restants)26. Étant donné que les compagnons des métiers Sceau rouge représentent plus des trois quarts du groupe de l’ensemble des métiers, les premiers tirent les revenus des seconds vers le haut, ce qui explique pourquoi ils ont des niveaux et des trajectoires de revenus très similaires. Les revenus des métiers non-Sceau rouge sont un peu moins élevés, mais leur trajectoire semble refléter celle des métiers Sceau rouge. 

        En moyenne, les revenus de la première année de l’ensemble des métiers et des métiers Sceau rouge sont de 62 200 $ et 64 000 $ et passent à 71600$ et 73800$ huit ans après la certification. La différence moyenne pour une année donnée est denviron 2400$ (ou 3%). Les revenus ont augmenté régulièrement après la certification (3,4% par an au cours des cinq premières années) et ont chuté les deux années suivantes, en raison du ralentissement des métiers du métal et de lélectricité et électronique. Le salaire moyen a ensuite augmenté à nouveau huit ans après la certification. 

        La baisse observée après la cinquième année (représentant 2014) est également enregistrée par d’autres cohortes (figure B2). Après un examen plus approfondi, elle semble plus prononcée en Alberta et dans les provinces de l’Atlantique, ainsi que dans les catégories de métiers largement associées au secteur de l’énergie. Cette baisse se reflète également dans le nombre de certificats délivrés (tableau A2). 

        Revenus par sexe

        La figure 2 présente les revenus de la cohorte de compagnons de 2009 par sexe. En moyenne, les femmes gagnent 31 400 $ au cours de la première année suivant la certification, soit 47 % de ce que gagnent les hommes au même moment de leur carrière (67 200 $ ou 35 800 $ de plus que les femmes). Huit ans plus tard, ce différentiel reste pratiquement inchangé : les femmes gagnent 35 700 $, soit 46 % de ce que gagnent les hommes (77 000 $). 

        Ces écarts sont dus en partie à la répartition différente des hommes et des femmes selon les catégories de métiers (section 2). L’analyse des revenus par sexe dans des métiers précis n’est pas possible en raison de la taille limitée des échantillons, mais nous ventilons les revenus par sexe et par catégorie de métiers à la section 327. Les décisions relatives à la participation au marché du travail qui entraînent des variations dans les heures et les semaines de travail (dont des différences dues à l’éducation des enfants et à d’autres responsabilités familiales), ainsi que la discrimination qui existe sur le marché du travail, sont aussi des facteurs importants qui, estime-t-on, contribuent à ces écarts de rémunération entre les sexes28. 

        26 Le revenu moyen reflète la moyenne arithmétique des revenus de tous les travailleurs, tandis que le revenu médian représente le niveau de revenu de la personne qui se trouve exactement au milieu de la distribution. Autrement dit, 50 % des personnes de l’échantillon ont des revenus plus élevés, tandis que les 50 % restants ont des revenus plus faibles. La moyenne est légèrement supérieure à la médiane, ce qui indique que les personnes à revenu élevé font augmenter la moyenne plus que les personnes à faible revenu ne la font baisser, ce qui reflète une répartition sous-jacente inégale. Voir la section 2.4 et la figure B1 en annexe pour des informations complémentaires et une comparaison des revenus moyens et médians.

        27 Un prolongement intéressant serait d’utiliser les métiers les plus courants et de ventiler les revenus par sexe lorsque possible. L’utilisation d’un cadre de régression pourrait également aider à traiter les petites tailles d’échantillon.

        28 D’autres études ont démontré que les femmes exerçant des métiers à prédominance masculine ont tendance à avoir des revenus inférieurs à ceux de leurs homologues masculins, même après contrôle de l’âge, de la progression et du niveau de scolarité, bien que les différences deviennent moins importantes (IRPE et CIMT, 2021).

        Revenus par parcours (apprentis et travailleurs qualifiés)

        La figure3 compare les revenus des apprentis (c’est-à-dire les personnes qui terminent le programme d’apprentissage et obtiennent une certification) à ceux des ouvriers qualifiés (c’est-à-dire les personnes qui sont formées en cours d’emploi et obtiennent une certification). Leurs revenus sont similaires, mais les apprentis gagnent toujours plus. En effet, un an après la certification, les apprentis gagnent 65600 $ et les ouvriers qualifiés, 60300 $. Huit ans plus tard, leurs revenus passent respectivement à 75 900 $ et68700 $. Au fil des ans, l’écart entre les deux groupes fluctue entre 5 300 $ et 7 500 $, soit une différence de 7 % à 10 %. L’exploration en profondeur de ces tendances constituerait une suite intéressante à ce projet. 

        Catégories de métier

        Si l’on examine les trajectoires des revenus par catégorie de métier au cours de la première année suivant l’obtention du diplôme (figure 4), les personnes travaillant dans les métiers de la mécanique et de l’électricité et l’électronique sont celles qui gagnent le plus, avec 76100 $ et 74200 $, suivies de celles travaillant dans les métiers du métal et ceux du véhicule et domaines apparentés, avec 73100 $ et 66900 $. Les personnes certifiées en construction et architecture et dans les autres métiers ont les revenus les plus faibles, avec 50 200 $ et31800 $. Bien entendu, les métiers de chaque catégorie peuvent avoir un rôle important à jouer dans les tendances générales du groupe. 

        Huit ans après la certification, le classement des catégories de métiers selon les revenus reste le même, à l’exception des métiers de l’électricité et l’électronique, qui représentent désormais le plus haut revenu, soit 85000 $. Les métiers du métal, de la mécanique et ceux du véhicule et domaines apparentés suivent avec 84 100 $ et 84000 $ et 80 800 $. Les métiers de la construction et l’architectural et les autres métiers arrivent derniers avec 56900 $ et38200 $. 

        Toutes les catégories de métiers enregistrent leurs revenus les plus élevés au cours de la cinquième année suivant la certification (2014) et connaissent une baisse au cours des deux années suivantes, à l’exception des métiers de la construction et de l’architecture et des autres métiers, dont les revenus restent assez stables dans le temps.  

        Encore une fois, il est important de reconnaître que les différences de revenus entre les catégories de métiers ne reflètent pas nécessairement les effets de causalité de l’obtention d’un diplôme dans un métier ou un autre. De multiples facteurs contribuent aux variations observées, notamment les habiletés sous-jacentes des personnes qui s’orientent vers différents métiers, les heures et les semaines travaillées et la composition hommes-femmes de chaque catégorie de métier.

        Revenus par catégorie de métier et par sexe

        Comme mentionné ci-dessus, il n’est pas possible de présenter les revenus par métier précis et par sexe, car peu de femmes reçoivent des certifications de métier. En effet, le tableau 2 montre que les femmes comptent pour moins de 2,5 % des compagnons dans chaque catégorie, sauf pour la catégorie des autres métiers, où elles représentent 67%.  

        Toutefois, lorsqu’on examine les grandes catégories de métiers, la figure 5 montre que les femmes gagnent moins que les hommes partout sauf dans le secteur de la mécanique où la tendance est incohérente. En moyenne, dans l’année suivant la certification, dans les métiers du métal, les femmes gagnent environ entre 84 % de ce que gagnent les hommes, contre 79 % huit ans plus tard. Dans les métiers de l’électricité, les femmes gagnent 88 % de ce que gagnent les hommes au cours de la première année, puis 85 % huit ans plus tard. Les femmes en construction et architecture, et celles qui travaillent dans les métiers du véhicule et des domaines apparentés gagnent respectivement 86 % et 79 % de ce que gagnent les hommes au cours de la première année, contre 78 % et 71 % au cours de la huitième année. On observe l’écart de rémunération hommes-femmes le plus important dans la catégorie « autres métiers » gagnent 56 % de ce que gagnent les hommes au cours de la première année, ce qui s’explique en partie par la surreprésentation des hommes dans le métier de techniciens en forage, l’un des métiers les mieux rémunérés parmi les compagnons. Huit ans après la certification, les femmes gagnent toujours 54 $ de ce que gagnent les hommes dans la catégorie « autres métiers ». En excluant les techniciens de forage, il reste que les femmes ne touchent que 60 à 67 % du salaire des hommes.

        Ces écarts de rémunération, comme nous l’avons vu précédemment, peuvent être le résultat de facteurs impossibles à contrôler avec les données existantes, comme les différences d’heures et de semaines de travail, notamment dues à l’éducation des enfants et à d’autres responsabilités familiales. D’autres études sur les écarts de rémunération dans les métiers qui contrôlent certains de ces facteurs ont tout de même relevé une différence (bien que plus petite), ce qui suggère que la discrimination peut encore être un facteur déterminant. 

        Figure 5 : Revenus moyens des compagnons des métiers Sceau rouge, par catégorie de métier et par sexe, cohorte 2009

        (en dollars constants de 2016)

         

        Métiers précis

        Dans cette section, nous présentons les revenus des cinq métiers les plus courants dans chaque catégorie de métiers, déterminés par le nombre de certificats accordés (voir le tableau 3). La figure B3 en annexe présente les revenus de la première et de la huitième année de la cohorte 2009 pour tous les métiers Sceau rouge disponibles, classés des revenus les plus élevés aux revenus les plus faibles de la huitième année. Comme mentionné précédemment, l’emploi occupé n’est pas disponible dans les données et les revenus sont présentés par certificat de métier, indépendamment de la profession exercée. 

        Catégorie de métiers  des 5 métiers les plus courants  5 métiers les plus courants  %
        Construction et architectural 86%  Charpentier/charpentière  57% 
        Carreleur/carreleuse  12% 
        Couvreur/couvreuse  7% 
        Briqueteur-maçon/briqueteuse-maçonne  5% 
        Latteur/latteuse (spécialiste de systèmes intérieurs)  4% 
        Électricité et électronique  94%  Électricien/électricienne (construction)  80% 
        Électricien industriel/électricienne industrielle  14% 
        Mécanique  90%  Plombier/plombière  28% 
        Monteur/monteuse d’installations au gaz (classe A)  21% 
        Monteur/monteuse d’appareils de chauffage  21% 
        Mécanicien/mécanicienne de réfrigération et d’air climatisé  11% 
        Technicien/technicienne en instrumentation et contrôle  8% 
        Métal  90%  Soudeur/soudeuse  36% 
        Mécanicien industriel/mécanicienne industrielle (de chantier)  30% 
        Ferblantier/ferblantière  10% 
        Machiniste  9% 
        Monteur/monteuse de charpentes en acier (barres d’armature)  4% 
        Véhicule et domaines apparentés  87%  Mécanicien/mécanicienne de véhicules automobiles  40% 
        Mécanicien/mécanicienne d’équipement lourd  21% 
        Mécanicien/mécanicienne de camions et transport  16% 
        Technicien/technicienne en collision et en carrosserie automobile  5% 
        Opérateur/opératrice de grue automotrice  5% 
        Autres  99%  Coiffeur/coiffeuse  63% 
        Cuisinier/cuisinière  25% 
        Boulanger-pâtissier/boulangère-pâtissière  4% 
        Horticulteur-paysagiste/horticultrice-paysagiste  4% 
        Technicien/technicienne en forage (pétrolier et gazier)  3% 

        En construction et architectural, les cinq métiers les plus courants constituent 86 % de tous les certificats délivrés (charpentier/charpentière, 57 %; carreleur/carreleuse, 12 %; couvreur/couvreuse, 7 %; briqueteur-maçon/briqueteuse-maçonne, latteur/latteuse (spécialiste de systèmes intérieurs), 4 %). 

        Comme le montre la figure 6, les latteurs/latteuses (spécialistes de systèmes intérieurs) sont les mieux payés (de 53900 $ la première année à 60800 $ huit ans après la certification), suivis des charpentiers/charpentières (51800 $ et 60 000 $), des briqueteurs-maçons/briqueteuses-maçonnes (46 900 $ et 55200 $) et des couvreurs/couvreuses (45 200 $ et 52 300 $). Les carreleurs/carreleuses (44 800 $ et 45700 $) enregistrent les revenus les plus faibles parmi les cinq métiers les plus courants en construction et architectural, mais sans grande marge. 

        En raison de problèmes liés à la taille de l’échantillon, seuls deux métiers de l’électricité et l’électronique sur quatre sont présentés à la figure 7; toutefois, ensemble, ils représentent 94 % de toutes les certifications accordées dans cette catégorie de métiers (électricien/électricienne de construction, 80 %; et électricien industriel/électricienne industrielle, 14 %). Alors qu’au départ les électriciens de construction gagnent plus (72 000 $) que les électriciens industriels (68 100 $) de près de 4 000 $, huit ans plus tard, cest le contraire qui se produit, puisque les revenus des électriciens industriels (85300$) dépassent maintenant ceux des électriciens de construction (80800$) de près de 5000$. 

        Sur dix métiers en mécanique (figure 8), les cinq premiers représentent 90 % des certificats délivrés (plombier/plombière, 28 %; monteur/monteuse d’installations au gaz de classe A, 21 %; monteur/monteuse d’appareils de chauffage, 21 %; mécanicien/mécanicienne de réfrigération et d’air climatisé, 11 %; technicien/technicienne en instrumentation et contrôle, 8 %). 

        Les techniciens/techniciennes en instrumentation et contrôle ont les niveaux de rémunération les plus élevés (107600 $ et 119200 $), avec une marge substantielle. Avec les monteurs/monteuses d’appareils de chauffage (91700 $ et 98 700 $), ils connaissent une légère baisse de leurs revenus au cours des sixième et septième années suivant la certification.  

        Les mécaniciens/mécaniciennes de réfrigération et d’air climatisé (74 600 $ et 85000 $), les monteurs/monteuses d’installations au gaz de classe A (70300 $ et 72 100 $) et les plombiers/plombières (64000 $ et 71 400 $) ont des trajectoires de revenus un peu plus stables au cours des années qui suivent la certification.

        Les soudeurs/soudeuses (36 %), les mécaniciens industriels/mécaniciennes industrielles (de chantier) (30 %), les ferblantiers/ferblantières (10 %), les machinistes (9 %) et les monteurs/monteuses de charpentes en acier (barres d’armature) (4%) représentent collectivement 90 % des métiers du métal, comme le montre la figure 9. 

        Les mécaniciens industriels/mécaniciennes industrielles (de chantier) sont ceux qui gagnent le plus, avec 78800 $ au départ et 96 900 $ huit ans plus tard. Les soudeurs/soudeuses suivent avec 73 300 $ la première année, mais connaissent une baisse six ans après la certification, pour atteindre 81 400 $ la huitième année. Les monteurs/monteuses de charpentes en acier (barres d’armature) connaissent une situation similaire avec une baisse la troisième année (61 600 $ et 66 800 $). 

        Les ferblantiers/ferblantières (65500 $) gagnent plus que les machinistes (61800 $) au cours de la première année suivant la certification. Huit ans plus tard, c’est toutefois le contraire qui se produit, car les revenus des machinistes (76 000 $) dépassent ceux des ferblantiers/ferblantières (71400 $).

        Les cinq plus métiers les plus courant du véhicule et des domaines apparentés représentent 87 % de l’ensemble des certificats délivrés dans cette catégorie (mécanicien/mécanicienne de véhicules automobiles, 40 %; mécanicien/mécanicienne d’équipement lourd, 21 %; mécanicien/mécanicienne de camions et transport, 16 %; technicien/technicienne en collision et en carrosserie automobile et opérateur/opératrice de grue automotrice,5 % chacun). 

        La figure10 montre que les mécaniciens/mécaniciennes d’équipement lourd et les opérateurs/opératrices de grue automotrice sont les deux métiers les mieux rémunérés de la catégorie, avec 98200 $ et 93500 $ à l’entrée sur le marché du travail et 110 400 $ et 106 600 $ huit ans plus tard. 

        Suivent les mécaniciens/mécaniciennes de camions et transport (65700 $ et 77 400 $), les mécaniciens/mécaniciennes de véhicules automobiles (51600 $ et 65800 $) et les techniciens/techniciennes en collision et en carrosserie automobile (48600 $ et69000 $).

        En 2009, 99 % de tous les certificats de la catégorie autres ont été délivrés dans cinq des six métiers représentés (coiffeur/coiffeuse, 63%; cuisinier/cuisinière, 25%; boulanger-pâtissier/boulangère-pâtissière, 4%; horticulteur-paysagiste/horticultrice-paysagiste, 4%; technicien/technicienne en forage (pétrolier et gazier), 3%). La figure 11 présente leurs revenus. 

        Le salaire des techniciens/techniciennes en forage est de 111 600 $ la première année et passe à 151 100 $ cinq ans plus tard. Deux ans plus tard, il tombe à 85 500 $, sans doute en raison de l’instabilité du secteur, pour remonter à 103 500 $ la dernière année. Les techniciens en forage font augmenter considérablement le salaire moyen des hommes dans la catégorie des autres métiers, car ils représentent un large segment des hommes (voir la figure 5), mais ne font pas augmenter de manière notable l’ensemble de la catégorie des autres métiers (voir la figure 4), car ils sont très peu nombreux. 

        Les horticulteurs-paysagistes/horticultrices-paysagistes sont les deuxièmes (loin derrière) dans cette catégorie, avec des revenus de 48 800 $ la première année suivant la certification et de 57 000 $ huit ans plus tard, suivis des cuisiniers/cuisinières (38 000 $ et 49 300 $) et des boulangers-pâtissiers/boulangères-pâtissières (37 500 $ et 42 400 $). Les coiffeurs/coiffeuses ont les niveaux de revenu les plus bas, soit 23 700 $ et 28 100 $. 

        Section 4 : Revenus des compagnons et de certains diplômés postsecondaires

        À la fin de leurs études secondaires, les Canadiens et les Canadiennes ont devant eux un ensemble de choix à faire concernant leur scolarité et leur formation. Alors que beaucoup décident d’entrer directement sur le marché du travail, d’autres choisissent de poursuivre des études postsecondaires ou un certificat de métier spécialisé qui combine une formation en classe et en milieu de travail. Notre étude d’opinion publique a révélé que lors de leur processus de décision, les gens prennent en compte un large éventail de facteurs, notamment leurs préférences et intérêts personnels, le temps, les coûts et les efforts associés aux études ou à la formation, ainsi que les revenus potentiels. En effet, le salaire est l’un des éléments d’information sur le marché du travail les plus recherchés. 

        Afin d’aider les Canadiens à prendre ces décisions et de remettre les conclusions de ce rapport dans le contexte plus large des études et de la formation, nous mettons en parallèle les revenus des compagnons présentés ici et les revenus des diplômés postsecondaires canadiens en début de carrière, par sanction et domaine détudesqui figurent dans notre rapport complémentaire publié récemment. Le fait de placer les revenus des compagnons aux côtés de ceux des diplômés postsecondaires ne vise pas à accorder une valeur plus ou moins grande à une voie particulière ni à suggérer que les revenus seuls devraient déterminer les choix de carrière, mais plutôt à fournir des renseignements importants qui aideront les Canadiens à prendre des décisions plus éclairées. 

        Pris ensemble, ces rapports fournissent des informations détaillées sur les revenus des Canadiens qui entreprennent des études et une formation postsecondaire. Dans cette section, nous présentons les revenus des personnes qui ont obtenu des certificats (programmes d’un an en général) et des diplômes (programmes de deux ans en général) d’études collégiales, des baccalauréats (programmes de trois ou quatre ans en général) et des certificats de compagnon pour les métiers Sceau rouge (programmes de deux à cinq ans combinant une formation en milieu de travail et en classe)29, 30. 

        Lorsqu’on les examine ensemble (figure 12), il est important de se rappeler que, tant pour les personnes exerçant un métier que pour celles qui ont fait des études postsecondaires, il existe de grandes variations selon la catégorie de métier et le domaine détudes, comme on peut le voir dans les deux rapports et les deux tableaux de bord interactifs. Il existe également de grandes variations entre les individus au sein de chaque domaine et catégorie. Nous ne présentons ici que les revenus moyens pour l’ensemble des compagnons titulaires dun certificat de métier Sceau rouge et des diplômés postsecondaires aux différents niveaux considérés. Il sagit là dune mise en garde importante, surtout si lon considère les informations en fonction du sexe. Dautres mises en garde concernant linterprétation de ces trajectoires de revenus sont fournies ci-dessous. 

        La figure 12 montre que les compagnes d’apprentissage, au cours de la première année suivant leur certification dans un métier Sceau rouge, gagnent en moyenne 31 500 $, ce qui est très similaire aux niveaux de rémunération des femmes ayant un certificat de niveau collégial (31 800 $) et un diplôme de niveau collégial (32 500 $). Sept ans plus tard, les femmes titulaires d’un certificat de métier gagnent 4 100 $ de moins que leurs homologues titulaires d’un certificat de niveau collégial (35 500 $ contre 39 600 $) et 5 800 $ de moins que celles qui ont un diplôme de niveau collégial (35 500 $ contre 41 300 $). Cependant, comme nous l’avons vu plus haut, de nombreuses femmes détiennent un certificat dans un nombre très restreint de métiers Sceau rouge (c’est-à-dire principalement coiffeuse, cuisinière et boulangère-pâtissière), qui sont parmi les moins bien payés. Cela fait baisser le salaire moyen de l’ensemble des compagnes d’apprentissage jusqu’aux niveaux observés ici. Si l’on compare avec les femmes dans des catégories de métiers précises (comme les métiers de l’électricité et l’électronique, de la mécanique ou du métal; voir la  figure5)les compagnes enregistrent clairement des revenus moyens plus élevés que les femmes détenant lun des diplômes détudes postsecondaires  mentionnés ici. Cela représente d’excellentes occasions – qui ne se concrétisent pas actuellement – d’encourager, de guider et de soutenir les femmes qui pourraient envisager dexercer des métiers spécialisés. 

        Les hommes titulaires d’un certificat Sceau rouge, quant à eux, ont des revenus de 70 500 $ en première année, comparativement à 42 800 $ pour ceux qui détiennent un baccalauréat, 40 500 $ pour les détenteurs d’un certificat de niveau collégial et 37 000 $ pour les détenteurs d’un diplôme de niveau collégial. Sept ans après la certification, les hommes titulaires d’un certificat de compagnon gagnent 77 900 $, contre 75 500 $ pour les titulaires de baccalauréat, suivis par les titulaires de certificat (61 500 $) et de diplôme (60 900 $) de niveau universitaire.

        29 Le rapport sur l’éducation postsecondaire inclut également les revenus des diplômés de l’enseignement supérieur, mais nous nous concentrons ici sur les baccalauréats et les certificats et diplômes de niveau collégial car, à l’instar des programmes de métiers, ils sont généralement acquis directement après l’école secondaire sans conditions préalables supplémentaires.

        30 Alors que les données du SIAI concernant les compagnons d’apprentissage commencent en 2008, celles de son équivalent postsecondaire, le Système d’information sur les étudiantes postsecondaires (SIEP), ne commencent qu’en 2010. Pour une description complète du SIEP et des diplômes utilisés dans l’étude précédente, veuillez consulter le rapport sur le site web CIMT.

        Figure 12: Revenus moyens des diplômés postsecondaires et des compagnons des métiers Sceau rouge, cohorte 2010

        (en dollars constants de 2016)

         

        Ces comparaisons doivent être interprétées en tenant compte de plusieurs mises en garde importantes. D’abord, comme mentionné ci-dessus, il ne s’agit que de valeurs générales représentées par les revenus moyens. Il existe des variations substantielles des revenus entre les domaines détudes et les catégories de métiers ainsi quau niveau individuel. Ces répartitions se chevauchent généralement, ce qui signifie que les revenus des individus sécartent de ces grandes tendances, et dans de nombreux cas, de manière substantielle. 

        Ensuite, comme le soulignent les deux rapports, ces trajectoires de revenus ne reflètent pas les effets causaux de la formation ou de la scolarité sur les revenus. En particulier, les revenus seraient généralement différents même en l’absence de cette formation et de ces études en raison des différences de caractéristiques individuelles dans toute une série de dimensions. Lorsqu’elles sont corrélées avec les choix de scolarité et de formation, ces caractéristiques individuelles influent à elles seules sur les revenus. Ces différences sont particulièrement pertinentes dans un contexte où les individus choisissent eux-mêmes leurs programmes, le type de diplôme et le domaine ou la catégorie. Ces décisions sont susceptibles d’être fondées au moins en partie sur ce que les individus pensent être le mieux pour eux, à la fois en matière de revenus ainsi que par rapport à d’autres aspects de la carrière et de la vie. 

        Par ailleurs, ces revenus ne traduisent pas le retour sur investissement de la scolarité et de la formation acquises. Ces calculs doivent tenir compte des coûts, qui diffèrent sensiblement selon les programmes et les individus, et représentent les coûts financiers directs, le coût de renonciation du temps nécessaire, ainsi que dautres facteurs. En outre, différents programmes – dont presque tous les métiers  impliquent une formation en milieu de travail, qui peut procurer des revenus compensant les coûts de la formation et offrir une expérience sur le marché du travail, qui mènera généralement à des revenus plus élevés après lachèvement du programme. 

        Enfin, nos chiffres ne représentent que les revenus des premières années après la fin des programmes d’études et de formation. Il sera intéressant et important de suivre ces trajectoires de revenus plus en détail avec les mises à jour annuelles de la PLEMT au fur et à mesure qu’elles seront disponibles. 

        En somme, ces comparaisons sont destinées à fournir du contexte uniquement. Elles ont pour objectif d’informer davantage les Canadiens qui font des choix en matière de scolarité et de formation, ainsi que les autres intervenants, sur les revenus en début de carrière associés à certaines des voies de formation et de scolarité offertes. 

        Section 5 : Conclusion et travaux à venir

        Ce rapport et les ressources connexes, dont le tableau de bord interactif, présentent les résultats d’une analyse des revenus en début de carrière des compagnons au Canada à l’aide de la Plateforme longitudinale entre l’éducation et le marché du travail (PLEMT). L’objectif est dinformer un large éventail d’intervenants, notamment les personnes qui ont des décisions à prendre en matière de formation, les établissements qui offrent de la formation technique pour les programmes d’apprentissage, les décideurs politiques, l’industrie, les chercheurs et le public canadien. 

        Dans l’ensemble, on constate que les personnes qui ont obtenu leur certification en 2009 dans un métier Sceau rouge ont gagné en moyenne 64000 $ la première année. Les revenus ont augmenté régulièrement après la certification (4,2% par an), atteint un sommet de 76200$ après cinq ans (en 2014) et diminué les deux années suivantes, pour remonter à 73800$ huit ans après la certification. 

        Les revenus varient considérablement selon le type de métier et le sexe. Les femmes titulaires d’un certificat de métier ne gagnent que 47 % de ce que gagnent les hommes la première année et 46 % huit ans plus tard, ce qui reflète à la fois les différences de revenus au sein de chaque catégorie de métier et la surreprésentation des femmes dans les métiers les moins bien rémunérés. 

        De plus, lorsqu’on observe les grandes catégories de métiers Sceau rouge, les compagnons de la mécanique et de l’électricité et l’électronique sont les plus rémunérés, suivis de très près par les métiers du métal, puis par les métiers du véhicule et des domaines apparentés. Il existe un écart important entre les quatre catégories de métiers les mieux rémunérées et celles de la construction et architectural et des autres métiers 

        Enfin, pour situer les résultats de ce rapport dans un contexte de formation et de scolarité plus large, nous présentons les revenus des compagnons avec ceux de certains diplômés postsecondairesCe rapprochement ne signifie pas que lon accorde plus ou moins de valeur à une voie donnée ou que lon suggère que les revenus seuls devraient nécessairement déterminer les choix de carrière, mais a plutôt pour but de fournir des informations importantes qui aideront les Canadiens à prendre des décisions plus éclairées. Nous constatons que, par rapport aux diplôméepostsecondaires, les compagnes dapprentissage ont tendance à gagner moins en général, principalement en raison du fait que les femmes détiennent des certificats dans un ensemble très restreint de métiers Sceau rouge (principalement coiffeusecuisinière et boulangère-pâtissière) qui sont parmi les moins bien payés. Les compagnons, eux, gagnent plus que les diplômés postsecondaires au cours de la même période, bien que lécart se réduise avec le temps. 

        Nos résultats sont généralement conformes à ce qui a été trouvé dans la littérature sur les métiers spécialisés (voir IRPE et CIMT, 2021), mais vont plus loin que dautres études dans le niveau de détail de lanalyse. Évidemment, d’autres études onadopté des approches et des orientations différentes. 

        Bien que cette étude vise simplement à présenter de manière descriptive les revenus des compagnons, une prochaine étape importante consisterait à utiliser l’analyse de régression et d’autres méthodes plus poussées pour découvrir les effets de différents facteurs sur les trajectoires de revenus observées, et pour dégager les trajectoires de revenu par métier après avoir contrôlé ces influences.  

        Les travaux futurs pourraient également examiner plus en détail les dimensions précises des trajectoires présentées ici, notamment le parcours, le sexe, la grande catégorie de métier et le métier, et plus encore. D’autres facteurs pourraient inclure entre autres les mentions Sceau rouge, le fait d’avoir terminé ou non sa formation, les combinaisons de certifications de métiers et la mobilité. 

        Références

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